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	<title>Contre le système patriarcal ..capitaliste &#8230;étatique &#8211; Mujereslibres</title>
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		<title>Les violences sexuelles système du capital et de l&#8217;état !</title>
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		<pubDate>Mon, 15 Jun 2026 15:22:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Anti libéralisme économique]]></category>
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<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je viens ici dénoncer des crimes commis par la classe capitaliste et son institution, l&rsquo;État, qui lui sert de protection. Cette institution protège les violeurs et fait elle-même partie du problème.Ce système est basé sur un marché de prédateurs où toutes les violences deviennent des marchandises, jusqu&rsquo;aux images de l&rsquo;horreur et aux viols. De nombreuses victimes n&rsquo;osent pas parler, car les capitalistes font pression sur elles, tentent de les acheter ou de les faire taire par des menaces de mort.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De grands groupes capitalistes protègent ce genre de violences en préférant licencier la victime plutôt que l&rsquo;agresseur sexuel.<br>Cette logique du profit avant tout contribue à maintenir une culture du silence et de l&rsquo;impunité, où les victimes sont souvent abandonnées tandis que les responsables restent libres et peuvent continuer leurs crimes sans craindre de véritables sanctions judiciaires. Nous vivons dans un système qui valorise une certaine virilité patriarcale et qui encourage les violences sexuelles. Cette culture contribue à marginaliser les femmes, à les réduire au silence et à briser définitivement leur vie. Les conséquences de ces violences peuvent être profondes et durables, affectant la santé, les relations sociales, la confiance en soi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je le répète : cette justice bourgeoise relâche tous les ans des agresseurs sexuels, tandis que les femmes sont traitées de menteuses, d&rsquo;aguicheuses. Des réactions également entretenues par les chiens de garde du capital : la police et la gendarmerie. Cette logique participe à la culpabilisation des femmes victimes d&rsquo;agressions sexuelles et renforce leur peur de parler ou de porter plainte. Pendant ce temps, de nombreux agresseurs sexuels sont protégés et peuvent continuer leurs crimes en toute impunité.<br>Des millions de victimes ne peuvent pas parler, sous peine de perdre leur emploi, de subir de nouvelles agressions , des pressions de la part de la bourgeoisie. Ces violences sexuelles sont absolument partout  au travail, dans les lieux publics, au sein du couple patriarcal, ainsi qu&rsquo;au travers de la structuration de la famille bourgeoise. Ce système couvre ces agressions sexuelles , mais aujourd&rsquo;hui Il est grand temps de dénoncer ce système prédateur, meurtrier, qui protège une classe de psychopathes : la bourgeoisie, une bande organisée de voleurs de la richesse produite par la classe ouvrière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J&rsquo;espère sincèrement que les prolétaires s&rsquo;uniront contre ce système capitaliste qui nous amène à la peine de mort collective. La parole de ces femmes victimes de ce système doit être entendue, écoutée, pour que plus jamais les agressions sexuelles n&rsquo;existent, pour que cela devienne une réalité. Seule une révolution sociale profonde peut permettre ce changement.<br>Vive la révolution sociale !</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mort aux violences et au patriarcat , aux système étatiques , au capitalisme  !</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Intervjuo kun Sara BerenguerLiberaj virinoj ĉe la koro de la Hispana Revolucio</title>
		<link>https://mujereslibres.revlibertaire.com/2026/06/09/intervjuo-kun-sara-berenguerliberaj-virinoj-ce-la-koro-de-la-hispana-revolucio/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[mujereslibres]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Jun 2026 14:06:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Amour libre]]></category>
		<category><![CDATA[Anti libéralisme économique]]></category>
		<category><![CDATA[Contre le système patriarcal ..capitaliste ...étatique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Hodiaŭ, la 20-an de februaro 1997, mi pasigis kelkajn horojn en via firmao, Sara, kaj mi volis scii post sesdek jaroj da lukto kio daŭre povis signifi por vi esti feministo kaj anarkiisto. Unue, mi ne estas anarkiisto, ĉar esti anarkiisto estas multe pli ol kion mi sukcesis esti kaj ne diras ke mi estas [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Hodiaŭ, la 20-an de februaro 1997, mi pasigis kelkajn horojn en via firmao, Sara, kaj mi volis scii post sesdek jaroj da lukto kio daŭre povis signifi por vi esti feministo kaj anarkiisto.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Unue, mi ne estas anarkiisto, ĉar esti anarkiisto estas multe pli ol kion mi sukcesis esti kaj ne diras ke mi estas feministo, ĉar mi ne estas, mi estas ina libervolisma aktivulo, mi ne estas por la dominado de virinoj super viroj. Feminismo, ĝi estas kiel maĉo sed virineca. Mi ĉiam batalis kontraŭ homoj, ne kontraŭ ili, sed kontraŭ subpremo.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mia batalo iras longen preter tio, ĝi ankaŭ koncernas virojn. Ambaŭ seksoj devas konkeri egalan liberecon.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ne, mi ne estas feministo, mi estas virino. La libereco de Women estas la kondiĉo de la libereco de viro kaj inverse. Libereco kiel ni aŭdas, libervolistoj. Ĝi ne estas celita anstataŭigi virojn kun virinoj en la hierarkio de ekspluato sed elimini masklan kaj inan ekspluaton de viro. Ĝi estas nur kune kaj ne malfavora al unu la alian kiun ni sukcesos. Ĝi estas en tio ke ni distingas nin de tiuj kiuj asertas esti feminismo kaj kiuj ne pridubas la fundamentojn de tiu socio.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sed Mujeres Libres, ĝi estas virina asocio.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Jes, kompreneble, virina asocio. Viroj ne devus esti atenditaj esti maltrankvilaj ĉirkaŭ la specifa fremdiĝo de virinoj kaj ilia povigo. Ni povas nur fidi nin mem. Kiu sentas premita devas disŝiri sian liberecon, kaj la virino sentiĝis subpremita laŭ pluraj manieroj, ĉar ŝi estis membro de socio fondita sur ekspluato, sed ankaŭ ĉar ŝi estis virino. Frazoj kiel ekzemple « las mujeres fragar los taĉmentoj » (virinoj kun pladoj) foje eĉ de kelkaj libervolismaj aktivuloj kiuj ne komprenis ke emancipiĝo de ambaŭ seksoj devus iri manon en mano.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">La ekspluato de virinoj devas ŝajni al viaj kunuloj problemon kiu solvus sin kiam libervolisma socio funkciigis?</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Kaj ni virinoj, entute, havis prokraston en atingado de socia konscio egala al tiu de viroj. Aferoj ne ŝanĝiĝas subite, ĉar ili estas dekretitaj aŭ nur ĉar ili volas esti tre fortaj. Ni volis gajni egalecon tuj, ni devis meti duoblajn mordojn. Ni devis organizi nin en la grupojn de virinoj por helpi emancipi virinojn ene de la libervolisma movado kaj sur ĝia nomo. Ni ĉiam asertis esti virinoj kaj ne-feministo, vorto kiu havis aŭtoritateman, ne libervoliston, implicon por ni.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Ni estis organizitaj por helpi niajn kunulojn, tra legopovo (kelkaj virinoj povis legi, esprimi sin skribe aŭ buŝe), veki ilin al konscio kaj doni al ili la rimedojn por esprimi la subpremon kiun ili suferis. Ne havante la ĝustajn vortojn por diri kion oni devas diri estas peza handikapo, malforto kiu metis virinojn en malsuperan kondiĉon. Ni tuj komencis vesperklasojn, en la lenoj, konferencoj kie multaj virinoj trinkis la vortojn de tiuj kiuj ekkomprenis antaŭ ili la socian rolon kiun ili povis ludi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ne forgesu ke ni ne estis nur en revoluciaj tempoj sed ankaŭ en milito. Kelkaj elektis iri al la fronto, al la viroj, multaj forlasis siajn vivojn tie, aliaj, la plej multaj, anstataŭigis la virojn en la laboro de la tero aŭ industrio por kiu ili havis neniun antaŭan kompetentecon, ĉar ili estis forigitaj al la domlaboro, hejme, aŭ al la ekzekuto, en la industrio. Virinoj devis trejni, lerni rapide, daŭrigi funkciigi la ekonomion, kiu ofte estis kolektivigita. La plimulto de virinoj organizis produktadon, kanteojn, tagzorgejojn por infanoj kaj, dum la elirado, ilia protekto. Ni helpis savi la ŭounded, apogis la batalantojn sur la fronto, laboris por nutri ilin, vesti ilin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ĉu vi, Sara, kiel virina aktivisto, kiel vi sentis, ke homoj konsideris vin?</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Ĉu la aktivuloj? Kiel persono en sia propra rajto; ĉu ĝi estis sur la nacia komisiono kie mi estis sekretario, aŭ post, en ekzilo, mi estis individuo kiel la aliaj, la sekso ne gravis. Mi estis aktivulo inter la aktivuloj, unu pli, ekvivalento.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Tamen vi sentis la bezonon investi kun la virinoj de Mujeres Libres, kio estas specife virineca organizo kaj vi daŭras.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mi ankaŭ estis aktiva en Mujeres Libres, same kiel en miksitaj grupoj. Ĉar mi jam rakontis al vi, la emancipiĝo de virinoj povis nur veni de virinoj kiuj estis pli konsciaj ol aliaj de la socia rolo kiun la virino devis havi, la virina voĉo havis pli da pezo kun virinoj ol tiu de viroj, estis realeco kiun ni ne povis nei subite, ĝi devus malaperi en libervolisma socio. Libervolisma socio estis kreita. La maĥoismo de la hispana socio en kiu ni banis, kaj kiu ne estas tre morta, poluis ĉiujn virojn, tiamaniere konscie, ni sentis ke nur virinoj povis prizorgi tion: metante virinojn sur la saman eduknivelon kaj metian trejnadon kiel viroj; helpo liberigi sin de la religiaj kaj familio tabuoj kiuj konservis ŝin en eksiĝo, helpas al ŝi prosperi sur ĉiuj niveloj (seksa, arta, scienca).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ne, ni vere ne povis kalkuli homojn por tio, ili estis libervolistoj. Virinoj devis helpi unu la alian unue. Kaj nun, ne morgaŭ, ĉi tiu nova mondo, ni devis konstrui ĝin kune.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Diru al mi pri via batalo?</p>



<p class="wp-block-paragraph">— Mia batalo. Ĝi unue konsistis el la konscio pri mia propra ekspluato kiel virino: Mi estis nur laboristo sen kvalifikoj, mi sentis bone, ke mi estis ribelis kontraŭ la dominado de homoj, estroj, kiuj min ekspluatis, sed mi ne havis solidan argumenton, mi trovis ĝin kun la liberecanaj kunuloj (virinoj kaj viroj) kiujn mi renkontis de la unuaj tagoj de la revolucio. Mi volis esti utila por la revolucio kaj mi ne sciis kiel fari multon. Sed mi malsatas lerni. Mi komencis per trejnado, per instruado kaj, tuj kiam mi sciis iom pli, mi faris uzon de tiuj kiuj konis iom malpli.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Estis tempo de granda entuziasmo, solidareco. Ni estis tre fortaj, ni levis montojn. Fakte, ni levis iujn. En kelkaj monatoj, ĉio kiu post kiam la virinoj prenis jardekojn por veni en Eŭropo, ni starigis: libera aborto, konscia reproduktado, virina seksa libereco, libera unio, egala salajro, ĉio iris tre rapide en revolucia entuziasmo.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Kion mi opinias plej bone karakterizas nian lukton dum tiuj tri jaroj da revolucio kaj milito estas ke ni donis kun ĝojo, ne mencii nian tempon, nian energion. Ĉiu havis okhoran laboron, kaj ni daŭre trovis tempon eduki nin, por instrui aliajn, al kampanjo, kaj tiel multajn aliajn aĵojn. Estis malmulte da tempo por ripozi aŭ iĝi interesita. Ni pensis, ke ĉi tiu nova mondo, kiu estis nia laboro, daŭros. Ekzistas multaj grandaj virinoj! Granda ĝojiga entuziasmo portis nin, ni ne timis, malgraŭ la bomboj, ni devis fari. Nur tio gravis. Ĉio ĉi estis forgesita dum longa tempo.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ni forgesis kion via generacio retrovis en la 1970-aj jaroj, ke vi eltiris el potenco per viaj luktoj. Kontraŭe, aborto, seksegaleco. Ni akiris ĉion en 1936 en Hispanio. Kvardek jaroj da faŝismo entombigis lin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Post la elirado, ekzistis granda silento de Free Mujeres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">“Jes, tro longa silento.” Multaj el niaj kunuloj estis pafitaj fare de Franco, aliaj disigis ĉirkaŭ la mondo. Pafite fare de Mujeres Libres reaperis en Londono en 1962, mi iĝis konata kun ĝi en 1963 kaj mi kunlaboris tie ĝis 1976 kiam la hispanaj kunuloj transprenis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Kaj nun Sara?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nun, kun kio restaĵoj de mia forto, mi laboras por kolekti la atestaĵojn de la kunuloj kiuj daŭre vivas por rekonstrui nian memoron, por vi, la junularoj, kiuj daŭras kion ni komencis antaŭ longe. Por ekzistas daŭre esti farita por la emancipiĝo de virinoj aparte, kaj por la emancipiĝo de homoj ĝenerale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sesdek jarojn poste, via lukto finfine venas al la atento de publiko, dank&rsquo;al la kinejo &#8211; tero kaj Freedom, Ken Loach, kaj Libertarias, Vicente Aranda &#8211; danko ankaŭ al la gazetaro, via batalo estas finfine malkaŝita fare de la amaskomunikilaro.<br>Ĉar ni, ĝi estas iom malfrue. Sed ĝi daŭre estas bona, tiuj fikcioj reflektas bone kion la libervolisma virino estis en Hispanio, tiu solidareco, tiu entuziasmo, tiu kuraĝo, tiu inteligenteco de la koro kaj la menso. Tiel miaj kunuloj estis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Kaj fine, Sara, libera virino?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sentante libera estas ne sufiĉe, estas ĉiam necese batali por ĉiuj virinoj por iĝi libera, tiel ke tiu idealo kiu igis min vivi kaj ke mi ĉiam portas en mia koro vidas la tagon.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dum nia intervjuo, Sara forgesis ŝian malsanan koron, la sulkoj de ŝia vizaĝo fadis por forlasi la tutan ĉambron por ŝia rigardo kiu varmigus la plej malesperan el aktivuloj. Dankon, dankon Saluton [esprimas al vi] &#8211; [iu persono, kiu persono estas] Blazio.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jacinte Rausa<br>La Libertariana Mondo<br>Marto 1997</p>
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		<title>Entrevista con Sara Berenguer Mujeres libres en el corazón de la Revolución Española de 1936</title>
		<link>https://mujereslibres.revlibertaire.com/2026/06/09/entrevista-con-sara-berenguer-mujeres-libres-en-el-corazon-de-la-revolucion-espanola-de-1936/</link>
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		<pubDate>Tue, 09 Jun 2026 13:04:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Amour libre]]></category>
		<category><![CDATA[Anti libéralisme économique]]></category>
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		<category><![CDATA[Contre le système patriarcal ..capitaliste ...étatique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Hoy, 20 de febrero de 1997, pasé unas horas en tu compañía, Sara, y quería saber después de sesenta años de lucha lo que podría significar para ti ser feminista y anarquista. – En primer lugar, no soy anarquista, porque ser anarquista es mucho más que lo que he logrado ser y no decir que [&#8230;]</p>
<p>L’article <a rel="nofollow" href="https://mujereslibres.revlibertaire.com/2026/06/09/entrevista-con-sara-berenguer-mujeres-libres-en-el-corazon-de-la-revolucion-espanola-de-1936/">Entrevista con Sara Berenguer Mujeres libres en el corazón de la Revolución Española de 1936</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://mujereslibres.revlibertaire.com">Mujereslibres</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Hoy, 20 de febrero de 1997, pasé unas horas en tu compañía, Sara, y quería saber después de sesenta años de lucha lo que podría significar para ti ser feminista y anarquista.</p>



