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	<title>Education libertaire &#8211; Mujereslibres</title>
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	<title>Education libertaire &#8211; Mujereslibres</title>
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		<title>La question du féminisme</title>
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		<dc:creator><![CDATA[mujereslibres]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Dec 2025 18:22:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Amour libre]]></category>
		<category><![CDATA[Anti libéralisme économique]]></category>
		<category><![CDATA[C'est quoi l’anarchie ?]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Lucia Sanchez Saornil Il ne suffit pas de dire&#160;: «&#160;Nous devons cibler les femmes à travers notre propagande et les attirer dans nos rangs.” Nous devons aller plus loin , beaucoup plus loin que cela. La grande majorité des camarades masculins — à l’exception d’une demie douzaine d’entre eux bien pensants — ont l’esprit infecté [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Lucia Sanchez Saornil</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne suffit pas de dire&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Nous devons cibler les femmes à travers notre propagande et les attirer dans nos rangs.”</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Nous devons aller plus loin , beaucoup plus loin que cela. La grande majorité des camarades masculins — à l’exception d’une demie douzaine d’entre eux bien pensants — ont l’esprit infecté par les idées reçues bourgeoises les plus courantes. Même si ils pestent contre la propriété, ils ont foncièrement l’esprit de propriété. Même si ils fulminent contre l’esclavage, ils sont les plus cruels des «&nbsp;maîtres ». Même si ils déversent leur fureur contre le monopole, ils sont les monopolistes les plus purs et durs. Et tout cela provient de l’idée la plus fausse que l’humanité ait jamais réussi à concevoir. La prétendue «&nbsp;infériorité de la femme ». Une idée erronée qui est susceptible d’avoir retardé l’évolution de la civilisation pendant des siècles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’esclave le plus modeste, une fois franchi le seuil de sa maison, devient seigneur et maître. Son moindre caprice devient un ordre catégorique pour les femmes de son foyer. Lui qui, dix minutes plus tôt seulement, devait avaler la pilule amère de l’humiliation bourgeoise, se dresse comme un tyran et fait avaler à ces malheureuses créatures l’amère pilule de leur prétendue infériorité&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">De temps à autre, j’ai eu l’occasion d’engager la conversation avec un camarade masculin qui m’était apparue comme plutôt sensible et que j’avais entendu souligner le besoin d’une présence féminine dans notre mouvement. Un jour, il y avait une conférence au Centre et je lui ai demandé&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Et ta partenaire&nbsp;? Comment se fait-il qu’elle n’assiste pas à la conférence&nbsp;?&nbsp;»</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Sa réponse me laissa sans voix.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Elle a assez à faire en s’occupant de mes enfants et de moi.&nbsp;»</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">En une autre occasion, j’étais dans les couloirs du tribunal. J’étais en compagnie d’un camarade qui détenait un poste de responsabilités. D’une des pièces est sortie une avocate, peut-être celle d’un prolétaire. Mon compagnon lui jeta un long regard oblique et marmonna, un sourire narquois aux lèvres&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;J’enverrais balader des gens de cette sorte.&nbsp;»</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Ces deux épisodes, en apparence si banale, en disent long sur une triste réalité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avant tout, ils nous disent que nous avons négligé quelque chose de très important&nbsp;: que, pendant que nous concentrions toute nos énergies dans le travail d’agitation, nous négligions l’aspect éducatif. Que notre propagande destinée à recruter des femmes ne devrait pas être dirigée vers les femmes mais vers nos camarades masculins. Que nous devrions commencer par bannir de leur esprit l’idée de supériorité. Que lorsque l’on dit que tous les êtres humains sont égaux, les «&nbsp;êtres humains&nbsp;» comprennent aussi les femmes, même si elles sont jusqu’au cou dans les travaux ménagers et entourées de casseroles et d’animaux domestiques. On doit leur dire que les femmes possèdent un intellect comme le leur et une vive sensibilité et une folle envie de progrès&nbsp;; qu’avant de mettre de l’ordre dans la société, ils devraient le faire dans leurs propres foyers&nbsp;; que ce qu’ils rêvent pour le futur — l’égalité et la justice — ils devraient le pratiquer ici et maintenant envers les membres de leurs propres familles&nbsp;; qu’il est absurde de demander à une femme de comprendre les problèmes auxquels est confrontée l’humanité si il ne l’autorise pas d’abord à regarder en elle-même, si il ne s’assure pas que la femme avec qui il partage sa vie est consciente de son individualité, si, en clair, il ne lui accorde pas avant tout le statut d’individu&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe de nombreux camarades masculins qui souhaitent honnêtement voir les femmes apporter leur pierre à la lutte&nbsp;; mais ce désir ne provoque aucun changement dans leurs idées sur les femmes&nbsp;; ils cherchent leur coopération comme un moyen d’envisager la perspective de la victoire, comme une contribution stratégique, en fait, sans s’accorder un moment pour penser à l’autonomie des femmes ou sans cesser de se considérer comme le centre de l’univers&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une certaine réunion syndicale de propagande, à laquelle je participais, est gravée dans ma mémoire. Elle avait lieu dans une petite ville de province. Avant que ne commence la réunion, j’avais été accostée par un camarade, un membre du plus important comité local&#8230; A travers son enthousiasme débordant au sujet de la «&nbsp;vocation sublime&nbsp;» de la femme, se distinguait, clair et précis, l’argument brut avancé par Oken — qu’il ne connaissait sans doute pas, mais avec qui il était relié par le lien invisible de l’atavisme&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;La femme ne représente que le moyen, et non la fin de la nature. La nature n’a qu’une fin, qu’un objet&nbsp;: l’homme.