<p class="wp-block-paragraph">– En primer lugar, no soy anarquista, porque ser anarquista es mucho más que lo que he logrado ser y no decir que soy feminista, porque no lo soy, soy una activista libertaria femenina, no soy para la dominación de las mujeres sobre los hombres. Feminista, es como un macho pero femenino. Siempre luché con hombres, no contra ellos, sino contra la opresión.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mi lucha va mucho más allá de eso, también se refiere a los hombres. Ambos sexos deben conquistar la misma libertad.</p>



<p class="wp-block-paragraph">No, no, no soy feminista, soy una mujer. La libertad de las mujeres es la condición de la libertad del hombre y viceversa. Libertad como escuchamos, libertarios. No se pretende sustituir a hombres por mujeres en la jerarquía de la explotación sino eliminar la explotación masculina y femenina del hombre. Es sólo juntos y no opuestos entre sí que tendremos éxito. Es en esto que nos diferenciamos de aquellos que afirman ser feminismo y que no cuestionan los fundamentos de esta sociedad.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pero, Mujeres Libres, es una asociación femenina.</p>



<p class="wp-block-paragraph">– Sí, claro, una asociación de mujeres. No cabe esperar que los hombres se preocupen por la alienación específica de la mujer y su empoderamiento. Sólo podemos confiar en nosotros mismos. Quien se siente oprimido debe desgarrar su libertad, y la mujer se sintió oprimida de varias maneras, porque era miembro de una sociedad fundada en la explotación, pero también porque era mujer. Sentencias como « las mujeres a fragar los platos » (mujeres con platos) a veces incluso de algunos activistas libertarios que no habían entendido que la emancipación de ambos sexos debería ir de la mano.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La explotación de las mujeres debe parecer a sus compañeros un problema que se resolvería cuando operaba la sociedad libertaria?</p>



<p class="wp-block-paragraph">– Y las mujeres, en general, tuvimos un retraso en alcanzar una conciencia social igual a la de los hombres. Las cosas no cambian durante la noche, porque están siendo decretadas o sólo porque quieren ser muy fuertes. Queríamos ganar la igualdad de inmediato, tuvimos que poner dobles mordeduras. Por lo tanto, tuvimos que organizarnos en grupos de mujeres para ayudar a emancipar a las mujeres dentro del movimiento libertario y en su nombre. Siempre hemos afirmado ser mujeres y no feministas, una palabra que tenía un autoritario, no libertario, connotación para nosotros.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Fuimos organizados para ayudar a nuestros compañeros, a través de la alfabetización (unas pocas mujeres podían leer, expresarse por escrito o por vía oral), para despertarlas a concienciar y darles los medios para expresar la opresión que sufrieron. No tener las palabras adecuadas para decir lo que uno tiene que decir es un impedimento pesado, una debilidad que pone a las mujeres en una condición inferior. Inmediatamente comenzamos clases nocturnas, en los ateos, conferencias donde muchas mujeres vinieron a beber las palabras de aquellos que se habían dado cuenta de la función social que podían desempeñar.</p>



<p class="wp-block-paragraph">No olvides que no sólo estábamos en tiempos revolucionarios sino también en guerra. Algunos habían optado por ir al frente, a los hombres, muchos dejaron allí sus vidas, otros, los más numerosos, sustituyeron a los hombres en el trabajo de la tierra o la industria para la cual no tenían competencia previa, ya que fueron relegados a la tarea, en casa, o a la ejecución, en la industria. Las mujeres deben entrenar, aprender rápidamente, para seguir operando la economía, que a menudo se recoge. La mayoría de las mujeres organizaron producción, cantinas, guarderías para niños y, durante el éxodo, su protección. Ayudamos a rescatar a los heridos, apoyamos a los combatientes del frente, trabajamos para alimentarlos, vestirlos.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tú, Sara, como activista de mujer, ¿cómo sentiste que los hombres te consideraban?</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>¿Activistas? Como persona en su propio derecho; ya sea en el comité nacional donde yo era secretario, o después, en el exilio, yo era un individuo como los otros, el sexo no importaba. Fui activista entre los activistas, uno más, equivalente.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Sin embargo, sentías la necesidad de invertir con las mujeres de Mujeres Libres, que es una organización específicamente femenina y continúas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">– También estaba activo en Mujeres Libres, así como en grupos mixtos. Como ya les he dicho, la emancipación de las mujeres sólo podía provenir de mujeres que eran más conscientes que otras del papel social que la mujer tenía que tener, la voz femenina tenía más peso con las mujeres que con los hombres, era una realidad que no podíamos negar de la noche a la mañana, debería desaparecer en una sociedad libertaria. Pero se estaba creando la sociedad libertaria. El machismo de la sociedad española en la que nos bañamos, y que no está bastante muerto, había contaminado a todos los hombres, más o menos conscientemente, sentíamos que sólo las mujeres podían cuidar de esto: poner a las mujeres en el mismo nivel de educación y formación profesional como los hombres; ayudar a liberarse de los tabúes religiosos y familiares que la mantenían en resignación, ayudarla a florecer en todos los niveles (sexual, artística, científica).</p>



<p class="wp-block-paragraph">No, no podíamos contar con hombres para eso, eran libertarios. Las mujeres necesitaban ayudarse primero. Y ahora mismo, no mañana, este nuevo mundo, tuvimos que construirlo juntos, juntos.</p>



<p class="wp-block-paragraph">¿Dime sobre tu pelea?</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Mi pelea. Consistió primero en la conciencia de mi propia explotación como mujer: Yo era sólo un trabajador sin calificaciones, me sentí bien que me rebelaron contra la dominación de hombres, jefes que me explotaban, pero no tenía un argumento sólido, lo encontré con los compañeros libertarios (mujeres y hombres) a quienes conocí desde los primeros días de la revolución. Quería ser útil para la revolución y no sabía hacer mucho. Pero tenía tanta hambre que aprender. Comencé a entrenar, enseñando y, tan pronto como supe un poco más, hice uso de los que sabían un poco menos.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Fue un tiempo de gran entusiasmo, de solidaridad. Nos sentimos muy fuertes, habríamos levantado montañas. Y de hecho, criamos algunos. En pocos meses, todo lo que después de que las mujeres tomaran décadas para llegar a Europa, establecimos: aborto libre, procreación consciente, libertad sexual de las mujeres, unión libre, igual salario, todo fue rápidamente en entusiasmo revolucionario.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lo que creo que más caracteriza nuestra lucha durante estos tres años de revolución y guerra es que hemos dado con alegría, sin mencionar nuestro tiempo, nuestra energía. Cada uno tenía un trabajo de ocho horas, y todavía encontramos tiempo para educarnos, enseñar a otros, a hacer campaña, y muchas otras cosas. Había poco tiempo para descansar o para interesarse. Pensamos que este nuevo mundo, que era nuestro trabajo, duraría. ¡Ha habido muchas mujeres geniales! Un magnífico entusiasmo alegre nos llevó, no teníamos miedo, a pesar de las bombas, teníamos que hacer, para hacerlo. Sólo eso importaba. Y todo esto ha sido olvidado por mucho tiempo.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Olvidamos lo que tu generación redescubrió en la década de 1970, que te arrancaste del poder por tus luchas. Contracepción, aborto, igualdad de género. Obtuvimos todo esto en 1936 en España. Cuarenta años de fascismo lo habían enterrado.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Después del éxodo, hubo un gran silencio de Free Mujeres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Sí, demasiado silencio. » Muchos de nuestros compañeros fueron disparados por Franco, otros esparcidos alrededor del mundo. Un boletín de Mujeres Libres reapareció en Londres en 1962, me familiaricé con él en 1963 y colaboré allí hasta 1976 cuando los compañeros españoles se apoderaron.</p>



<p class="wp-block-paragraph">¿Y ahora Sara?</p>



<p class="wp-block-paragraph">– Ahora, con lo que queda de mi fuerza, estoy trabajando para reunir los testimonios de los compañeros que todavía están vivos para reconstruir nuestra memoria, para ustedes, los jóvenes, que continúan lo que empezamos hace mucho tiempo. Porque aún queda por hacer para la emancipación de las mujeres en particular, y para la emancipación de los seres humanos en general.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sesenta años después, su lucha finalmente llega a la atención del público, gracias al cine —Tierra y Libertad, Ken Loach y Libertarias, Vicente Aranda — gracias también a la prensa, su lucha es finalmente revelada por los medios de comunicación.<br>– Para nosotros, es un poco tarde. Pero sigue siendo bueno, estas ficciones reflejan bien lo que era la mujer libertaria en España, esta solidaridad, este entusiasmo, este valor, esta inteligencia del corazón y la mente. Así eran mis compañeros.</p>



<p class="wp-block-paragraph">¿Y en conclusión, Sara, mujer libre?</p>



<p class="wp-block-paragraph">– Sintirse libre no es suficiente, siempre es necesario luchar por que todas las mujeres sean libres, de modo que este ideal que me hizo vivir y que siempre llevo en mi corazón ver el día.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Durante nuestra entrevista, Sara olvidó su corazón enfermo, las arrugas de su rostro se desvanecieron para dejar todo el espacio para su mirada que calentaría a los más desesperados de los activistas. Gracias. Sara por todo el calor que nos das, por ese entusiasmo que tanto conoces para reavivar en nuestros corazones.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jacinte Rausa<br>El Mundo Libertario<br>Marzo de 1997</p>
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		<title>Entretien avec Sara Berenguer Femmes libres au cœur de la révolution espagnole de 1936</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Jun 2026 12:54:29 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Anti libéralisme économique]]></category>
		<category><![CDATA[C'est quoi l’anarchie ?]]></category>
		<category><![CDATA[CNT AIT]]></category>
		<category><![CDATA[Contre le système patriarcal ..capitaliste ...étatique]]></category>
		<category><![CDATA[Les révolutions]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Aujourd’hui, 20 février 1997, j’ai passé quelques heures en ta compagnie Sara, et j’ai voulu savoir après soixante ans de lutte ce que pouvait encore signifier pour toi être féministe et anarchiste. –&#160;D’abord, je ne suis pas anarchiste, car être anarchiste c’est beaucoup plus que ce que je suis parvenue à être et ne dis [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Aujourd’hui, 20 février 1997, j’ai passé quelques heures en ta compagnie Sara, et j’ai voulu savoir après soixante ans de lutte ce que pouvait encore signifier pour toi être féministe et anarchiste.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>–</strong>&nbsp;D’abord, je ne suis pas anarchiste, car être anarchiste c’est beaucoup plus que ce que je suis parvenue à être et ne dis pas que je suis féministe, car je ne le suis pas, je suis une militante libertaire féminine, je ne suis pas pour la domination des femmes sur les hommes. Féministe, c’est comme machiste mais au féminin. Je me suis toujours battue avec des hommes, pas contre eux, mais contre l’oppression.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mon combat va bien au-delà, il concerne également les hommes. Les deux sexes doivent conquérir la liberté de pair.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Non, non, je ne suis pas féministe, je suis femme. La liberté de la femme est la condition de la liberté de l’homme et vice versa. La liberté comme nous l’entendons nous, libertaires. Elle ne vise pas à remplacer des hommes par des femmes dans la hiérarchie de l’exploitation mais à supprimer l’exploitation de l’homme par l’homme, qu’il soit mâle ou femelle. Ce n’est qu’ensemble et pas opposés les uns aux autres que nous y parviendrons. C’est en cela que nous nous distinguons de celles qui se réclament du féminisme et qui ne remettent pas en question les fondements de cette société.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mais, Mujeres Libres, c’est une association de femmes.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>–</strong>&nbsp;Oui, bien sûr, une association féminine. Il ne fallait pas attendre des hommes qu’ils se préoccupent de l’aliénation spécifique que subissaient les femmes et qu’ils favorisent leur émancipation. Nous ne pouvions compter que sur nous-mêmes. Qui se sent opprimé doit arracher sa liberté, et la femme se sentait opprimée à plusieurs titres, parce qu’elle était membre d’une société fondée sur l’exploitation, mais aussi parce qu’elle était femme. On entendait des phrases comme «&nbsp;las mujeres a fregar los platos&nbsp;» (les femmes à la vaisselle) même parfois de la part de certains militants libertaires qui n’avaient pas compris que l’émancipation des deux sexes devait aller de pair.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’exploitation des femmes devait sembler à tes compagnons un problème qui se réglerait de lui-même lorsque la société libertaire fonctionnerait&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>–</strong>&nbsp;Et nous, les femmes, nous avions, globalement, un temps de retard pour arriver à une conscience sociale égale à celle des hommes Les choses ne changent pas du jour au lendemain, parce qu’on le décrète ou seulement parce qu’on le souhaite très fort. Nous voulions tout de suite conquérir l’égalité, il fallait mettre les bouchées doubles. Il nous a donc fallu nous organiser en groupes féminins pour aider à l’émancipation de la femme au sein même du mouvement libertaire et en son nom. Nous nous sommes toujours revendiquées féminines et non féministes, mot qui avait pour nous une connotation autoritaire, pas libertaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous étions organisées pour venir en aide à nos compagnes, par l’alphabétisation (peu de femmes savaient lire, s’exprimer par écrit ou oralement), pour les éveiller à la prise de conscience et leur donner les moyens d’exprimer l’oppression qu’elles subissaient. Ne pas avoir les mots justes pour dire ce que l’on a à dire est un lourd handicap, une faiblesse qui mettait les femmes dans une condition d’infériorité. Nous avons tout de suite mis en route des cours du soir, dans les athénées, des conférences où les femmes venaient nombreuses s’abreuver des paroles de celles qui avaient pris conscience avant elles du rôle social qu’elles pouvaient jouer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">N’oublie pas que nous étions non seulement en période révolutionnaire mais aussi en guerre. Certaines avaient choisi de partir au front, auprès des hommes, beaucoup y ont laissé leur vie, d’autres, les plus nombreuses, ont remplacé les hommes dans les travaux de la terre ou de l’industrie pour lesquels elles n’avaient aucune compétence auparavant, puisqu’elles étaient reléguées aux travaux ménagers, chez elles, ou d’exécution, dans l’industrie. Les femmes ont dû se former, s’instruire rapidement, pour continuer à faire fonctionner l’économie, qui souvent était collectivisée. Ce sont en majorité des femmes qui ont organisé la production, les cantines, les garderies pour les enfants et, lors de l’exode, leur protection. Nous participions aux secours aux blessés, nous soutenions les combattants du front, travaillions à les nourrir, les vêtir.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Toi, Sara, en tant que femme militante, comment as-tu senti que les hommes te considéraient&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>–</strong>&nbsp;Les militants&nbsp;? Comme une personne à part entière&nbsp;; que ce soit au comité national où j’étais secrétaire, ou après, en exil, j’étais un individu comme les autres, le sexe importait peu. J’étais une militante parmi les militants, une de plus, équivalente.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pourtant tu as ressenti le besoin de t’investir auprès des femmes de Mujeres Libres, qui est une organisation spécifiquement féminine et tu continues.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>–</strong>&nbsp;J’ai milité aussi à Mujeres Libres, en même temps que dans des groupes mixtes. Comme je te l’ai déjà dit, l’émancipation des femmes ne pouvait venir que de femmes plus conscientes que les autres du rôle social que la femme devait avoir, la parole féminine avait plus de poids auprès des femmes que celle des hommes, c’était une réalité que nous ne pouvions nier du jour au lendemain, elle devrait disparaître dans une société libertaire. Mais la société libertaire était en création. Le machisme de la société espagnole dans lequel nous baignions, et qui n’est pas tout à fait mort, avait contaminé tous les hommes, plus ou moins consciemment, nous sentions que seules des femmes pouvaient s’occuper de cela&nbsp;: mettre la femme au même niveau d’instruction et de formation professionnelle que l’homme&nbsp;; l’aider à se libérer des tabous religieux et familiaux qui la maintenaient dans la résignation, l’aider à s’épanouir sur tous les plans (sexuel, artistique, scientifique).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Non, nous ne pouvions réellement pas compter sur les hommes pour cela, fussent-ils libertaires. Il fallait que les femmes s’entraident d’abord. Et tout de suite, pas demain, ce monde nouveau, nous devions le construire ensemble, de pair.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Parle-moi de ton combat&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>–</strong>&nbsp;Mon combat. Il a d’abord consisté en la prise de conscience de ma propre exploitation en tant que femme&nbsp;: je n’étais qu’une ouvrière sans qualification, je sentais bien que j’étais révoltée contre la domination des hommes, des patrons qui m’exploitaient, mais je n’avais pas d’argumentation solide, je l’ai trouvée auprès des compagnons libertaires (femmes et hommes) que j’ai côtoyés dès les premiers jours de la révolution. Je voulais être utile à la révolution et je ne savais pas faire grand-chose. Mais j’avais une immense faim d’apprendre. J’ai commencé par me former, par m’instruire et, dès que j’en savais un peu plus, j’en faisais profiter celles qui en savaient un peu moins.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’était une période de grand enthousiasme, de solidarité. Nous nous sentions très fortes, nous aurions soulevé des montagnes. Et en fait, nous en avons soulevé. En quelques mois, tout ce qu’après les femmes ont mis des dizaines d’années à obtenir en Europe, nous l’avons mis en place&nbsp;: l’avortement libre, la procréation consciente, la liberté sexuelle de la femme, l’union libre, l’égalité des salaires, tout allait très vite dans l’enthousiasme révolutionnaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui me paraît le mieux caractériser notre combat pendant ces trois années de révolution et de guerre est que nous avons donné avec joie, sans compter, notre temps, notre énergie. Chacune avait un travail de huit heures, et nous trouvions quand même le temps de nous instruire, d’enseigner aux autres, de militer, et tant d’autres choses. Il restait peu de temps pour se reposer ou pour s’intéresser à soi. Nous pensions tellement que ce monde nouveau, qui était notre œuvre, allait durer. Il y a eu beaucoup de femmes formidables&nbsp;! Un magnifique enthousiasme joyeux nous portait, nous n’avions pas peur, malgré les bombes, nous avions à faire, à faire. Cela seul comptait. Et tout cela a sombré dans l’oubli pendant longtemps.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On a oublié ce que votre génération a redécouvert dans les années 1970, que vous avez arraché au pouvoir par vos luttes. La contraception, l’avortement, l’égalité des sexes. Nous avions obtenu tout cela en 1936 en Espagne. Quarante ans de fascisme l’avaient enterré.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Après l’exode, il y a eu un grand silence de Mujeres Libres.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>–</strong>&nbsp;Oui, trop long silence. Beaucoup de nos compagnes ont été fusillées par Franco, d’autres se sont éparpillées à travers le monde. Un bulletin de Mujeres Libres est réapparue à Londres en 1962, j’en ai pris connaissance en 1963 et j’y ai collaboré jusqu’en 1976 où les compagnes d’Espagne ont pris le relais.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Et maintenant Sara&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>–</strong>&nbsp;Maintenant, avec ce qui me reste de forces, je travaille à rassembler les témoignages des compagnes qui sont encore en vie pour reconstruire notre mémoire, pour vous, les jeunes, qui continuez ce que nous avons commencé il y a bien longtemps. Car il y a encore à faire pour l’émancipation de la femme en particulier, et pour celle de l’être humain en général.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Soixante ans après, votre lutte vient enfin à la connaissance du public, grâce au cinéma — Land and Freedom, de Ken Loach, et Libertarias, de Vicente Aranda&nbsp;—, grâce à la presse aussi, votre combat est enfin divulgué par les médias.<br><strong>–</strong>&nbsp;Pour nous, c’est un peu tard. Mais c’est quand même bien, ces fictions traduisent bien ce qu’a été la femme libertaire en Espagne, cette solidarité, cet enthousiasme, ce courage, cette intelligence du cœur et de l’esprit. C’était bien ainsi qu’étaient mes compagnes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Et en conclusion, Sara, femme libre&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>–</strong>&nbsp;Se sentir libre n’est pas suffisant, il faut toujours lutter pour que toutes les femmes le deviennent, pour que cet idéal qui m’a fait vivre et que je porte toujours dans mon cœur voie le jour.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant notre entretien, Sara a oublié son cœur malade, les rides de son visage se sont estompées pour laisser toute la place à son regard qui réchaufferait la plus désespérée des militantes. Merci Sara pour toute la chaleur que tu nous communiques, pour cet enthousiasme que tu sais si bien rallumer dans nos cœurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Jacinte Rausa</strong><br><em>Le Monde libertaire</em><br>mars 1997</p>
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		<title>Misandria es reaccionaria y no tiene nada que liberar para las mujeres.</title>
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		<pubDate>Sun, 10 May 2026 14:49:14 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Anti libéralisme économique]]></category>
		<category><![CDATA[Contre le système patriarcal ..capitaliste ...étatique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La lucha contra el patriarcado sólo puede tener lugar con miras a la igualdad. Pensar en la liberación de la mujer negando este principio es ignorar los fundamentos mismos de las jerarquías sociales. La libertad no puede existir sin igualdad. Misandry, formulada en la concepción del feminismo liberal como una protección integral contra los hombres, [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">La lucha contra el patriarcado sólo puede tener lugar con miras a la igualdad. Pensar en la liberación de la mujer negando este principio es ignorar los fundamentos mismos de las jerarquías sociales. La libertad no puede existir sin igualdad.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Misandry, formulada en la concepción del feminismo liberal como una protección integral contra los hombres, se basa en la idea implícita de que la igualdad sería imposible. En realidad, este enfoque puede ser analizado como compatible con la lógica capitalista, ya que mantiene una separación basada en el género, contribuyendo así al mantenimiento de jerarquías sociales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Considerando que un grupo de personas es malo por naturaleza e irreformable es profundamente reaccionario. El comportamiento misógino y sexista es una continuación del capital y los valores conservadores de la familia burguesa. Estas son, en otras palabras, construcciones sociales utilizadas para dividir al proletariado en sí mismo para mantener la dominación burguesa.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Misandry, al excluir la lucha por la igualdad de género, impide la perspectiva de la lucha de clases por la abolición del capital, el sistema de clases, el patriarcado y la mercantilización de los cuerpos a través de la abolición del sistema monetario.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La perspectiva de la liberación de las mujeres requiere una revolución social, la transformación de la mentalidad a través de los valores de igualdad, respeto a todos y amor libre. Es también por esta razón que las Mujeres Libres no afirmaron ser feministas, sino como mujeres anarquistas comprometidas con la revolución social.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Viva la anarquía<br>Viva las Mujeres Libres<br>Vivir la Revolución Social</p>
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		<title>Misandria estas reakcia kaj havas nenion liberigantan por virinoj.</title>
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		<pubDate>Sun, 10 May 2026 14:48:13 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Anti libéralisme économique]]></category>
		<category><![CDATA[Contre le système patriarcal ..capitaliste ...étatique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La batalo kontraŭ patriarkeco povas okazi nur kun vido al egaleco. Por pensi pri la liberigo de virinoj per rifuzado de tiu principo devas ignori la fundamentojn de sociaj hierarkioj. Libereco ne povas ekzisti sen egaleco. Misandry, formulita en la koncepto de liberala feminismo kiel ampleksa protekto kontraŭ viroj, estas bazita sur la implica ideo [&#8230;]</p>
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]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph">La batalo kontraŭ patriarkeco povas okazi nur kun vido al egaleco. Por pensi pri la liberigo de virinoj per rifuzado de tiu principo devas ignori la fundamentojn de sociaj hierarkioj. Libereco ne povas ekzisti sen egaleco.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Misandry, formulita en la koncepto de liberala feminismo kiel ampleksa protekto kontraŭ viroj, estas bazita sur la implica ideo ke egaleco estus malebla. En realeco, tiu aliro povas esti analizita kiel kongrua kun kapitalisma logiko, kiam ĝi konservas seks-bazitan apartigon, tiel kontribuante al la prizorgado de sociaj hierarkioj.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Konsiderante ke grupo de homoj estas malbona per naturo kaj nereformebla estas profunde reakcia. Mizogina kaj seksisma konduto estas daŭrigo de la ĉefurbo kaj konservativaj valoroj de la burĝa familio. Tiuj estas, en aliaj vortoj, sociaj konstruoj kutimis dividi la proletaron en si mem por konservi burĝan dominadon.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Misandry, ekskludante la batalon por seksegaleco, malhelpas la perspektivon de la klasbatalo por la forigo de kapitalo, la klassistemo, patriarkeco, kaj la anstataŭigo de korpoj tra la forigo de la monsistemo.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La perspektivo de la liberigo de virinoj postulas socian revolucion, la transformon de pensmaniero tra la valoroj de egaleco, respekto por ĉiu kaj libera amo. Estas ankaŭ tial ke la Liberaj Mujeres ne asertis esti feministoj, sed ĉar anarkiismaj virinoj decidis al la socia revolucio.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Viva la anarquía<br>Viva las Mujeres Libres<br>Vivu la Socia Revolucio</p>
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		<title>La misandrie est réactionnaire et n’a rien de libérateur pour les femmes.</title>
		<link>https://mujereslibres.revlibertaire.com/2026/05/10/la-misandrie-est-reactionnaire-et-na-rien-de-liberateur-pour-les-femmes/</link>
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		<pubDate>Sun, 10 May 2026 14:47:21 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Contre le système patriarcal ..capitaliste ...étatique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La lutte contre le patriarcat ne peut se mener que dans une perspective d’égalité. Penser la libération des femmes en refusant ce principe revient à ignorer les fondements mêmes des hiérarchies sociales. La liberté ne peut exister sans égalité. La misandrie, formulée dans la conception du féminisme libéral comme une protection globale contre les hommes, [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">La lutte contre le patriarcat ne peut se mener que dans une perspective d’égalité. Penser la libération des femmes en refusant ce principe revient à ignorer les fondements mêmes des hiérarchies sociales. La liberté ne peut exister sans égalité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La misandrie, formulée dans la conception du féminisme libéral comme une protection globale contre les hommes, repose sur l’idée implicite que l’égalité serait impossible. En réalité, cette approche peut être analysée comme compatible avec une logique capitaliste, dans la mesure où elle entretient une séparation fondée sur le genre, contribuant ainsi au maintien des hiérarchies sociales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Considérer qu’un groupe de personnes est mauvais par nature et irréformable est profondément réactionnaire. Les comportements misogynes et sexistes sont une continuation du capital et des valeurs conservatrices de la famille bourgeoise. Ce sont, en d’autres termes, des constructions sociales servant à diviser le prolétariat en lui-même afin de maintenir la domination bourgeoise.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La misandrie, en excluant le combat pour l’égalité des genres, empêche la perspective de la lutte des classes pour l’abolition du capital, du système de classes, du patriarcat, et de la marchandisation des corps par l’abolition du système monétaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La perspective de libération des femmes passe par une révolution sociale, la transformation des mentalités à travers des valeurs d’égalité, de respect de chacun et l&rsquo;amour libre . C’est aussi pour cela que les Mujeres Libres ne se revendiquaient pas comme féministes, mais comme femmes anarchistes engagées pour la révolution sociale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Viva la anarquía<br>Viva las Mujeres Libres<br>Viva la révolution sociale</p>
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		<title>Marguerite ASPÈS : Anarchosyndicaliste, espérantiste,anti-colonialiste, féministesans concession des années 1930 [BROCHURE]</title>
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		<dc:creator><![CDATA[mujereslibres]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 08 Mar 2026 11:34:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Amour libre]]></category>
		<category><![CDATA[Anti libéralisme économique]]></category>
		<category><![CDATA[CNT AIT]]></category>
		<category><![CDATA[Contre le système patriarcal ..capitaliste ...étatique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>EN MEMOIRE DE MARGUERITE ASPÈS, MILITANTE DE LA CGTSR-AIT D’ALGER DES ANNÉES 30 Marguerite Aspès est une comète qui traversa la galaxie libertaire de 1930 à 1937. Ni grande théoricienne, ni vedette médiatique, elle était pourtant représentative de ces militantes «&#160;de base&#160;» qui donnent corps au mouvement libertaire depuis ses origines, n’hésitant ni à prendre [&#8230;]</p>
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<figure class="wp-block-image"><a href="https://cnt-ait.info/wp-content/uploads/2026/03/BRO-Marguerite-Aspes-2026-03-04.pdf" target="_blank" rel="noopener"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" src="https://i0.wp.com/cnt-ait.info/wp-content/uploads/2026/03/BRO-arguerite-Aspes.png?ssl=1" alt="" class="wp-image-14673"/></a><figcaption class="wp-element-caption">Télécharger la brochure :&nbsp;<a href="https://cnt-ait.info/wp-content/uploads/2026/03/BRO-Marguerite-Aspes-2026-03-04.pdf" target="_blank" rel="noopener">https://cnt-ait.info/wp-content/uploads/2026/03/BRO-Marguerite-Aspes-2026-03-04.pdf</a></figcaption></figure>



<h2 class="wp-block-heading">EN MEMOIRE DE MARGUERITE ASPÈS, MILITANTE DE LA CGTSR-AIT D’ALGER DES ANNÉES 30</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Marguerite Aspès est une comète qui traversa la galaxie libertaire de 1930 à 1937. Ni grande théoricienne, ni vedette médiatique, elle était pourtant représentative de ces militantes «&nbsp;de base&nbsp;» qui donnent corps au mouvement libertaire depuis ses origines, n’hésitant ni à prendre la parole ou la plume pour s’exprimer publiquement et faire vivre l’Idée, ni à s’engager physiquement et même à prendre des risques sérieux pour que l’Idée devienne Action. À travers le portrait de Marguerite Aspès, nous voulons rendre hommage à tous ces militants «&nbsp;anonymes&nbsp;» trop rapidement oubliés – et encore plus quand il s’agit de militantes&nbsp;! – par un mouvement libertaire pourtant friand de commémoration de la mémoire de ses «&nbsp;grands hommes&nbsp;» …</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une anarchiste sensible et engagée</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Elle nait vraisemblablement le 26 janvier 1901 à Paris dans le 10<sup>ème</sup>&nbsp;arrondissement. On ne sait pas grand-chose de son enfance, si ce n’est que ses grands-parents étaient des immigrés italiens de Venise et de Milan – le grand père Carlo (1830-1894) avait combattu avec Garibaldi – et son père Charles (1859-1934) travaillait comme menuisier ébéniste. Son frère aîné, Charles (né à Paris en 1887, mort en 1982), était également un militant libertaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On trouve ses premières traces dans la presse anarchiste au début des années 1930, par des articles qu’elle publié dans différents journaux anarchises (<em>le Libertaire</em>,&nbsp;<em>La Revue Anarchiste</em>,&nbsp;<em>La Voix Libertaire</em>&nbsp;organe de l’Association des Fédéralistes anarchistes AFA), articles publiés soit sous son nom, soit sous la signature évidente de&nbsp;<em>Marguerite SEPSA</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On retrouve régulièrement son nom dans les listes de souscripteurs lancés par les différents journaux anarchistes de l’époque&nbsp;: la&nbsp;<em>Revue Anarchiste</em>&nbsp;(1930), le&nbsp;<em>Libertaire</em>&nbsp;(1931), …</p>