&nbsp;»</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">&#8230;Il se plaignait au sujet de quelque chose qui était, autant que je pouvais le constater, les principaux motifs de satisfaction&nbsp;: Que les femmes avaient rompu avec la tradition qui les avait faite dépendante de l’homme et qu’elles intégraient le monde du travail à la recherche d’une indépendance économique. Cela le désolait et me réjouissait parce que je savais que le contact avec la rue et une activité sociale entraînerait un stimulus qui, ensuite, éveillerait la conscience de son individualité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa récrimination avait été la récrimination universelle il y a quelques années de cela lorsque les femmes ont d’abord quitté la maison pour l’usine et l’atelier. Peut-on en déduire que cela a causé du tort à la cause du prolétariat&nbsp;? L’intégration des femmes à la force de travail, coïncidant avec l’introduction de la machine dans l’industrie, a seulement intensifié la concurrence parmi la main d’œuvre et a conduit à une baisse sensible des salaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si l’on s’en tient à une vision superficielle, nous pourrions dire que les travailleurs masculins avaient raison. Mais si nous voulions creuser un peu et explorer le fond de la question, nous découvririons que l’issue aurait pu être très différente si les travailleurs ne s’étaient pas laissés égarer par leur hostilité envers les femmes, basée sur quelque prétendue infériorité féminine&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le combat a été mené sur la base de cette prétendue infériorité, des taux de salaire inférieurs ont été tolérés et les femmes exclues des organisations de classe au motif que le travail salarié n’était pas la vocation de la femme et, c’est sur cette base que s’est construite une compétition déloyale entre les sexes. L’idée de la femme, comme surveillante de la machine, s’accordait bien avec l’idée que l’on se faisait de l’esprit féminin à l’époque et donc, ils commencèrent à employer des femmes qui, convaincues de l’idée colportée à travers les âges qu’elles étaient inférieures, n’ont pas tenté de fixer des limites aux abus capitalistes. Les hommes se sont trouvés relégués aux tâches les plus dures et les plus spécialisées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si, au lieu de se comporter ainsi, les ouvriers avaient fait un peu de place aux femmes, en les encourageant et en les mettant sur le même niveau qu’eux, en les acceptant dès le début dans les organisations de classe, imposant aux patrons des conditions égales pour les deux sexes, le résultat aurait été radicalement différent. Dans un premier temps, leur supériorité physique leur aurait donné la priorité face à un employeur, puisqu’il lui aurait coûté la même chose d’employer une personne plus faible qu’une forte, et pour les femmes, leur désir d’évolution aurait été éveillé et, unies aux hommes dans les organisations de classe, ensemble, ils auraient pu faire de plus grands et rapides progrès sur le chemin de la libération&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">A l’heure actuelle, la théorie de l’infériorité intellectuelle des femmes a été rendue obsolète&nbsp;; un nombre important de femmes de toutes conditions sociales a fourni des preuves concrètes de la fausseté de ce dogme, disons, en démontrant l’excellent niveau de leurs talents dans tous les domaines de l’activité humaine&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais, alors que la route semblait se dégager, un nouveau dogme — cette fois avec un semblant de fondement scientifique — se dresse sur le chemin des femmes et érige de nouveaux remparts contre le progrès&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">A la place du dogme de l’infériorité intellectuelle, nous avons maintenant celui de la différenciation sexuelle. Le point controversé n’est plus, comme il l’était un siècle auparavant, de savoir si la femme est supérieure ou inférieure&nbsp;; l’argument est qu’elle est différente. Il ne s’agit plus d’une question d’un cerveau plus ou moins lourd ou d’un volume plus ou moins grand mais plutôt d’organes spongieux, appelés glandes sécrétoires, qui attribuent un caractère spécifique à l’enfant, déterminant son sexe et, par conséquent, son rôle dans la société&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’après la théorie de la différentiation, la femme n’est ni plus ni moins qu’un utérus tyrannique dont les influences néfastes se font sentir jusque dans les coins les plus reculés du cerveau&nbsp;; toute la vie psychique de la femme obéit à un processus biologique qui n’est que le processus de la gestation&#8230; La science a bidouillé les termes sans toucher à l’essence de cet axiome&nbsp;: «&nbsp;Naissance, gestation et mort.&nbsp;» La seule et unique perspective féministe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Manifestement, on a tenté de formuler cette conclusion en l’enrobant d’éloges. On nous dit&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;La vocation de la femme est la plus élaborée et la plus sublime que la nature puisse offrir&nbsp;; elle est la mère, la guide, l’éducatrice de l’humanité du futur.&nbsp;»</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le sens en est de diriger chacun de ses mouvements, sa vie entière, toute son éducation, vers ce seul objectif&nbsp;: le seul en cohérent avec sa nature, semble-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons donc maintenant les notions de féminité et de maternité réunies à nouveau. Parce qu’il apparaît que les sages n’ont pas trouvé un terrain d’entente&nbsp;; à travers les âges, l’usage a été une éloge mystique de la maternité&nbsp;; jusqu’ici, les louanges étaient réservées à la mère prolifique, celle qui donnait naissance aux héros, aux saints, aux rédempteurs ou aux tyrans&nbsp;; à partir de maintenant, elles seront réservées à la mère eugénique, la conceptrice, la femme enceinte, la mère biologique immaculée&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai dit que nous avions les notions de féminité et de maternité réunies, mais j’avais tort&nbsp;; nous avons d’ores et déjà quelque chose de pire&nbsp;: la notion de maternité éclipsant celle de féminité, la fonction annihilant l’individu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On