<figure class="wp-block-image"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" src="https://i0.wp.com/cnt-ait.info/wp-content/uploads/2026/03/Marguerite-Aspes-La-Revue-Anarchiste-numero-12-novembre-%E2%80%93-decembre-1930.png?ssl=1" alt="" class="wp-image-14648"/><figcaption class="wp-element-caption">La Revue Anarchiste, numéro 12, novembre – décembre 1930&nbsp;; Ceux qui nous aident&nbsp;: … Marguerite Aspès, 10 fr.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">On retrouve aussi son nom dans les souscriptions pour l’édition posthume des mémoires de Makhno, l’anarchiste ukrainien exilé à Paris.</p>



<figure class="wp-block-image"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" src="https://i0.wp.com/cnt-ait.info/wp-content/uploads/2026/03/Marguerite-Aspes-Le-Libertaire-19-octobre-1934-Numero-424.png?ssl=1" alt="" class="wp-image-14649"/><figcaption class="wp-element-caption">Le Libertaire, 19 octobre 1934, Numéro 424</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Mais Marguerite ne se contente pas d’envoyer une solidarité financière à la presse libertaire. Elle y participe aussi activement. Elle est citée en quatrième de couverture de la&nbsp;<em>Revue Anarchiste</em>&nbsp;d’octobre décembre 1934 comme l’une de ses collaborateurs. Toutefois dans son numéro précédent d’août septembre, il était signalé que son abonnement était suspendu au même titre que de nombreux autres, «&nbsp;tellement ils sont en retard&nbsp;». S’agissait-il d’un désintérêt de sa part vis-à-vis de la revue&nbsp;? ou plus sûrement dans son cas des difficultés de payer l’abonnement, du fait de la situation précaire dans laquelle elle semblait vivre alors, après son nouvel emprisonnement fin 1933 (cf. le chapitre «&nbsp;<em>Libérez Ferjasse&nbsp;!</em>&nbsp;»).</p>



<figure class="wp-block-image"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" src="https://i0.wp.com/cnt-ait.info/wp-content/uploads/2026/03/Marguerite-Aspes-La-Revue-Anarchiste-aout-septembre-1934.png?ssl=1" alt="" class="wp-image-14650"/><figcaption class="wp-element-caption">La Revue Anarchiste, août septembre 1934</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Ses articles portent sur des thèmes classiques de l’anarchisme de cette époque&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Le contrôle des naissances, avec par exemple l’article « La ponte à outrance », paru dans <em>La Voix libertaire</em>, le 8 Mars 1930, date symbolique s’il en est. Il faut se souvenir qu’à l’époque toute propagande pour la contraception était interdite et même passible de prison. Aussi les allusions aux moyens contraceptifs sont souvent elliptiques. Toutefois dans un autre article, publié en janvier 1931 dans <em>Le Libertaire</em> sur la situation des femmes à la prison Barberousse d’Alger, elle prend le risque de réclamer ouvertement le droit à l’avortement.</li>



<li>Des articles de réflexion sur le mouvement anarchiste tels que « Des réalisations concrètes que doit envisager l’anarcho-syndicalisme » paru dans <em>La Voix libertaire</em> du 15 Mars 1930, ou « La révolution sera anarchique ou ne sera pas », paru dans Le Libertaire du 26 juillet 1930.</li>



<li>Des textes antireligieux comme « Religions, sciences, liberté » paru dans <em>Le Libertaire</em> du 2 août 1930, qu’elle ponctue au final d’un vigoureux « à bas la religion, à bas l’esprit religieux » !</li>



<li>L’antimilitarisme tient aussi une place importante dans ses écrits et dans son activité militante, comme on le verra plus tard avec la campagne pour la libération de l’objecteur de conscience Ferjasse. Son premier texte sur le sujet, « l’action anarchiste contre la guerre et l’objection de conscience », parait dans <em>Le Libertaire</em> du 29 novembre 1930.</li>



<li>L’anticolonialisme enfin, lui tient particulièrement à cœur. Dès son arrivée en Algérie, elle prend la plume pour dénoncer le colonialisme et le racisme. En 1930, année où elle se trouvait à Alger, il est très probable qu’elle ait participé à relayer la campagne lancée par la CGTSR-AIT en 1930 contre les cérémonies du centenaire de la colonisation. Elle écrivit un article sur le sujet dans <em>Le Libertaire</em>. Cet activisme anticolonialiste et pour le rapprochement des travailleurs sans distinction d’origine, qu’ils soient indigènes, étrangers ou de la métropole lui valut un acharnement policier qui se traduisit par deux emprisonnements successifs puis son expulsion définitive d’Algérie. Mais aussi son inscription sur la Liste Noire du Parti Communiste Français …</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Elle publie aussi des poèmes, notamment dans la&nbsp;<em>Revue Anarchiste</em>&nbsp;qui en publie deux en 1934, «&nbsp;Stoïcisme «&nbsp;(écrit lors de son emprisonnement à Barberousse en 1932) et «&nbsp;blancs et noirs&nbsp;».</p>



<figure class="wp-block-image"><img data-recalc-dims="1" height="1024" width="606" decoding="async" src="https://i0.wp.com/cnt-ait.info/wp-content/uploads/2026/03/Revue-anarchiste-1934-606x1024.png?resize=606%2C1024&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-14651"/><figcaption class="wp-element-caption">La Revue Anarchiste, octobre décembre 1934, 4<sup>ème</sup>&nbsp;de couverture</figcaption></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Alger&nbsp;: une agitatrice anti-colonialiste trop remuante pour le pouvoir</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais c’est surtout à Alger, entre 1930 et 1932 qu’on entendit le plus parler d’elle, après qu’elle eut tiré sur un inspecteur de police à la Bourse du Travail d’Alger.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sans qu’on sache exactement dans quelle circonstance elle était arrivée à Alger, elle y était militante au syndicat anarchiste CGTSR-AIT, la section locale de l’AIT (Association Internationale des Travailleurs)<a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftn1" target="_blank" rel="noopener">[1]</a>. Là-bas, elle ne cesse de dénoncer le colonialisme et appelait à la solidarité de classe entre indigènes et européens (étrangers ou «&nbsp;français&nbsp;»). Vraisemblablement, elle contribua à diffuser à Alger le texte d’appel au boycott des festivités du centenaire de la colonisation de l’Algérie, écrit par Saïl Mohammed pour le compte de la section algérienne de la CGTSR-AIT.</p>



<figure class="wp-block-image"><img data-recalc-dims="1" height="183" width="1024" decoding="async" src="https://i0.wp.com/cnt-ait.info/wp-content/uploads/2020/07/CGTSR_ALGERIE-1024x183.jpg?resize=1024%2C183&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-448"/><figcaption class="wp-element-caption">En-tête de tracts de la section algérienne de la CGTSR-AIT</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Elle dû également contribuer à diffuser le journal de son ami Saïl Mohammed,&nbsp;<em>L’Éveil Social</em>, dont l’administration colonialiste essayait d’empêcher la diffusion aux indigènes sur le territoire algérien pour ses propos incendiaires non seulement contre la colonisation mais aussi contre les traditions et la loi coranique appliquée par les cadi dans le cadre du Statut de l’Indigénat<a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftn2" target="_blank" rel="noopener">[2]</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Espérantiste militante, elle donnait des cours de la langue internationale au sein de la bourse du travail d’Alger, notamment à des réfugiés espagnols et italiens, ce qui suscitait la curiosité malsaine de la police. Elle eut de fréquentes disputes avec les flics qui trainaient à la Bourse du travail (la maison des syndicats d’Alger)<a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftn3" target="_blank" rel="noopener">[3]</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 10 décembre 1930, elle est arrêtée une première fois, dans ce qui ressemble fort à une provocation policière. Elle est condamnée à de la prison pour avoir pris à partie des policiers lors d’une réunion intersyndicale et les avoir traité de mouchards<a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftn4" target="_blank" rel="noopener">[4]</a>. Elle purgera sa peine dans la sinistre prison Barberousse d’Alger.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La misère matérielle et morale, les injustices dont elle fut le témoin en prison<a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftn5" target="_blank" rel="noopener">[5]</a>&nbsp;ne firent que renforcer son sentiment de révolte. De son séjour en prison, elle écrit&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>«&nbsp;<em>Voici une chose que j’ai vue avec «&nbsp;mes yeux&nbsp;» : c’est que, toutes les femmes qui étaient dans la prison avec moi, appartenaient au prolétariat. Je ne puis pas même citer l’exception de «&nbsp;crimes passionnels&nbsp;»</em>. Elle constate l’hypocrisie du régime pénitentiaire qui laisse les prisonnières dans des conditions insalubres et réclame l’hygiène pour les prisonnières. Puis «&nbsp;<em>Qu’ai-je constaté encore ? C’est que la plupart des prisonnières étaient illettrées.&nbsp;</em>» Elle demande «&nbsp;<em>L’instruction à tous</em>&nbsp;», ajoutant «&nbsp;<em>à tous les indigènes</em>&nbsp;». «&nbsp;<em>Cela, le portefeuille de certains personnages en souffrirait quelque peu, de même que les sentiments chauvins de quelques autres.</em>&nbsp;». Mais surtout, c’est contre les gardiennes de prison qu’elle décoche ses flèches les plus enflammées&nbsp;: «&nbsp;<em>je vois la méchanceté perpétuelle des gardes chiourmes, méchanceté de règle, dans un seul but : faire souffrir, pour «&nbsp;punir&nbsp;»</em>. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une fois dehors, elle redoubla d’ardeur militante pour dénoncer l’injustice sociale, dont le colonialisme, et le système répressif qui lui est attaché. Le 4 novembre 1931, elle publie un article dans un des principaux journaux d’Alger,&nbsp;<em>La République,</em>&nbsp;pour dénoncer les intimidations policières à la Bourse du travail envers les travailleurs étrangers<a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftn6" target="_blank" rel="noopener">[6]</a>&nbsp;: «&nbsp;<em>C’est une honte pour la France du&nbsp;</em><em>«&nbsp;Droit d’asile</em><em>&nbsp;» qu’il puisse s’y trouver une police (aux ordres de qui ?) qui se permette d’interdire à nos camarades étrangers l’entrée de la Bourse du Travail, sens aucun motif contre eux. C’est une chose absolument illégale et contre laquelle tous les travailleurs doivent réagir, sinon les coutumes fascistes s’implanteront ici… Droit syndical pour tous les travailleurs sans exception : indigènes, étrangers ou français.&nbsp;»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Victor Spielmann, un des pionniers de la lutte anticolonialiste et très proches des anarchistes<a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftn7" target="_blank" rel="noopener">[7]</a>, qui republie l’article dans l’<em>Alger Socialiste</em>, ajoute la revendication de l’organisation autonome des travailleurs étrangers<a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftn8" target="_blank" rel="noopener">[8]</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un mois après la publication de cet article de Marguerite Aspès, elle a de nouveau maille à partir avec la police dans ce qui ressemble encore une fois à une provocation policière destinée à la faire arrêter. Le 18 décembre 1931, un policier nommé Filippini pénétrait sans aucun mandat de perquisition à l’intérieur d’un bureau de la Bourse du travail où se trouvaient Marguerite Aspès et deux compagnons anarchistes étrangers. Le policier souhaitait procéder à un contrôle d’identité. Exaspérée, Marguerite sortait de son sac un revolver «&nbsp;<em>que le policier n’eut aucun mal à détourner et une balle alla se loger au plafond</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle est alors immédiatement arrêtée, en compagnie – nous dit&nbsp;<em>L’Écho d’Alger<a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftn9" target="_blank" rel="noopener"><strong>[9]</strong></a></em>&nbsp;– de Manuel Sastre<a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftn10" target="_blank" rel="noopener">[10]</a>, 29 ans, «&nbsp;<em>garçon limonadier</em>&nbsp;» (serveur dans un bistrot). Séraphin Fons, 17 ans, qui était aussi présent mais s’était enfuit, fut arrêté le lendemain matin. Jetés en prison tous les trois sous l’inculpation de tentative d’homicide, les journaux locaux nous apprennent que Sastre et Fons déclarèrent au juge Turpault «&nbsp;<em>qu’ils ignoraient tout de cette affaire et ne savaient pas pourquoi leur camarade avait tiré. Marguerite Aspès quant à elle répondit au magistrat instructeur qu’elle réservait ses déclarations pour plus tard</em>&nbsp;». Alors que Pons et Sastre furent relâchés quelques jours après en bénéficiant d’un non-lieu, Marguerite Aspès fut de nouveau écrouée à Barberousse.</p>



<figure class="wp-block-image"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" src="https://i0.wp.com/cnt-ait.info/wp-content/uploads/2026/03/la-commniste-Marguerite-ASPES-Echo-Alger-1931-12-20.png?ssl=1" alt="" class="wp-image-14654"/></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Les journaux d’Alger avaient présenté Marguerite Aspès comme communiste, ce qui entraîna une réponse indignée du secrétaire du Parti Communiste d’Alger. Ce bureaucrate stalinien, au lieu de la défendre et de dénoncer l’intrusion de la police à la Bourse du Travail, émit au contraire le communiqué la mettant sur le même plan que «&nbsp;<em>les ennemis de la classe ouvrière</em>&nbsp;»&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Notre parti et aucun de ses militants n’ont rien à voir avec de pareilles gens contre lesquels nous luttons au même titre que contre les ennemis de la classe ouvrière. Nous désapprouvons complètement le geste de cette femme, geste qui ne peut être que celui d’une malade</em>&nbsp;»<a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftn11" target="_blank" rel="noopener">[11]</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’absence de solidarité – et même la franche dissociation – des communistes fut dénoncée dans les colonnes des journaux de gauche non communiste d’Alger&nbsp;:&nbsp;<em>le Cheminot indépendant d’Alger</em>&nbsp;(mars 1932), et&nbsp;<em>Alger Socialiste<a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftn12" target="_blank" rel="noopener"><strong>[12]</strong></a></em>, ainsi que dans&nbsp;<em>La Révolution prolétarienne</em>&nbsp;de Paris<a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftn13" target="_blank" rel="noopener"><em><strong>[13]</strong></em></a>. De son côté Victor Spielmann constitua le&nbsp;<em>Comité de défense sociale d’Alger&nbsp;</em>pour assurer sa défense, regroupant militants socialistes, libertaires et syndicalistes, mais auquel ne participèrent ni les «syndicalistes&nbsp;unitaires&nbsp;» ni les communistes …<a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftn14" target="_blank" rel="noopener">[14]</a>.</p>



<figure class="wp-block-image"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" src="https://i0.wp.com/cnt-ait.info/wp-content/uploads/2026/03/Marguerite-Aspes-Comite-de-defense-sociale-Alger-Socialiste-n%C2%B0-576-8-janvier-1932.png?ssl=1" alt="" class="wp-image-14653"/></figure>



<p class="wp-block-paragraph">En métropole, c’est le&nbsp;<em>Comité de l’entraide,</em>&nbsp;<em>caisse de secours aux emprisonnés politiques et à leurs familles</em>, qui organise le soutien matériel à Marguerite Aspès. Ce comité est animé par des militants du SUB (Syndicat Unique du Bâtiment) de la CGTSR-AIT. Ses comptes rendus financiers témoignent de l’envoi de 102 francs à Marguerite Aspès alors qu’elle écrouée à la prison Barberousse d’Alger.&nbsp;<a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftn15" target="_blank" rel="noopener">[15]</a></p>



<figure class="wp-block-image"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" src="https://i0.wp.com/cnt-ait.info/wp-content/uploads/2026/03/Marguerite-Aspes-Comite-de-lentraide-La-Voix-Libertaire-30-avril-1932-n%C2%B0166.png?ssl=1" alt="" class="wp-image-14652"/></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, la&nbsp;<em>Section indigène algérienne de la CGTSR-AIT à Paris</em>, animée par l’infatigable Saïl Mohamed, pris également sa défense dans le journal du syndicat anarchiste CGTSR-AIT<a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftn16" target="_blank" rel="noopener"><em><strong>[16]</strong></em></a>. Ce soutien est manifesté à la fois en «&nbsp;<em>estime et reconnaissance</em>&nbsp;» de celle qui «&nbsp;<em>durant tout son séjour à Alger a lutté vaillamment contre la barbarie que subissent les êtres de notre race</em>&nbsp;», mais au-delà parce qu’elle est anarchiste et que seuls les anarchistes «&nbsp;<em>luttent, sans intérêt personnel, pour le triomphe d’un régime égalitaire … même pour les sidis.&nbsp;». «&nbsp;Seulement chez les anarchistes nous avons trouvé une atmosphère de fraternité et de justice pour notre cause d’opprimés&nbsp;»</em></p>



<figure class="wp-block-image"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" src="https://i0.wp.com/cnt-ait.info/wp-content/uploads/2026/03/Section-indigene-algerienne-CGTSR-Paris-Mohamed-SAIL-Le-combat-syndicaliste-1932-01-numero-50.png?ssl=1" alt="" class="wp-image-14655"/></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Saïl Mohamed, qui habitait Aulnay-sous-Bois, signera un autre texte d’appel à la solidarité avec Marguerite, dans&nbsp;<em>l’Éveil Social</em>, journal dont il était le gérant, et où il appelait le peuple algérien à se dresser pour arracher la libération de «&nbsp;<em>celle qui sacrifie sa liberté pour votre liberté</em>&nbsp;». «&nbsp;<em>En arrachant la libération de Marguerite Aspès, c’est la libération de toute une race honteusement opprimée que vous obtiendrez. Pour elle comme pour vous, debout, peuple algérien, debout !&nbsp;»&nbsp;</em><a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftn17" target="_blank" rel="noopener">[17]</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Maintenue en détention jusqu’à son procès le 11 mars 1932, et malgré «&nbsp;<em>une très habile plaidoirie de Maître Testa, défenseur, qui plaide l’indulgence&nbsp;</em>», elle fut condamnée à six mois fermes de prison. Ce qui revenait à couvrir les trois mois de prison préventive qu’elle venait d’effectuer à Barberousse. Elle fut alors expulsée vers ce qui s’appelait à l’époque la métropole.</p>



<figure class="wp-block-image"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" src="https://i0.wp.com/cnt-ait.info/wp-content/uploads/2026/03/Lanarchiste-Marguerite-ASPES-condamnee-Echo-Alger-1932-03-12.png?ssl=1" alt="" class="wp-image-14656"/></figure>



<h2 class="wp-block-heading">De retour en France, l’agitation anti-militariste</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Marguerite Aspès a toujours été une fervente anti-militariste. Dès 1930, elle prend fait et cause pour l’objection de conscience comme pratique anarchiste, à une époque où le mouvement libertaire – et au premier rang les grandes figures anarchistes de l’antimilitarisme tels Louis Lecoin et Sébastien Faure – étaient très réservées sur l’objection de conscience, car elle n’avait pour eux qu’une finalité réformiste<a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftn18" target="_blank" rel="noopener">[18]</a>. Il fallait un certain courage et une certaine force de conviction pour engager la polémique avec Sébastien Faure dans les colonnes du&nbsp;<em>Libertaire</em>, le journal qu’il avait lui-même fondé … Elle ose tenir tête au patriarche du mouvement anarchiste d’alors, remarquant que le fameux orateur «&nbsp;<em>n’a pas parlé, dans sa conférence contre la guerre, de l’objection de conscience. Sébastien Faure reconnaît que c’est une chose très bien en elle-même, mais il traite cette action contre la guerre comme une action sans grande valeur au point de vue social</em>&nbsp;». Pour Marguerite Aspès au contraire, l’objection de conscience est la colonne vertébrale de «&nbsp;<em>l’action anarchiste contre la guerre</em>&nbsp;». Aussi elle appelle les anarchistes à «&nbsp;<em>consacrer [leurs] efforts à aider de toutes les manières, tant au point de vue moral que matériel, les insoumis, les emprisonnés, comme les camarades qui se trouvent en territoire étranger ; enfin, quels qu’ils soient, tous ceux qui souffrent du refus d’obéissance ou de travail à l’armée.</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est donc tout naturellement que, revenue en France, elle reprend ses activités militantes en faveur de l’objection de conscience. Elle participe au soutien à la&nbsp;<em>Ligue des Objecteurs de Conscience (LOC)<a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftn19" target="_blank" rel="noopener"><strong>[19]</strong></a></em>, créée en juillet 1933 parun petit groupe de jeunes libertaires autour de Gérard Leretour, et auquel participe aussi son ami Saïl Mohammed, lui-même ancien insoumis de la guerre de 1914. La&nbsp;<em>Ligue des objecteurs de conscience</em>&nbsp;acquit rapidement une certaine audience dans les milieux militants révolutionnaires et pacifistes car Leretour est adepte des coups d’éclats pour médiatiser et populariser sa cause. Le 13 novembre 1933, un groupe de militants de la LOC dont Leretour, Albert Daunay et Saïl Mohammed<a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftn20" target="_blank" rel="noopener">[20]</a>, mutilent la statue de Paul Déroulède, figure historique du nationalisme français<a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftn21" target="_blank" rel="noopener">[21]</a>, square Laborde à Paris. Par ce coût d’éclat ils voulaient attirer l’attention de l’opinion publique sur la situation d’Henri Ferjasse<a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftn22" target="_blank" rel="noopener">[22]</a>. Ce dernier, emprisonné pour s’être déclaré objecteur de conscience et donc avoir refusé de faire son service militaire avait été emprisonné. En protestation il venait d’entamer une grève de la faim. La dégradation de la statue du nationaliste Déroulède se voulait aussi une réponse aux mutilations de statues du politicien pacifiste Aristide Briand, commises régulièrement par des&nbsp;<em>Camelots du Roy</em>¸ l’organisation paramilitaire du groupe monarchiste l’<em>Action Française</em>.</p>



<figure class="wp-block-image"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" src="https://i0.wp.com/cnt-ait.info/wp-content/uploads/2026/03/Paris-Soir-1933-11-15-Statue-Deroulede.png?ssl=1" alt="" class="wp-image-14657"/><figcaption class="wp-element-caption">«&nbsp;L’objecteur de conscience Leretour, pour protester contre la détention de son camarade Ferjasse, décapite la statue du grand patriote, square Laborde&nbsp;» (Paris-Soir, 15 novembre 1933)</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Margueritte Aspès ne peut rester insensible au cas de Ferjasse. Quatre jour après le coup d’éclat de la bande à Leretour, le 17 novembre 1933, elle se rend à l’Assemblée nationale, se place dans la galerie du public qui surplombe l’Assemblée et, à la fin de la session, se lève et jette des tracts et apostrophe les députés aux cris de «&nbsp;<em>Libérez Ferjasse&nbsp;!</em>&nbsp;».</p>



<figure class="wp-block-image"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" src="https://i0.wp.com/cnt-ait.info/wp-content/uploads/2026/03/1933-11-18-Le-populaire-Ferjasse.png?ssl=1" alt="" class="wp-image-14662"/><figcaption class="wp-element-caption">Le Populaire, 18 novembre 1933</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Son acte, manifestement individuel, a-t-il été coordonné avec la&nbsp;<em>Ligue des Objecteurs de Conscience</em>&nbsp;? À ce stade de nos recherches, nous ne savons pas, le tract n’est pas signé de la&nbsp;<em>Ligue</em>&nbsp;mais il est revendiqué par «&nbsp;un groupe de femmes&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toujours est-il qu’elle est immédiatement arrêtée. Manifestement elle reçoit une peine relativement légère, puisqu’elle reçoit une contravention pour «&nbsp;<em>distribution d’imprimés sans permis de colporteur&nbsp;</em>».</p>



<h2 class="wp-block-heading">Sur la liste noire du Parti Communiste …</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais sa vraie condamnation viendra – encore une fois – du Parti Communiste. En effet, à son retour en métropole elle avait rejoint la CGTU, le syndicat communiste, espérant faciliter sa recherche d’emploi dans une période de fort chômage et alors qu’elle avait déjà un casier judiciaire chargé. Mais le syndicat, qui attendait certainement le premier prétexte venu, s’empressa de l’exclure après son geste antimilitariste à l’Assemblée, la dénonçant comme une «&nbsp;provocatrice&nbsp;». Pour le directeur du Syndicat communiste «&nbsp;<em>il nous suffit de savoir que vous avez tiré sur un policier pour ne pas vouloir vous garder dans notre sein</em>&nbsp;». Cette expulsion fut dénoncée par la&nbsp;<em>Révolution Prolétarienne<a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftn23" target="_blank" rel="noopener"><strong>[23]</strong></a></em>, qui révèle que Marguerite Aspès s’était étonnée de son exclusion, d’autant plus qu’elle avait signé un appel à l’unité syndicale entre CGT, CGTU, CGTSR en février 1931 à Alger<a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftn24" target="_blank" rel="noopener">[24]</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle ignorait certainement qu’elle figurait déjà depuis sa période algérienne sur la liste noire établie par le Parti Communiste<a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftn25" target="_blank" rel="noopener">[25]</a>&nbsp;et qui était diffusée à toutes les cellules communistes avec le préambule suivant&nbsp;: «&nbsp;<em>ces listes noires, pour être une arme efficace entre les mains des militants, doivent être largement utilisées de façon à faire connaître à tous les ouvriers les éléments à l’égard desquels ils doivent observer la plus grande vigilance et qu’ils doivent combattre avec la plus ferme énergie.</em>&nbsp;»</p>



<figure class="wp-block-image"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" src="https://i0.wp.com/cnt-ait.info/wp-content/uploads/2026/03/Liste-noire-PCF-1.png?ssl=1" alt="" class="wp-image-14663"/></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Elle résidait alors à Paris où son domicile, 44 rue Turbigo (IIIème), figurait en 1935 sur la liste de vérifications des domiciles d’anarchistes. Elle était également membre du&nbsp;<em>Comité de défense social</em>&nbsp;(CDS), qui venait en aide aux militants pacifistes, syndicalistes et anarchistes victimes de la répression<a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftn26" target="_blank" rel="noopener">[26]</a>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une espérantiste militante dans la révolution espagnole</h2>



<p class="wp-block-paragraph">On l’a dit, Marguerite Aspès était une espérantiste fervente, qui faisait de la propagande active pour la diffusion de cette langue, animant notamment des cours d’Espéranto à la Bourse du Travail d’Alger. Elle entretenait une correspondance avec Eugène Lanti, le fondateur de SAT, l’<em>Association mondiale anationale</em>, réseau mondial des espérantistes favorables à la lutte des classes, indépendamment de leur positionnement idéologique (communistes, socialistes, anarchistes, …). Dans un courrier qu’il lui envoie la 14 avril 1937 de Tokyo alors qu’elle réside à ce moment à Valence d’Agen, Lanti annonce à Aspès comment il a fini par s’éloigner du communisme<a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftn27" target="_blank" rel="noopener">[27]</a>.</p>



<figure class="wp-block-image"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" src="https://i0.wp.com/cnt-ait.info/wp-content/uploads/2026/03/Eugene_Adam_Eugeno_Lanti_Melbourne_1938.jpg?ssl=1" alt="" class="wp-image-14668"/><figcaption class="wp-element-caption">Eugène Lanti, en 1938,<br>alors en Australie</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Le 18 juillet,1936 les militaires espagnols avec à leur tête le général Franco se soulèvent contre la République et débutent une guerre civile impitoyable qui durera 3 ans. Le 19 juillet, dans les provinces espagnoles où les anarchosyndicalistes de la CNT-AIT sont nombreux et organisés, particulièrement la Catalogne et l’Aragon, les ouvriers et les paysans organisent la contre-insurrection et débutent une Révolution sociale. Enthousiaste, Marguerite Aspès se rend sur place – vraisemblablement à Barcelone – pour participer à l’œuvre constructive révolutionnaire des anarchistes. Elle participe notamment à&nbsp;<em>Informa Bulteno</em>, la feuille d’information en Esperanto éditée par la CNT-AIT, en participant à sa diffusion avec «&nbsp;ferveur&nbsp;», comme on peut le lire dans le bulletin&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Nous vous remercions de tout cœur pour les 50 francs que vous avez envoyé. Tous les coupons de réponse mentionnés dans la lettre ont été reçus, merci pour ces coupons</em>&nbsp;»</p>



<figure class="wp-block-image"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" src="https://i0.wp.com/cnt-ait.info/wp-content/uploads/2026/03/Informa-Bulteno.png?ssl=1" alt="" class="wp-image-14671"/></figure>



<figure class="wp-block-image"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" src="https://i0.wp.com/cnt-ait.info/wp-content/uploads/2021/05/Marguerite-Aspe-Informa-bulteno-1937-07-25-num-1.png?ssl=1" alt="" class="wp-image-3438"/></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Elle revient en France en avril 1937. Elle qui était une personne d’une grande sensibilité artistique, aimant à peindre et à faire de la musique tombe dans une grande dépression. Elle écrit à Eugène Lanti, qui se trouvait alors en voyage autour du monde à Tokyo, pour lui faire part de son souhait de se suicider. Lanti essaie de la dissuader, mais hélas le courrier arrive trop tard. Marguerite se suicide le 7 juillet 1937 à Foix (Ariège) après avoir appris la mort de son compagnon Léopold.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Marguerite Aspès victime d’un prédateur sexuel&nbsp;?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour l’espérantiste Eugène Lanti, les théories d’Armand, anarchiste individualiste adepte du libertinage, auraient aussi poussée Marguerite Aspès à se suicider&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Dans une de mes lettres, j’ai déjà dit que Marguerite Aspès m’avait écrit à propos de sa décision de se suicider. J’ai immédiatement répondu à sa lettre et j’ai essayé de la convaincre de la nécessité d’abandonner une telle idée, car notre mouvement a besoin de son aide, etc. etc. Mais cette lettre est arrivée trop tard en France, et il n’est pas certain qu’elle ait eu un quelconque effet.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Je ne connais pas exactement le motif principal qui a poussé cette compagne à se suicider. Cependant, je crois qu’elle est victime de la théorisation d’Armand dans «&nbsp;</em>L’En dehors<em>&nbsp;»</em></p>