pourrait dire que, à travers les différentes époques, le monde masculin a oscillé, dans ses rapports avec les femmes, entre les deux notions extrêmes de la putain et de la mère, entre l’abject et le sublime, sans s’arrêter à l’aspect strictement humain&nbsp;: la femme. La femme en tant que individu, rationnelle, douée de pensée, autonome&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La mère est le produit de la réaction masculine brutale contre la putain, qu’il voit en chaque femme. C’est la déification de l’utérus qui l’a hébergé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais — et ne soyons pas scandalisés, parce que nous sommes entre anarchistes et notre engagement fondamental est d’appeler les choses par leur nom et de mettre à bas les idées erronées, aussi prestigieuses soient-elles — la mère comme atout pour la société n’a donc été que la manifestation d’un instinct, un instinct tout ce qu’il y a de plus virulent parce que la vie de la femme y a été réduit pendant des années&nbsp;; mais un instinct, malgré tout, à l’exception de quelques femmes supérieures qui ont acquis le statut de sentiment.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La femme, au contraire, est un individu, une créature pensante, une entité plus complexe. En se focalisant sur la mère, on on cherche à bannir la femme alors que l’on pourrait avoir la femme et la mère, parce que la féminité n’exclut jamais la maternité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vous regardez de haut la femme comme une facteur déterminatif de la société, lui assignant le statut de facteur passif. Vous regardez de haut la contribution directe d’une femme intelligente, lui préférant celle peut-être inepte d’un homme. Je le répète&nbsp;: nous devons appeler les choses par leurs noms. Les femmes sont des femmes avant tout. C’est seulement si elles sont des femmes que vous aurez les mères dont vous avez besoin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que je trouve choquant, c’est que des camarades masculins, qui se définissent comme anarchistes, peut-être éblouis par le principe scientifique sur lequel le nouveau dogme prétend reposer, sont capables de le défendre. A leur vue, je suis assaillie par ce doute&nbsp;: si ils sont anarchistes, ils ne peuvent pas être sérieux, et si ils sont sérieux, ils ne peuvent pas être anarchistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon la théorie de la différentiation, la mère est l’équivalent de l’ouvrier. Pour un anarchiste, un ouvrier est avant tout un homme, et avant tout, la mère devrait être une femme. (Je parle au sens générique). Parce que, pour un anarchiste, l’individu vient avant tout&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela est peut-être regrettable mais les campagne pour une plus grande liberté sexuelle n’ont pas toujours été correctement comprises par nos jeunes camarades masculins, et, en de nombreuses occasions, ils ont attiré dans nos rangs un grand nombres de jeunes des deux sexes, qui se désintéressent totalement des questions sociales, et qui sont juste à l’affût d’aventures amoureuses. Il y en a certains qui ont interprété la liberté comme une invitation à l’excès et qui regarde chaque femme qui passe comme une cible pour leurs appétits&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans nos centres, rarement fréquentés par les jeunes femmes, j’ai remarqué que les conversations entre les sexes ne tournent jamais autour d’une question, encore moins d’un sujet lié au travail&nbsp;; du moment où un jeune rencontre quelqu’un du sexe opposé, la question sexuelle les ensorcelle et l’amour libre semble être le seul sujet de conversation. Et j’ai constaté deux types de réponses féminines à cela. L’une, reddition instantanée à la suggestion&nbsp;; dans ce cas, il ne faut pas longtemps pour que la femme se retrouve le jouet des caprices masculins et perde complètement toute conscience sociale. L’autre est le désenchantement&nbsp;: de sorte que la femme qui est arrivée avec des ambitions et des aspirations élevées, s’éloigne, désappointée et finit par quitter nos rangs. Seules, quelques femmes de caractère, qui ont appris à mesurer la valeur des choses par elles-mêmes, parviennent à surmonter cela.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quant à la réponse des hommes, elle est toujours la même, malgré son éducation sexuelle tant vantée, et cela est évident lorsque, dans ses différents démêlés amoureux avec la femme qu’il considère comme une «&nbsp;camarade », la figure du Don Juan se transforme en Othello, et la femme — sinon le couple — est perdue pour le mouvement&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mon opinion réfléchie, en définitif, est que la résolution de ce problème dépend uniquement de celle de la question économique. De la révolution. Et de rien d’autre. Tout autre chose signifierait nommer le même vieil esclavage par un nouveau nom.</p>
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		<title>La cuestión del feminismo</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Dec 2025 18:20:25 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Lucia Sanchez Saornil Lucía Sánchez Saornil (1895–1970) fue una poeta, escritora y feminista anarquista española. Militó en la CNT, pero fue crítica con las actitudes sexistas de muchos anarquistas españoles. Ayudó a fundar el grupo feminista anarquista Mujeres Libres en abril de 1936, una organización confederal de mujeres anarquistas españolas que desempeñó un papel importante [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Lucia Sanchez Saornil</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lucía Sánchez Saornil (1895–1970) fue una poeta, escritora y feminista anarquista española. Militó en la CNT, pero fue crítica con las actitudes sexistas de muchos anarquistas españoles. Ayudó a fundar el grupo feminista anarquista <strong>Mujeres Libres</strong> en abril de 1936, una organización confederal de mujeres anarquistas españolas que desempeñó un papel importante en la Revolución y la Guerra Civil españolas (1936–1939). Los siguientes fragmentos proceden de su artículo <strong>«La cuestión femenina en nuestras filas»</strong>, publicado originalmente en el periódico de la CNT <em>Solidaridad Obrera</em>, septiembre-octubre de 1935 (reimpreso en <em>Mujeres Libres. España, 1936–1939</em>, Barcelona: Tusquets, 1976, ed. Mary Nash). Traducción de Paul Sharkey.</p>