<figure class="wp-block-image"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" src="https://i0.wp.com/cnt-ait.info/wp-content/uploads/2026/03/Emilearmand02.jpg?ssl=1" alt="" class="wp-image-14669"/><figcaption class="wp-element-caption">Émile Armand (1872 – 1962)</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Un jour, elle m’a avoué son dégoût pour les choses faites selon les « principes » d’Armand. J’ai toujours ressenti de l’aversion pour ce type, pour ce maître sophiste. Dans un livre dont je ne me souviens plus exactement du titre («&nbsp;</em>Prenez-moi tous<em>», je crois), Han Ryner<a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftn28" target="_blank" rel="noopener"><strong>[28]</strong></a>&nbsp;faisait référence à Armand et précisait que son principal objectif était de se procurer des femmes dans divers endroits, pour ne pas être obligé de fréquenter des bordels lorsqu’il se rendait dans les villes pour y prendre la parole dans des conférences. (…)</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>La vraie nature d’une femme est de porter des enfants, et je crois qu’elle a plus besoin d’un foyer et d’amour que d’un homme. Probablement que Mme Aspès l’a compris trop tard et que la vie l’a dégoûtée à ce moment-là. Armand porte une part de responsabilité dans son suicide, à l’image de ce qui se passe lorsqu’un prêtre use de son influence pour convaincre une jeune femme de devenir religieuse.</em>&nbsp;»<a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftn29" target="_blank" rel="noopener">[29]</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Même si les considérations de Lanti sont teintées d’un moralisme caractéristique de son époque, on ne peut exclure l’hypothèse que sous les vibrants plaidoyers d’Armand pour la «&nbsp;camaraderie amoureuse&nbsp;» se cachaient peut être aussi des pratiques qui lui vaudraient aujourd’hui d’être qualifié de prédateur sexuel …</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le décès de Marguerite Aspès fut annoncé dans le numéro d’août 1937 de&nbsp;<em>Informa Bulteno</em>.</p>



<figure class="wp-block-image"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" src="https://i0.wp.com/cnt-ait.info/wp-content/uploads/2026/03/Marguerite-Apses-Nekrologo-Informa-Bulteno-1937-08.png?ssl=1" alt="" class="wp-image-14670"/><figcaption class="wp-element-caption">Annonce du décès de Marguerite Aspès dans&nbsp;<em>Informa Bulteno</em>&nbsp;du 10 Août 1937</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Nous avons été informés du décès de notre compagne Marguerite ASPÈS. Elle était abonnée à Informa Bulteno, pour lequel elle travaillait avec ferveur à la diffusion. De plus, elle aidait financièrement notre Bulletin. Nos plus sincères condoléances à la famille</em>&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le journal de la SAT annonça aussi son décès&nbsp;: «&nbsp;<em>Le 6 juillet, la camarade Margareta Aspès s’est suicidée dans le sud de la France. Elle a été pendant de nombreuses années membre du Groupe Paris de la Fédération Ouvrière Espérantiste, et du cercle de la SAT, au sein desquels elle a collaboré très activement, notamment également en préparant une pièce de chant et de théâtre pour le 15e Congrès de la SAT [tenu en 1935 à Paris]. Elle était également active dans le mouvement antimilitariste. Ceux qui l’ont connue ne l’oublieront jamais.</em>&nbsp;»</p>



<figure class="wp-block-image"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" src="https://i0.wp.com/cnt-ait.info/wp-content/uploads/2026/03/Marguerite-Aspe-Nekrologo-Sennaciulo-1937-07.png?ssl=1" alt="" class="wp-image-14672"/></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Suite à son décès, Marguerite ASPÈS, simple militante, ni théoricienne en vue ni activiste spectaculaire, est progressivement tombée dans l’oubli au fur et à mesure que ceux qui l’avaient connu disparaissaient.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puisse cet article aider ceux qui ne l’ont pas connu à se la remémorer.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftnref1" target="_blank" rel="noopener">[1]</a>&nbsp; Pour en savoir plus sur la CGTSR&nbsp;:&nbsp;<a href="https://cnt-ait.info/category/cnt-ait/cgtsr-ait-1926-1939" target="_blank" rel="noopener">https://cnt-ait.info/category/cnt-ait/cgtsr-ait-1926-1939</a>&nbsp;; La CNT-AIT, actuelle section en France de l’AIT est la continuatrice directe de la CGTSR&nbsp;<a href="https://cnt-ait.info/" target="_blank" rel="noopener">https://cnt-ait.info</a>&nbsp;;&nbsp;<a href="mailto:contact@cnt-ait.info">contact@cnt-ait.info</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftnref2" target="_blank" rel="noopener">[2]</a>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;La liberté en Algérie,&nbsp;<em>La Voix libertaire</em>, numéro 176, 9 Juillet 1932</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftnref3" target="_blank" rel="noopener">[3]</a>&nbsp; &nbsp;ALGER : Est-ce un mal, oui ou non, d’apprendre l’Espéranto ? Est-ce un mal d’entrer dans une Bourse du Travail ? Trois de nos camarades étrangers arrêtés,&nbsp;<em>Le Libertaire</em>&nbsp;du 20 novembre 1931. La Bourse du travail se trouvait rue Massieu-de-Clerval, entre les rue de Varennes et rue Cuvier, à la hauteur des 37-39 rue d’Isly.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftnref4" target="_blank" rel="noopener">[4]</a>&nbsp;&nbsp; Alger : Le mouchard est roi,&nbsp;<em>Le Libertaire</em>, 10 Janvier 1931</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftnref5" target="_blank" rel="noopener">[5]</a>&nbsp;&nbsp; Souvenirs de [la prison] Barberousse,&nbsp;<em>Le Libertaire</em>, 1er Mai 1931</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftnref6" target="_blank" rel="noopener">[6]</a>&nbsp;&nbsp; Souvent des réfugiés antifascistes italiens ou anarchistes espagnols fuyant la répression dans leurs pays respectifs.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftnref7" target="_blank" rel="noopener">[7]</a>&nbsp;&nbsp; Victor Spielmann (1866 – 1943)&nbsp;: arrivé en Algérie enfant avec ses parents Alsaciens, il fut l’un des pionniers de l’anticolonialisme en Algérie. Publiciste anti-colon et éditeur pro-indigène, voulant être «&nbsp;le trait d’union franco-indigène nord-africain&nbsp;», il fut le fondateur et éditeur du&nbsp;<em>Trait-d’Union</em>&nbsp;(1924-1927) puis de&nbsp;<em>La Tribune indigène algérienne</em>&nbsp;(1927-1931). De sensibilité libertaire, il contribuait fréquemment aux journaux anarchistes de l’époque où il dénonçait sans relâche le colonialisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftnref8" target="_blank" rel="noopener">[8]</a>&nbsp;&nbsp; V. Spielmann, La Bourse du Travail et la Police,&nbsp;<em>L’Alger Socialiste</em>, n° 572, 4 décembre 1931.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftnref9" target="_blank" rel="noopener">[9]</a>&nbsp;Tentative d’homicide contre un inspecteur de la Sûreté à la Bourse du Travail&nbsp;: Les trois communistes sont placés sous mandat de dépôt,&nbsp;<em>L’Écho d’Alger</em>, 20 décembre 1931</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftnref10" target="_blank" rel="noopener">[10]</a>&nbsp;&nbsp; Il s’agit de Manuel ou Marcel voire Paul Sastre, le dictionnaire des militants ouvrier «&nbsp;Maitron&nbsp;» précisant que les sources de police mentionnent des incertitudes sur son prénom&nbsp;; Sastre est un nom de famille d’origine espagnole, dérivé du mot signifiant «&nbsp;tailleur&nbsp;». Peut-être Marcel était-il la version «&nbsp;française&nbsp;» d’un prénom originellement Manuel&nbsp;(afin de garder la même initiale) ? – Manuel Sastre était le Secrétaire de l’Union Régionale Unitaire CGTU, dont la&nbsp;<em>Révolution Prolétarienne</em>&nbsp;nous indique dans son numéro de Janvier 1932&nbsp;: «&nbsp;<em>Dix minutes après [le coup de feu de Marguerite Aspès], le Secrétaire de l’Union Régionale Unitaire, Sastre, arrive : il est arrêté. Quel rapport, entre sa venue à la Bourse, où devait se tenir précisément la réunion d’un Syndicat unitaire et le geste de Marguerite Aspès ? Les policiers ne s’embarrassent pas de si peu ; à Alger, plus encore qu’ailleurs, l’arbitraire est la règle ; on arrêta Sastre, parce qu’il plaisait de l’arrêter.</em>&nbsp;» Sastre fut un militant communiste et syndicaliste très actif, avec un premier séjour en prison en 1925 pour activité contre la guerre du Rif au Maroc. En 1929, il est secrétaire du syndicat CGTU des ouvriers restaurateurs et limonadiers d’Alger. À partir de 1932, il entre en dissidence avec la CGT et le Parti Communiste, lesquels souhaitaient créer un syndicat spécifique pour les travailleurs arabes, la CGT Algérienne (CGTA), les séparant des travailleurs européens (français ou étrangers réfugiés en Algérie). Sastre pensait que cette initiative volontariste était prématurée et qu’il fallait d’abord recruter des indigènes avant que de séparer la CGTA de la CGTU. Ainsi il déclara lors du 1<sup>er</sup>&nbsp;congrès des ouvriers arabes d’Algérie du 15 juin 1930&nbsp;: «&nbsp;<em>Quand nous aurons une majorité d’indigènes à la CGTU, nous serons CGTA, que nous le voulions ou non. Vive l’Internationale communiste ; Vive la CGTU ; Vive l’Internationale syndicale rouge ; Vive la CGTA ; Vive le Parti Communiste&nbsp;!</em>&nbsp;». Selon les rapports de surveillance policière, il est exclu du Parti Communiste en 1934 «&nbsp;<em>pour liaison avec des éléments suspects</em>&nbsp;». Était-il en lien éventuels avec Marguerite Aspès – elle-même considéré comme «&nbsp;suspecte&nbsp;» par le Parti Communiste – et au-delà avec les libertaires locaux&nbsp;? Ce point reste à éclaircir.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftnref11" target="_blank" rel="noopener">[11]</a>&nbsp;&nbsp;&nbsp;<em>Presse Libre d’Alger</em>, 20 décembre 1931</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftnref12" target="_blank" rel="noopener">[12]</a>&nbsp;&nbsp; Les Unitaires jugés par leurs actes,&nbsp;<em>Le Cheminot indépendant d’Alger</em>, Mars 1932&nbsp;; La Bourse du travail et la police (bis), A. CAYRON,&nbsp;<em>Alger Socialiste</em>, n° 575, 1er janvier 1932</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftnref13" target="_blank" rel="noopener">[13]</a>&nbsp;&nbsp;&nbsp; À la Bourse du Travail d’Alger,<em>&nbsp;La Révolution Prolétarienne,</em>&nbsp;n°123, janvier 1932</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftnref14" target="_blank" rel="noopener">[14]</a>&nbsp;&nbsp; Comité de défense sociale d’Alger, Victor Spielmann,&nbsp;<em>Alger Socialiste</em>, numéro 576, 8 janvier 1932</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftnref15" target="_blank" rel="noopener">[15]</a>&nbsp;&nbsp;&nbsp;<em>La Voix Libertaire</em>, numéro 166&nbsp;; 30 avril 1932</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftnref16" target="_blank" rel="noopener">[16]</a>&nbsp;&nbsp;&nbsp;<em>Le Combat Syndicaliste CGTSR-AIT</em>, numéro 50, 1er janvier 1932</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftnref17" target="_blank" rel="noopener">[17]</a>&nbsp;&nbsp; Peuple algérien, debout !, Saïl Mohamed,&nbsp;<em>L’Éveil social</em>, n°2, février 1932.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftnref18" target="_blank" rel="noopener">[18]</a>&nbsp;&nbsp; Édouard Sill, Soldat ? Jamais ! Un libelle pour une méthode et un combat,&nbsp;<em>Solanhets</em>, 2018</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftnref19" target="_blank" rel="noopener">[19]</a>&nbsp;&nbsp; Qui devient par la suite la Section française de l’Internationale des Résistants à la Guerre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftnref20" target="_blank" rel="noopener">[20]</a>&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="https://maitron.fr/spip.php?article154030" target="_blank" rel="noopener">https://maitron.fr/spip.php?article154030</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftnref21" target="_blank" rel="noopener">[21]</a>&nbsp;&nbsp; Paul Déroulède est un poète, auteur dramatique, romancier et militant politique français né le 2 septembre 1846 à Paris et mort le 31 janvier 1914 à Nice. Son rôle de fondateur de la&nbsp;<em>Ligue des patriotes</em>&nbsp;et son revanchisme anti-allemand suite à la défaite de 1870 en font un acteur important de la droite nationaliste en France</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftnref22" target="_blank" rel="noopener">[22]</a>&nbsp;&nbsp; Ferjasse, fils d’un soldat tué à la guerre de 14-18, se déclara objecteur de conscience en 1933, et fut emprisonné pour cela. Il fit également partie du réseau international clandestin qui pratiquait des vasectomies, autour de l’autrichien Norbert Bartosek et des réseaux de l’AIT en Belgique, en France et en Espagne. Sur ces réseaux cf. la brochure «&nbsp;Les anarchosyndicalistes et la vasectomie dans les années 1930 : réseaux internationaux, pratique et débats»,&nbsp;<em>Éditions CNT-AIT</em>, 2020,&nbsp;<a href="https://cnt-ait.info/2024/03/07/vasectomie-1930" target="_blank" rel="noopener">https://cnt-ait.info/2024/03/07/vasectomie-1930</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftnref23" target="_blank" rel="noopener">[23]</a>&nbsp;&nbsp; Solidarité policière !, Robert Louzon,&nbsp;<em>La Révolution Prolétarienne</em>, n° 166, 10-01 1934</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftnref24" target="_blank" rel="noopener">[24]</a>&nbsp;&nbsp; En avant pour l’Unité Syndicale,&nbsp;<em>Alger Socialiste</em>, n° 537, 13 février 1931</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftnref25" target="_blank" rel="noopener">[25]</a>&nbsp;&nbsp;&nbsp;<em>Attention aux provocateurs, mouchards, escrocs et trotskistes&nbsp;! Démasquons les ennemis !&nbsp;;</em>&nbsp;sans date, sans éditeur [Parti Communiste], sans lieu</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftnref26" target="_blank" rel="noopener">[26]</a>&nbsp;&nbsp; 1912 : Entr’aide et Défense sociale : résister à la répression, Guillaume Davranche,&nbsp;<a href="https://paris-luttes.info/1912-entr-aide-et-defense-sociale-5846" target="_blank" rel="noopener">https://paris-luttes.info/1912-entr-aide-et-defense-sociale-5846</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftnref27" target="_blank" rel="noopener">[27]</a>&nbsp;&nbsp; Ulrich Lins, Orwell’s Tutor? Eugène Adam (Lanti) und die Ernüchterung der Linken.&nbsp;<em>Jahrbuch der Gesellschaft für Interlinguistik 2020</em>, Leipziger Universität Verlag, 2020, p 112.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftnref28" target="_blank" rel="noopener">[28]</a>&nbsp;&nbsp; Han Ryner, Prenez-moi tous ! Histoire de la Fraternité d’Amour,&nbsp;<em>Edition du tambourin</em>, Paris, 1930. Ryner était un ami d’Armand avec qui il partageait une conception anarchiste individualiste. Son roman&nbsp;<em>Prenez moi tous</em>&nbsp;décrit l’histoire fictive d’une Fraternité d’Amour, se présentant comme une sorte de supra-maçonnerie. «<em>&nbsp;Allégorie de la découverte de soi,&nbsp;</em>Prenez-moi tous&nbsp;!<em>&nbsp;est aussi le récit d’une lente descente aux enfers due à la négation de cette singularité intime, ainsi qu’une méditation sur ce qui la constitue&nbsp;»</em>&nbsp;(Pierre-Yves Ruff, préface de la réédition chez Theolib)</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/#_ftnref29" target="_blank" rel="noopener">[29]</a>&nbsp;&nbsp; Leteroj de E. LANTI, kun antaŭparolo de Profesoro G. VARINGJEN,&nbsp;<em>Sennacieca Asocio Tutmonda</em>, Paris, 1940</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph">BROCHURE : Marguerite ASPÈS, Féministe, espérantiste et anarchosyndicaliste<br>sans concession</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour télécharger la brochure cliquer ici :</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://cnt-ait.info/wp-content/uploads/2026/03/BRO-Marguerite-Aspes-2026-03-04.pdf" target="_blank" rel="noopener">https://cnt-ait.info/wp-content/uploads/2026/03/BRO-Marguerite-Aspes-2026-03-04.pdf</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour la recevoir au format papier, envoyer 8 euros (chèques à l’ordre de «&nbsp;La lettre du CDES&nbsp;») à CNT-AIT, 7 rue St Rémésy, 31000 TOULOUSE (pour payement par transfert bancaire, nous contacter)</p>