<p class="wp-block-paragraph">No basta con decir: «Hay que dirigir nuestra propaganda a las mujeres y atraerlas a nuestras filas»; hay que ir mucho más allá, muchísimo más allá. La inmensa mayoría de los compañeros —salvo media docena de bien pensantes— tiene la mente infectada por los prejuicios burgueses más típicos. Mientras arremeten contra la propiedad, son rabiosamente propietaristas. Mientras despotrican contra la esclavitud, son los más crueles “amos”. Mientras descargan su furia contra el monopolio, son los monopolistas más empedernidos. Y todo ello deriva de la noción más falsa que la humanidad haya logrado concebir jamás: la supuesta “inferioridad de la mujer”. Una idea errónea que bien puede haber retrasado la civilización durante siglos.</p>



<p class="wp-block-paragraph">El esclavo más humilde, al cruzar el umbral de su casa, se convierte en señor y amo. Su menor capricho se vuelve orden inapelable para las mujeres de su hogar. Aquel que, diez minutos antes, tenía que tragarse la amarga píldora de la humillación burguesa, se yergue como un tirano y hace tragar a esas infelices criaturas la amarga píldora de su supuesta inferioridad…</p>



<p class="wp-block-paragraph">En más de una ocasión he conversado con un compañero que me parecía bastante sensato y al que siempre había oído insistir en la necesidad de una presencia femenina en nuestro movimiento. Un día se celebraba una charla en el Centro y le pregunté:</p>



<p class="wp-block-paragraph">—¿Y tu compañera? ¿Cómo es que no vino a la charla?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Su respuesta me heló.</p>



<p class="wp-block-paragraph">—Mi compañera tiene bastante con cuidarme a mí y a mis hijos.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En otra ocasión me hallaba en los pasillos del juzgado con un compañero que ocupa un cargo de responsabilidad. De una de las salas salió una abogada, quizá defensora de algún proletario. Mi acompañante le lanzó una mirada de soslayo y murmuró, con una mueca resentida en los labios: «A las de su clase las mandaría a paseo».</p>