<p class="wp-block-paragraph">=======</p>



<p class="wp-block-paragraph">SOMMAIRE</p>



<p class="wp-block-paragraph">EN MEMOIRE DE MARGUERITE ASPÈS, MILITANTE DE LA CGTSR-AIT D’ALGER DES ANNÉES 30 (<a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/" target="_blank" rel="noopener">https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes</a>)</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Une anarchiste sensible et engagée</li>



<li>Alger : une agitatrice anti-colonialiste trop remuante pour le pouvoir</li>



<li>De retour en France, l’agitation anti-militariste</li>



<li>Sur la liste noire du Parti Communiste</li>



<li>Une espérantiste militante dans la révolution espagnole</li>



<li>Marguerite Aspès victime d’un prédateur sexuel ?</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">ANNEXES</p>



<p class="wp-block-paragraph">TEXTES POLITIQUES DE MARGUERITE ASPÈS (<a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/textes-politiques-aspes/" target="_blank" rel="noopener">https://cnt-ait.info/2026/03/07/textes-politiques-aspes</a>)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Participation au congrès de 1935 de la SAT à Paris (<a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes-esperantiste/" target="_blank" rel="noopener">https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes-esperantiste</a>)</p>



<p class="wp-block-paragraph">POEMES DE MARGUERITE ASPÈS (<a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/poemes-marguerite-aspes/" target="_blank" rel="noopener">https://cnt-ait.info/2026/03/07/poemes-marguerite-aspes</a>)</p>



<p class="wp-block-paragraph">De sa rébellion contre la police d’Alger à la liste noire du Parti Communiste (<a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes-alger/" target="_blank" rel="noopener">https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes-alger</a>)</p>



<p class="wp-block-paragraph">La liste noire du Parti Communiste Français</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ecrits anticolonialistes</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ecrits et activités antimilitaristes de Marguerite Aspès , pionnière de l’objection de conscience</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/" data-type="link" data-id="https://cnt-ait.info/2026/03/07/marguerite-aspes/" target="_blank" rel="noopener">Source : CNT AIT </a></p>
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		<title>TEXTES POLITIQUES DE MARGUERITE ASPÈS</title>
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		<dc:creator><![CDATA[mujereslibres]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 08 Mar 2026 11:30:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[AIT]]></category>
		<category><![CDATA[Anti libéralisme économique]]></category>
		<category><![CDATA[CNT AIT]]></category>
		<category><![CDATA[Contre le système patriarcal ..capitaliste ...étatique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La ponte à outrance La Voix libertaire, 8 Mars 1930, numéro 54 Dernièrement la «&#160;Fondation Cognac&#160;» a distribué ses petites récompenses aux meilleures pondeuses françaises. Pauvres femmes, faut-il que vous ayez peu de conscience ou plutôt qu’elle vous appartienne bien peu pour agir d’une manière si contraire à vos intérêts et à votre bonheur&#160;! Comme [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">La ponte à outrance</h2>



<h4 class="wp-block-heading">La Voix libertaire, 8 Mars 1930, numéro 54</h4>



<figure class="wp-block-image"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" src="https://i0.wp.com/cnt-ait.info/wp-content/uploads/2026/03/Marguerite-Aspes-La-ponte-a-outrance-La-Voix-libertaire-8-Mars-1930-numero-54.png?ssl=1" alt="" class="wp-image-14679"/></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Dernièrement la «&nbsp;<em>Fondation Cognac</em>&nbsp;» a distribué ses petites récompenses aux meilleures pondeuses françaises. Pauvres femmes, faut-il que vous ayez peu de conscience ou plutôt qu’elle vous appartienne bien peu pour agir d’une manière si contraire à vos intérêts et à votre bonheur&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme ce sont rarement les riches qui en font tant à la fois, je puis donc dire que ces pauvres femmes, médusées par cet appas, mettent au monde des enfants qui ne leur appartiennent pas puisqu’elles-mêmes, dans la misère le plus souvent, sont surmenées de travail, et n’ont pas le temps de goûter aux joies matérielles que cela pourrait leur procurer. Plus tard, lorsque ces enfants auront atteint treize ans, alors, ou ils traineront dans le ruisseau et seront la proie des milieux les plus vils, ou ils deviendront des assassins [militaires], ou bien ils seront obligés de donneur la plus grande partie de leur temps à un travail qui en fera de vrais esclaves.</p>



<p class="wp-block-paragraph">O mères, voyez donc qu’ils ne vous appartiennent pas plus dans leur jeune âge qu’à l’âge adulte, ces enfants que vous faites en série. Réfléchissez, quelle joie trouvez-vous de vos actes&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La vraie joie c’est la liberté et le bien-être. Le moyen, c’est de dominer la nature là où nous le pouvons, afin de la faire servir le plus possible à notre bonheur personnel et à celui de notre grande famille qui est l’humanité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Marguerite SEPSA</em></strong></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h2 class="wp-block-heading">Des réalisations concrètes que doit envisager l’anarchosyndicalisme</h2>



<figure class="wp-block-image"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" src="https://i0.wp.com/cnt-ait.info/wp-content/uploads/2026/03/Marguerite-Aspes-Des-realisations-concretes-La-Voix-libertaire-15-Mars-1930-numero-15.png?ssl=1" alt="" class="wp-image-14680"/></figure>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>La Voix libertaire, 15 Mars 1930, numéro 15</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne sais si beaucoup de travailleurs ont remarqué, comme moi, la faiblesse des réalisations obtenues par les syndicats. Je suis arrivée à me demander si, au lieu de l’action menée jusqu’à maintenant par les syndicats révolutionnaires, il n’y aurait pas un chemin tout différent à prendre afin de réaliser quelque chose de plus concret et qui réponde mieux à nos conceptions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jusqu’à présent, les ouvriers n’ont pas obtenu grand-chose avec leur manière d’agir qu’ils tiennent pourtant comme le meilleur de leur pouvoir, comme le plus grand de leurs moyens de lutte contre l’exploiteur : la grève.</p>



<p class="wp-block-paragraph">S’ils ont réalisé quelque chose un jour, cela leur est repris le lendemain, nous l’avons vu pour la fameuse journée de 7 heures chez les mineurs d’Angleterre – qui compte cependant un si grand nombre de chômeurs – qu’ils ne purent même pas conserver malgré leur longue persistance dans la grève ; nous l’avons vu pour les travailleurs de l’industrie cotonnière où, cette fois, il était question de la diminution des salaires. En France, nous pouvons compter les rares grèves qui obtiennent des résultats satisfaisants&nbsp;! Les capitalistes qui sont à la tête de ces industries paraissent très fermement décidés à se montrer inflexibles. Ils en ont le pouvoir puisqu’ils trouvent des esclaves pour les servir et les défendre contre les travailleurs plus évolués.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Que peuvent faire les travailleurs actuellement dans les pays capitalistes comme l’Allemagne, la France, l’Italie, l’Amérique, etc.… où la police est de plus en plus renforcée, de mieux en mieux armée – n’a-t-elle pas à présent l’aviation à sa disposition ? – où, le port d’armes étant prohibé, l’ouvrier se trouve en état d’infériorité évidente contre une bande d’apaches officiels, armée et organisée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Contrairement à la principale tactique des CGT qui n’est actuellement mise en pratique que par les syndicats révolutionnaires, et qui consiste chez tous, jusqu’à présent, d’employer la grève et seulement la grève – ce qui a mené à fort peu de choses : le meilleur des régimes capitalistes,<strong>&nbsp;avec sa discipline</strong>, n’étant pas ce que nous voulons, mais ce que nous repousserons toujours avec autant d’opiniâtreté – pourquoi luttons-nous à la manière des communistes qui, étant soi-disant contre la guerre, contre l’armée nationaliste, revendiquent d’un autre côté, l’amélioration du sort du soldat et du réserviste, l’adoucissement de la discipline, etc… ? Voulons-nous, oui ou non de la discipline ? Non, la discipline la plus douce, le collier le plus délicat, nous ne le voulons pas. De même nous repoussons de toutes nos forces le régime d’oppression et de tyrannie qui est la conséquence du capitalisme et ne voulons pas travailler à son adoucissement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourquoi chercher des améliorations de salaires par les grèves puisque nous ne voulons pas de salaire ? Pourquoi revendiquer la journée de 8 heures ou même de 6 heures, puisque nous ne voulons pas, au fond de nous-mêmes, d’une journée salariée par le capitaliste. Ah&nbsp;! oui, beaucoup croient, par ces revendications, amener leurs frères de travail à des idées un peu plus avancées, les « entrainer » à la révolution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne crois pas que les hommes soient, en général, capables de lutter encore avec foi et enthousiasme lorsqu’ils ont atteint à un minimum de confort ; il n’y a que des exceptions, et la gloire en est aux anarchistes, aux vrais êtres assez généreux pour ne pas s’en tenir à leur propre vie et ne pas se contenter de la satisfaction de jouissances immédiates qui est dans chaque être humain, et qui veulent négliger leur quiétude personnelle afin de continuer leur combat pour l’émancipation des travailleurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous ne voulons pas de rêves, de belles phrases, de luttes même, qui ne conduisent pas à notre but. Notre but, ce devrait être de vouloir réaliser quelque chose de concret, tout de suite. Nous savons tous que, pour réaliser, il est une force, la plus puissante actuellement :&nbsp;<strong>l’argent</strong>. Voilà un mot qui fait peur à beaucoup ! Cela se comprend car à quelles saletés, à quelles compromissions conduit l’argent lorsqu’il est touché par des gens sans scrupules et sans le véritable esprit anarchiste ! Nous ne voulons pas de l’argent dans notre société future, c’est pourquoi beaucoup croient bon d’en faire fi actuellement. Mais, chers camarades qui pensez ainsi, avec quoi voulez-vous donc lutter aujourd’hui contre le gouvernement si bien armé, défendant un capitalisme dont les puissantes ramifications se prolongent dans le monde entier ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les armes, vous n’y avez pas droit, l’argent, vous le méprisez, les grèves, ce n’est, comme je l’ai dit précédemment, qu’une illusion, on les laisse faire tant qu’elles ne font pas peur, mais le jour où elles s’étendent un peu trop, on a recours à cette création d’après-guerre, les gardes-mobiles, pour les mâter, et si l’ouvrier y gagne quelque peu et quelquefois l’augmentation du coût de la vie, suit l’augmentation des salaires. Bientôt même, nous verrons ce droit supprimé, les faits qui se sont passés récemment en France (1<sup>er</sup>&nbsp;août) nous poussent à penser cela.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les grèves ne nous conduiront pas au but que nous cherchons, cependant, je ne voudrais pas que l’on interprète mal ma pensée, car je ne suis pas contre l’esprit de grève, mais je prétends que ce ne doit pas être notre unique et première préoccupation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ah ! la grève générale lors de la guerre ! Ce serait beau ! Mais c’est une illusion. Nous connaissons les bourrages de crânes faits par tous les journaux sans exception au moment d’une guerre. Alors, on évoque les motifs de « défense nationale », ou bien, lorsque c’est pour s’accaparer un morceau de terrain en Afrique ou en Asie c’est pour « civiliser des peuples barbares&nbsp;», «&nbsp;leur faire connaître le progrès et leur faire profiter de nos inventions&nbsp;». II y a toujours un motif et un motif qui semble beau à ceux qui ne voient pas profondément, car les journaux bien rétribués (l’argent ! …) par ceux-là mêmes qui ont un intérêt personnel à vouloir la guerre, savent chanter sur le ton le plus dithyrambique afin d’attirer les foules par leurs plus beaux sentiments.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors, on marche, et ceux qui ne veulent pas, ou bien sont entraînés malgré eux par les autres, ou bien y sont contraints par 1a violence. C’est un bel espoir qu’ont toujours eu les révolutionnaires que cette grève générale. Ce serait aussi le mien si cela ne me paraissait pas irréalisable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">N’est-il pas une réalisation de première importance contre la guerre ? boycotter tout travail qui sert à la guerre. De celui-là, on ne s’en sert pas actuellement, comment emploierait-on l’autre dans un moment où l’on courrait alors un danger de mort ! Dans tout métier nous travaillons pour la guerre : plus ou moins directement, nous travaillons aux poudres et aux munitions que l’on emploiera dans la prochaine guerre ou contre nous le cas échéant si nous mêlons un jour des gestes de courage à notre affranchissement : nous nourrissons, habillons, le bourreau qui bientôt abattra l’un des nôtres parce qu’il se refusera de tirer, nous entretenons grassement le policier en attendant qu’il se jette sur nous le jour où nous crierons trop fort notre soif de pain, de bien-être et de liberté pour tous. Travailler, même 6 heures pour tout cela, non, ce n’est pas ce que nous devons vouloir, cela me paraît une fausse route. On dit : « Ce sont des revendications immédiates, mais qui n’enlèvent rien à notre idéal&nbsp;» Pour moi, il me semble qu’on oublie trop souvent l’idéal, et puis, prenons des exemples, ne voyons-nous pas dans les établissements où les salaires sont un peu plus élevés, les travailleurs se trouver ainsi contents de leur sort et délaisser la lutte. C’est presque fatal. L’ouvrier ou l’employé prend alors la tournure d’un valet. Le syndicat révolutionnaire disparu bientôt, le maître dirige les consciences par un syndicat couleur patronale. Ainsi chez Ford en Amérique et chez tous ceux qui essayent de s’inspirer de lui. Nous pouvons remarquer cela également en France dans les compagnies ou banques d’origine américaine, par exemple, où les employés tant mieux rétribués, font leurs petits-bourgeois et, en toute occasion, soutiennent le patronat et se prosternent devant lui. Ils n’ont qu’une ambition, celle de singer leurs maîtres, les riches&nbsp;; ils n’ont, comme but dans la vie, que la réalisation de leur confort autant qu’il leur est possible de le faire et perdent le goût de ce qu’il y a de plus beau au monde : la liberté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À mon sens, la vraie réalisation, nous pouvons l’obtenir tout de suite en groupant nos efforts et en essayant de former des coopératives dans les villes et des colonies dans les campagnes. Arriver à ne plus travailler pour d’autres que pour nous-mêmes, ne plus produire pour les guerres, ne plus avoir d’aliments falsifiés mais seulement des produits que nous aurons fabriqués nous-mêmes et cela le plus vite possible, voilà, présentement le seul idéal économique, pour des syndicalistes anarchistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors nous formerons d’abord un noyau, petite ile dans cette mer sociale, et qui ira se développant toujours et attirera vers elle de plus en plus les travailleurs qui seront touchés par la meilleure des propagandes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Marguerite SEPSA</em></strong></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h3 class="wp-block-heading">« La révolution sera anarchique ou ne sera pas »</h3>