<p class="wp-block-paragraph">¿Cuánta tristeza encierran esos dos episodios, en apariencia tan banales?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sobre todo nos dicen que hemos pasado por alto algo de gran importancia: que mientras concentrábamos todas nuestras energías en el trabajo de agitación, descuidábamos el aspecto educativo. Que nuestra propaganda para atraer a las mujeres debería dirigirse, no a las mujeres, sino a nuestros propios compañeros. Que debemos empezar por desterrar de sus cabezas esa noción de superioridad. Que cuando se les dice que todos los seres humanos son iguales, “seres humanos” incluye también a las mujeres, aunque estén hasta el cuello de trabajo doméstico y rodeadas de cacerolas y animales. Hay que decirles que las mujeres poseen un intelecto como el suyo y una sensibilidad viva y un anhelo de superación; que antes de poner la sociedad en orden deberían poner en orden su propio hogar; que lo que sueñan para el futuro —igualdad y justicia— deben practicarlo aquí y ahora con quienes comparten su casa; que es absurdo pedir a la mujer que comprenda los problemas de la humanidad si antes no se le permite mirarse a sí misma, si él no se asegura de que la mujer con la que comparte su vida tome conciencia de su individualidad; si, en suma, no se le reconoce primero la condición de individuo…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Hay muchos compañeros que honestamente desean que la mujer aporte su esfuerzo a la lucha; pero ese deseo no nace de ningún cambio en su idea sobre la mujer; buscan su cooperación como un factor que podría augurar la victoria, como una contribución estratégica, por así decirlo, sin dedicar un instante a la autonomía femenina ni dejar de considerarse el centro del universo…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tengo grabado en la memoria un mitin sindical de propaganda en el que participé. Tuvo lugar en una pequeña ciudad de provincias. Antes de comenzar el acto se me acercó un compañero, miembro del Comité Local más importante… Tras su entusiasmo fogoso por la “sublime misión” de la mujer se traslucía, claro y preciso, el argumento tosco sostenido por Oken —con quien sin duda no estaba familiarizado, pero al que lo unía el hilo invisible del atavismo—: «La mujer no es más que el medio y no el fin de la naturaleza. La naturaleza no tiene más fin, más objeto, que el hombre».</p>



<p class="wp-block-paragraph">…Se quejaba de algo que, a mi entender, era motivo principal de satisfacción: que las mujeres hubieran roto con la tradición que las mantenía como dependientes de los hombres y hubieran salido al mercado de trabajo en busca de independencia económica. Eso le dolía y a mí me alegraba, porque sabía que el contacto con la calle y con la actividad social proporcionaría un estímulo que acabaría activando su conciencia de individualidad.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Su queja había sido la queja universal de unos años antes, cuando las mujeres abandonaron por primera vez el hogar para ir a la fábrica o al taller. ¿Podía deducirse de ello que se trataba de un daño para la causa proletaria? La incorporación de la mujer al trabajo, coincidiendo con la introducción de la maquinaria en la industria, no hizo sino agudizar la competencia laboral y, como resultado, provocar una caída apreciable de los salarios.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Desde una visión superficial diríamos que los obreros tenían razón; pero si, siempre dispuestos a ahondar en la verdad, exploramos el núcleo del problema, hallaremos que el desenlace podría haber sido muy distinto si los obreros no se hubieran dejado arrastrar por su hostilidad hacia las mujeres, basada en una supuesta inferioridad femenina.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La lucha se planteó sobre la base de esa supuesta inferioridad y se toleraron salarios más bajos y la exclusión de las mujeres de las organizaciones de clase con el argumento de que el trabajo social no era la vocación femenina; y sobre ello se edificó una competencia ilícita entre los sexos. La mujer operaria de la máquina encajaba bien con la visión simplista de la mente femenina de aquellos días y así comenzaron a emplear a mujeres que, habituadas durante siglos a la idea de su inferioridad, no intentaban poner límites a los abusos capitalistas. Los hombres se vieron relegados a las tareas más duras y a las habilidades especializadas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si, en lugar de comportarse así, los obreros hubieran ofrecido a las mujeres apoyo, despertando en ellas el estímulo y elevándolas a su mismo nivel, incorporándolas desde el inicio a las organizaciones de clase, imponiendo a los patronos condiciones iguales para ambos sexos, el resultado habría sido muy distinto. Momentáneamente, su superioridad física les habría dado ventaja en la elección del empleo, pues al empresario le costaría lo mismo contratar a una persona fuerte que a una débil; y en cuanto a la mujer, se habría despertado su deseo de superación y, unida a los hombres en las organizaciones de clase, juntos podrían haber avanzado grandes y más rápidos pasos por el camino de la liberación…</p>



<p class="wp-block-paragraph">En la actualidad, la teoría de la inferioridad intelectual de la mujer ha quedado obsoleta; un número considerable de mujeres de toda condición social ha demostrado en la práctica la falsedad de ese dogma, podríamos decir, exhibiendo la excelente calidad de sus talentos en todos los ámbitos de la actividad humana…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pero justo cuando el camino parecía despejado, un nuevo dogma —esta vez con apariencia de fundamento científico— se interpone en el camino de la mujer y levanta nuevas barreras contra su progreso…</p>