<h4 class="wp-block-heading">Le Libertaire, 26 juillet 1930</h4>



<p class="wp-block-paragraph">« La révolution sera anarchique ou ne sera pas » :&nbsp; je reprends une phrase relevée par Malatesta dans son article sur « Les anarchistes aujourd’hui », paru dans le&nbsp;<em>Libertaire</em>&nbsp;du 5 juillet. Je crois que ce n’est pas une phrase qui ne signifie rien ou qui exprime une sottise.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, il ne peut en être autrement. Si la révolution est internationale, c’est alors que les États seront détruits ainsi que les armées ; les frontières n’existeront plus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">N’aurons-nous déjà pas atteint un stade anarchique lorsque nous aurons détruit : patries, capitalisme, armées et frontières ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette révolution-là, et selon ce que je crois, il ne s’agit que de celle-là lorsque les camarades prononcent cette phrase, cette révolution n’a encore jamais existé. Il y eut des révolutions ; il n’y a pas encore eu « la révolution sociale ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne faut pas compter faire l’éducation des masses avant la révolution, évidemment, comme le dit Malatesta ; combien de siècles cela demandera-t-il, et même y parviendrons-nous ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais alors, si après une révolution partielle se forme un nouveau gouvernement, alors il nous faudra combattre encore le gouvernement institué par le peuple révolutionnaire et nous serons toujours en perpétuel combat et dans ce cas, nous ferons acte d’autorité si nous employons la violence pour imposer nos conceptions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, ayant un tempérament anarchiste, nous ne pourrions pas obéir à ce gouvernement, nous lui refuserions notre concours soit pour l’impôt, soit pour le service militaire. Les exemples et les simples conseils suffiraient-ils alors à convaincre la masse que nous avons raison et qu’en effet, l’on peut fort bien se passer d’autorité, que cela n’en vaut que mieux ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et alors, avons-nous besoin d’attendre ce moment pour préparer l’anarchie ? Non, nous pouvons déjà dès maintenant, travailler à la grande révolution sociale par plus d’internationalisme. L’espéranto est une aide précieuse, servons-nous-en. Correspondons davantage avec les camarades des autres pays, mettons-nous le plus possible en rapport avec eux. Il faut que la distance, les frontières ou le langage ne soient plus aucune entrave à la création de liens étroits entre les éléments des divers pays ; il faut dès maintenant travailler à la grande révolution sociale par plus d’internationalisme en aidant par tous les moyens aux soulèvements qui ont lieu dans tous les pays, même si ces soulèvements sont d’origine autre qu’anarchiste, mais VRAIMENT révolutionnaires (1) et en nous efforçant de leur donner une orientation libertaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Marguerite SEPSA.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">(1) Je ne parle pas, naturellement, des soulèvements qui ont lieu en Allemagne et que l’on traite de « révolutionnaires » émeutes causées par les racistes en Allemagne, en Autriche ou ailleurs.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h3 class="wp-block-heading">Religions, sciences, liberté</h3>



<h4 class="wp-block-heading">Le Libertaire, 2 août 1930</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Jusqu’à maintenant, les religions ont joué un rôle particulièrement grand dans les sociétés ; il y eut, selon moi, des influences particulières à telles ou telles religions, on peut dire qu’il y en eut vraiment peu de bonnes ; à mon avis, les religions ont toutes une influence néfaste sur les cerveaux et cette question ne me laisse pas seulement indifférente, mais au contraire me passionne énormément et m’incite à lutter toujours davantage contre un des plus intraitables fléaux que subit encore malheureusement de nos jours l’humanité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La société meilleure que nous rêvons ne sera jamais réalisée tant que l’esprit d’autorité et de mysticisme des religions n’aura pas disparu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je n’énumérerai pas les crimes que les religions ont commis, aidé à commettre ou ceux qu’elles n’ont pas empêchés, malgré le pouvoir qu’elles en avaient, si elles avaient voulu en toute logique se conformer à leurs principes fondamentaux. Car toutes possèdent quelques principes de moralité qu’elles ne respectent pas, malheureusement, les interprétants toujours dans un sens contraire à la vraie humanité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne voudrais envisager les religions qu’au point de vue du mysticisme qui est à leur base.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout mysticisme mérite notre mépris, quel qu’il soit : adoration d’un Jésus, d’un Lénine ou d’un Jaurès, ou bien adoration de l’inconnu, tous sentiments de l’homme poussés à l’exagération, lui enlevant tout contrôle de lui-même, lui faisant perdre toute vraie notion de la réalité. Le mysticisme abrutit l’homme, l’habitude à ne pas penser par lui-même, mais toujours suivant des données établies ; il empêche de se développer en lui l’esprit critique qui fait les vrais « hommes ». Le mysticisme prosterne l’homme devant une morale toute faite, le force à accepter ce qu’il n’a pas contrôlé, lui défend de juger d’une chose suivant son tempérament et en toute conscience, empêche son esprit critique de se développer. C’est pourtant l’esprit critique qui fait les vrais « hommes ». Nous voyons les Européens s’agenouiller devant des ostensoirs et des statues, effigies de leur dieu; nous voyons les peuples primitifs se prosterner devant des images de bois ou de pierre ; nous en voyons d’autres se prosterner humblement devant le soleil, ce qui est une chose que je comprends encore mieux, car, à choisir entre tous ces divers objets, et même le dieu éthéré des théosophes, c’est encore le soleil qui bénéficierait de ma plus grande sympathie : lorsque je pense à tous ses bienfaits, à la douce chaleur qui nous pénètre, lorsqu’il nous illumine de ses rayons, aux champs de blé doré qui réjouissent nos yeux, alors, j’avoue que ceux qui l’adorent sont les plus logiques, surtout s’ils savent goûter tous ses bienfaits et lui rendent hommage pour cela.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, aimer le soleil qui nous éclaire, aimer la belle nature qui nous entoure, s’enthousiasmer devant certaines magnifiques nuits étoilées, ce n’est cependant pas être mystique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La folie du mysticisme, la folie des religions, c’est d’empêcher l’être humain de s’appartenir et de voir les choses avec sang-froid, c’est la maladie de vouloir tout convertir autour de soi avec tant d’acharnement et d’autorité que l’on va jusqu’à employer les méthodes les plus cruelles pour arriver à ses fins. Et si cela n’a pas lieu maintenant dans nos pays, c’est parce que la force manque à ces institutions, c’est parce qu’elles sont déjà sapées par l’esprit de libération qui s’empare des humains avec l’évolution. C’est aux ensoutanés, maintenant à se plaindre des soi-disant brimades qu’on leur fait subir aux pays des Soviets, ils devraient se taire s’ils avaient la conscience de se rappeler les tortures qu’ils ont infligées aux incroyants du temps de l’Inquisition.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Qu’on les laisse prendre un peu plus pied dans la vie sociale, qu’on les laisse reprendre petit à petit l’emprise qu’elles y ont perdue, alors nos yeux pourront pleurer devant les souffrances qu’elles répandront pour faire plier les êtres humains sous leur joug. Ne nous laissons pas rendre indifférents par l’état de relative faiblesse où les religions se trouvent aujourd’hui, le monstre est prêt à renaître à chaque moment ; il ne veut pas mourir !</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les religions ont empêché les sciences de se développer ; elles ont été une grande barrière au progrès ; c’est peut-être grâce à des hommes comme Rabelais ou Voltaire que nous pouvons aujourd’hui penser librement ; grâce à des hommes comme eux et aidée de sa propre force, la science a triomphé ; devant la Vérité les religions n’ont pu que s’incliner ; elles ont été entraînées malgré elles sur la route du progrès qui monte toujours. C’est là que l’on peut voir combien la religion est contraire aux lois naturelles de la vie, puisque celle-ci suit toujours sa course vers le progrès, nous entraînant toujours vers un stade de plus en plus évolué, tandis que celle-là, se reportant toujours aux Écritures, est stable par nature et a horreur du progrès.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est pourquoi la religion empêche aux fidèles d’approfondir les mystères. Le mystère est pour elle son plus grand atout, il attire les foules, laissées exprès dans l’ignorance. La foule est une grande enfant ; elle aime le mystère et le ritualisme et c’est cela que nous devons combattre en elle en l’éduquant. Nous disons que le mystère et le rite sont des choses que l’on doit fuir comme la peste. L’homme doit chercher à approfondir tout le connaissable et abandonner l’inconnaissable. L’inconnaissable est du domaine des poètes et des artistes ; on ne peut utilement s’en servir que dans l’art. Servons-nous de lui, mais ne le servons pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On peut le dire, si l’esprit d’autorité, de ritualisme et de mysticisme disparaissait de la société, alors le monde serait peut-être prêt à réaliser ce que nous rêvons, car je crois qu’ici, quelques idées que nous ayons, nous aspirons tous à la réalisation d’une société où règne enfin la justice.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’éducation religieuse rend l’enfant hypocrite en lui cachant des vérités élémentaires qu’elle considère comme immorales. Elle met de l’immoralité dans tout, elle apprend à considérer l’acte charnel comme une chose odieuse. Déjà, dès le début, en nous enseignant que Marie fut mère tout en restant vierge, ce qui fausse déjà stupidement l’esprit logique des enfants, on leur apprend à connaître le mensonge. Elle met du mal dans les actes les plus naturels et peut-être les meilleurs. Par cela, elle déprave l’être humain au lieu de le laisser s’épanouir harmonieusement dans un bonheur sain et normal. Elle transforme la plupart de ses prêtres en sadiques et fait des autres des malheureux en brimant le plus violent de leurs instincts, l’instinct sexuel. Elle fait des femmes de vieilles bigotes médisantes et acariâtres, tout cela par sa moralité sexuelle. Enfin, ne laisse comme refuge aux humains torturés par leur sexe que l’hypocrisie de la masturbation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les religions ont en horreur la liberté ; ce que l’être humain, même le plus ignorant et le moins évolué apprécie le plus au monde c’est la liberté. C’est pourquoi je pense que les hommes ne pourront vraiment être heureux que lorsqu’ils auront pu enfin se dégager du joug de cette vieille sorcière vénale qu’est la religion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À bas la religion ! À bas l’esprit religieux !</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Marguerite SEPSA.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Textes tirés de la Brochure «&nbsp;Marguerite ASPÈS : Anarchosyndicaliste, espérantiste,anti-colonialiste, féministesans concession des années 1930&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Source :<a href="https://cnt-ait.info/2026/03/07/textes-politiques-aspes/" data-type="link" data-id="https://cnt-ait.info/2026/03/07/textes-politiques-aspes/" target="_blank" rel="noopener"> CNT -AIT </a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>8-a de marto: tago de ŝtata feminismo</title>
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		<dc:creator><![CDATA[mujereslibres]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 08 Mar 2026 11:27:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Anti libéralisme économique]]></category>
		<category><![CDATA[Contre le système patriarcal ..capitaliste ...étatique]]></category>
		<category><![CDATA[8 mars]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Al ĉiuj virinoj en lukto, vivu la fino de la patriarkeco. Kiel ĉiujare, ni estas reduktitaj al unu sola tago, kiu transformas la lukton en festadon de la akcepto de la patriarkeco. Oni diros: “Kion vi diras? Tio estas tago de lukto kontraŭ la patriarkeco.” Sed multaj kredas batali, dum fakte tiu tago servas ĉefe [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Al ĉiuj virinoj en lukto, vivu la fino de la patriarkeco.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Kiel ĉiujare, ni estas reduktitaj al unu sola tago, kiu transformas la lukton en festadon de la akcepto de la patriarkeco.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Oni diros: “Kion vi diras? Tio estas tago de lukto kontraŭ la patriarkeco.”</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sed multaj kredas batali, dum fakte tiu tago servas ĉefe por festi ĝian akcepton en socio kie la genro virino estas reduktita al varo destinita por kontentigi la genron viro.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Oni disdonas florojn, promociojn kaj ĝentilajn paroladojn. Entreprenoj faras “feminismajn” reklamojn por vendi siajn produktojn. Dume la patriarkeco daŭras ĝuste kiel antaŭe. La genro virino restas marĝenigita, la perfortoj daŭras, kaj la sociaj roloj restas trudataj.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Simbola tago por trankviligi la konsciencojn, dum la aliaj 364 tagoj la patriarka dominado restas la normo. La socio eĉ transformas la kritikon en produkton: feminismo fariĝas merkatado, bildo, slogano.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La problemo de tiu tago estas ankaŭ ke ĝi forgesigas, ke feminismo sen klasa lukto kaj sen la perspektivo renversi kapitalismon kaj la ŝtaton fariĝas kontraŭfeminismo, ĉar ĝi rifuzas ataki la materialajn bazojn de la patriarkeco.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Feminismo kiu perdiĝas en postmoderna identisma logiko kaj kiu glorigas la ŝtaton nur deturnas la lukton de ĝia reala celo, reproduktante la strukturojn de dominado.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La sistemo transformas konstantan lukton en sendanĝeran riton: unu tago por paroli, poste silento; unu tago por denunci surface, poste reveno al la socia ordo.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Liberiĝo ne venos el instituciaj festadoj. Ĝi venos kiam la genraj normoj estos aboliciitaj per socia revolucio kiu abolicios la ŝtaton kaj la kapitalon, finante la masklisman socian reproduktadon kaj malfermante la vojon al libera amo kaj al la fino de la geedziĝo kiel institucio.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mi omaĝas la figurojn de feminismo kiuj luktis dum sia tuta vivo kontraŭ la patriarkeco, la ŝtato kaj la kapitalismo. Hodiaŭ tiuj kamaradinoj sendube farus la saman konstaton: Emma Goldman, Voltairine de Cleyre, Lucía Sánchez Saornil, Lola Iturbe, Sara Berenguer.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vivu Mujeres Libres!</strong><br><strong>Vivu la socia revolucio!</strong></p>
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