<p class="wp-block-paragraph">En lugar del dogma de la inferioridad intelectual tenemos ahora el de la diferenciación sexual. La cuestión ya no es, como hace un siglo, si la mujer es superior o inferior; se sostiene que es diferente. Ya no se trata de un cerebro más pesado o más ligero, de mayor o menor volumen, sino de órganos esponjosos llamados glándulas secretoras que imprimen un carácter específico al niño, determinando su sexo y, con ello, su papel en la sociedad…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Según la teoría de la diferenciación, la mujer no es más que un útero tiránico cuyas oscuras influencias alcanzan incluso los recovecos más profundos del cerebro; toda la vida psíquica de la mujer obedece a un proceso biológico y ese proceso biológico es, sencillamente, la gestación… La ciencia ha retocado los términos sin tocar la esencia de ese axioma: «nacer, gestar y morir». Todo y nada más que el horizonte femenino.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Evidentemente se ha intentado envolver esta conclusión en nubes doradas de elogio. «La misión de la mujer es la más culta y sublime que la naturaleza ofrece», se nos dice; «es la madre, la guía, la educadora de la humanidad futura». Mientras tanto, se habla de dirigir cada uno de sus pasos, toda su vida, toda su educación hacia ese único objetivo: el único acorde con su naturaleza, al parecer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Así volvemos a ver juntas las nociones de mujer y maternidad. Aunque me equivoqué: ya tenemos algo peor: la noción de maternidad eclipsando la de mujer, la función aniquilando al individuo.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Podría decirse que a lo largo de los siglos el mundo masculino ha oscilado, en su trato con la mujer, entre las dos nociones extremas de prostituta y madre, de lo abyecto a lo sublime, sin detenerse en lo estrictamente humano: la mujer. La mujer como individuo, como ser racional, reflexivo y autónomo…</p>



<p class="wp-block-paragraph">La madre es el producto de la reacción masculina contra la prostituta que toda mujer representa para él. Es la deificación del útero que lo albergó.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pero —y que nadie se escandalice, pues estamos entre anarquistas y nuestro compromiso esencial es llamar a las cosas por su nombre y derribar todas las ideas erróneas, por prestigiosas que sean— la madre como valor social no ha sido hasta ahora más que la manifestación de un instinto, un instinto tanto más agudo cuanto que la vida de la mujer ha girado exclusivamente en torno a él durante años; pero instinto al fin y al cabo, salvo que en algunas mujeres superiores haya adquirido la categoría de sentimiento.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La mujer, en cambio, es un individuo, un ser pensante, una entidad superior. Al centrarse en la madre se pretende desterrar a la mujer cuando podría haber mujer y madre, porque la condición de mujer nunca excluye la maternidad.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Se desprecia a la mujer como factor determinante de la sociedad, asignándole el papel de factor pasivo. Se desprecia la contribución directa de una mujer inteligente en favor de su quizá torpe descendencia masculina. Repito: hay que llamar a las cosas por su nombre. Las mujeres son mujeres antes que nada; solo siendo mujeres se tendrán las madres que se necesitan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lo que realmente me escandaliza es que compañeros que se dicen anarquistas, quizá deslumbrados por el principio científico en que el nuevo dogma pretende apoyarse, sean capaces de sostenerlo. Al verlos me asalta esta duda: si son anarquistas, no pueden ser auténticos; y si son auténticos, no son anarquistas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bajo la teoría de la diferenciación, la madre equivale al obrero. Para un anarquista, ante todo el obrero es un hombre, y ante todo la madre debe ser una mujer (hablo en sentido genérico). Porque para un anarquista, el individuo es lo primero…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lamentablemente, las campañas por una mayor libertad sexual no siempre han sido bien comprendidas por nuestros jóvenes compañeros, y en muchos casos han atraído a nuestras filas a numerosos jóvenes de ambos sexos a quienes la cuestión social les importa bien poco y que solo buscan una oportunidad para sus propias aventuras amorosas. Hay quienes han entendido esa libertad como una invitación al desenfreno y miran a cada mujer que pasa como un objetivo para su apetito…</p>



<p class="wp-block-paragraph">En nuestros centros, raramente frecuentados por mujeres jóvenes, he observado que las conversaciones entre los sexos rara vez giran en torno a una cuestión, y menos aún a un asunto laboral; en cuanto un joven se encuentra frente a alguien del sexo opuesto, la cuestión sexual lo domina todo y el amor libre parece ser el único tema de conversación. He visto dos tipos de respuesta femenina. Una, la rendición inmediata a la sugerencia; en cuyo caso no pasa mucho tiempo antes de que la mujer acabe convertida en juguete de los caprichos masculinos y se aleje por completo de cualquier conciencia social. La otra es el desencanto: la mujer que llegó con ambiciones y aspiraciones más elevadas se marcha decepcionada y termina retirándose de nuestras filas. Solo unas pocas mujeres de carácter fuerte, que han aprendido a valorar las cosas por sí mismas, logran resistir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En cuanto a la respuesta masculina, sigue siendo la de siempre, pese a su alardeada educación sexual, y esto se hace patente cuando, en diversos enredos amorosos con la mujer a la que considera “compañera”, el Don Juan se transforma en un Otelo y la mujer —si no ambos— se pierde para el movimiento…</p>



<p class="wp-block-paragraph">En última instancia, mi opinión meditada es que la resolución de este problema solo puede hallarse en una correcta resolución de la cuestión económica. En la revolución. Y en ningún otro lugar. Todo lo demás no sería más que llamar a la vieja esclavitud por un nombre nuevo.</p>
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		<title>The Question of Feminism</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Dec 2025 18:05:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Amour libre]]></category>
		<category><![CDATA[Anti libéralisme économique]]></category>
		<category><![CDATA[C'est quoi l’anarchie ?]]></category>
		<category><![CDATA[Contre le système patriarcal ..capitaliste ...étatique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Lucia Sanchez Saornil Lucia Sanchez Saornil (1895–1970) was a Spanish poet, writer and anarchist feminist. She was active in the CNT but critical of the sexist attitudes of many male Spanish anarchists. She helped found the anarchist feminist group, Mujeres Libres, in April 1936, a confederal organization of Spanish anarchist women that played an important [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Lucia Sanchez Saornil</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lucia Sanchez Saornil (1895–1970) was a Spanish poet, writer and anarchist feminist. She was active in the CNT but critical of the sexist attitudes of many male Spanish anarchists. She helped found the anarchist feminist group, Mujeres Libres, in April 1936, a confederal organization of Spanish anarchist women that played an important role in the Spanish Revolution and Civil War (1936–1939). The following excerpts are taken from her article, “The Woman Question in Our Ranks,” originally published in the CNT paper,&nbsp;<em>Solidaridad Obrera</em>, September-October 1935 (reprinted in “Mujeres Libres” España, 1936–1939, Barcelona: Tusquets, 1976, ed. Mary Nash). The translation is by Paul Sharkey.</p>



<p class="wp-block-paragraph">It is not enough to say: “We must target women with our propaganda and draw women into our ranks;” we have to take things further, much further than that. The vast majority of male comrades — with the exception of a half dozen right-thinking types — have minds infected by the most typical bourgeois prejudices. Even as they rail against property, they are rabidly proprietorial. Even as they rant against slavery, they are the cruellest of “masters.” Even as they vent their fury on monopoly, they are the most dyed-in-the-wool monopolists. And all of this derives from the phoniest notion that humanity has ever managed to devise. The supposed “inferiority of women.” A mistaken notion that may well have set civilization back by centuries.</p>



<p class="wp-block-paragraph">The lowliest slave, once he steps across his threshold, becomes lord and master. His merest whim becomes a binding order for the women in his household. He who, just ten minutes earlier, had to swallow the bitter pill of bourgeois humiliation, looms like a tyrant and makes these unhappy creatures swallow the bitter pill of their supposed inferiority&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Time and again I have had occasion to engage in conversation with a male comrade who struck me as rather sensible and I had always heard him stress the need for a female presence in our movement. One day, there was a talk being given at the Centre, so I asked him:</p>



<p class="wp-block-paragraph">“What about your partner. How come she didn’t attend the talk?” His response left me chilled.</p>



<p class="wp-block-paragraph">“My partner has her hands full looking after me and my children.”</p>



<p class="wp-block-paragraph">On another occasion, I was in the corridors of the court building. I was with a male comrade who holds a position of responsibility. Out of one of the rooms emerged a female lawyer, maybe the defence counsel for some proletarian. My companion threw her a sidelong glance and mumbled as a resentful smirk played on his lips: “I’d send her type packing.”</p>



<p class="wp-block-paragraph">How much of a sad tale is told by those two, seemingly so banal, episodes?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Above all, they tell us that we have overlooked something of great significance: that while we were focusing all our energies on agitational work, we were neglecting the educational side. That our propaganda designed to recruit women should be directed, not at the women but at our own male comrades. That we should start by banishing this notion of superiority from their heads. That when they are told that all human beings are equal, “human beings” means women as well, even should they be up to their necks in housework and surrounded by saucepans and domestic animals. They need to be told that women possess an intellect like their own and a lively sensitivity and yearning for improvement; that before putting society to rights, they should be putting their own households in order; that what they dream of for the future-equality and justice-they should be practicing right here and now towards the members of their household; that it is nonsense to ask woman to understand the problems facing humanity unless she is first allowed to look inside herself, unless he ensures that the woman with whom he shares his life is made aware of her individuality, unless, in short, she is first accorded the status of individual&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">There are many male comrades who honestly want to see women do their bit in the struggle; but this desire is not prompted by any change in their idea of women; they seek her cooperation as a factor that may hold out the prospect of victory, as a strategic contribution, so to speak, without giving a moment’s thought to female autonomy or ceasing to regard themselves as the centre of the universe&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Etched in my memory is a certain trade union propaganda rally in which I was a participant. It took place in a small provincial town. Before the meeting got under way I was accosted by a male comrade, a member of the most important Local Committee&#8230; Through his fiery enthusiasm about the “sublime calling” of woman there shone, clear and precise, the blunt argument maintained by Oken — with whom he, no doubt, was not familiar, but to whom he was connected by the invisible thread of atavism — “Woman is but the means rather than the end of nature. Nature has but one end, one object: man.”</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8230;He was complaining about something that was, as far as I could see, the main grounds for satisfaction: That women had broken with the tradition that had them as men’s dependents and stepped out into the labour market in search of economic independence. This pained him and delighted me because I knew that contact with the street and with social activity would provide a stimulus that in the end would activate her consciousness of her individuality.</p>



<p class="wp-block-paragraph">His complaint had been the universal complaint of a few years before when women first quit the home for factory or workshop. Could it be deduced from this that it amounted to damage done to the proletarian cause? Woman’s absorption into the workforce, coinciding with the introduction of machinery into industry, merely heightened labour competition and as a result led to a discernible fall in wages.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Taking the superficial view, we would say that the male workers were right: but if, ever ready to delve into the truth, we were to explore the core of the issue we will find that the outcome could have been so different, had the male workers not let themselves be carried away by their hostility to women, based on some supposed female inferiority.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Battle was joined on the basis of this supposed inferiority and lower pay rates were countenanced and women excluded from the class organizations on the grounds that social toil was not woman’s calling, and on this was built an illicit competition between the sexes. The female machine-minder fitted in well with the simplistic view of the female mind in those days and so they started to employ women who, inured down through the ages to the idea that they were inferiors, made no attempt to set limits to capitalist abuses. Men found themselves relegated to the rougher tasks and specialized skills.</p>



<p class="wp-block-paragraph">If, instead of behaving like this, the male workers had offered women some quarter, awakening in her encouragement and raising her to their own level, drawing her, right from the outset, into the class organizations, imposing equal conditions for both sexes upon the bosses, the upshot would have been markedly different. Momentarily, their physical superiority would have given them the upper hand in the selection of their employer, since it would have cost him as much to employ a strong person as it would a weakling, and, as for woman, her desire for improvement would have been aroused and, united with the men in the class organizations, together they could have made great and more rapid strides along the road to liberation&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">At the present time the theory of the intellectual inferiority of women has been rendered obsolete; a sizable number of women of every social condition have furnished practical proof of the falsity of that dogma, we might say, by displaying the excellent calibre of their talents in every realm of human activity&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">But, just when the road ahead seemed clear, a new dogma — this time with a semblance of scientific foundation — stands in woman’s way and throws up further ramparts against her progress&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">In place of the dogma of intellectual inferiority, we now have that of sexual differentiation. The moot point now is no longer, as it was a century ago, whether woman is superior or inferior; the argument is that she is different. No longer is it a question of a heavier or lighter brain of greater or lesser volume, but rather of spongy organs known as secreting glands which stamp a specific character on a child, determining its sex and thereby its role in society&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">As far as the theory of differentiation is concerned, woman is nothing more than a tyrannical uterus whose dark influences reach even into the deepest recesses of the brain; woman’s whole psychic life is obedient to a biological process and that biological process is quite simply the process of gestation&#8230; Science has tinkered with the terms without tampering with the essence of that axiom: “Birth, gestation and death.” The whole and all of the womanly prospect.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plainly an attempt has been made to frame this conclusion in golden clouds of eulogy. “Woman’s calling is the most cultivated and sublime that nature has to offer,” we are told; “she is the mother, the guide, the educator of the humanity of the future.” Meanwhile the talk is of directing her every move, her entire life, all her education towards that single goal: the only one consonant with her nature, it would seem.</p>



<p class="wp-block-paragraph">So now we have the notions of womanhood and motherhood set alongside each other again. Because it transpires that the sages have not discovered any middle ground; down through the ages, the practice has been a mystical eulogization of motherhood; hitherto, the praises went to the prolific mother, the mother who gives birth to heroes, saints, redeemers or tyrants; from now on, the praise will be reserved for the eugenic mother, the conceiver, the gestator, the immaculate birth-mother&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">I said that we had the notions of womanhood and of motherhood set beside each other, but I was wrong; we already have something worse: the notion of motherhood overshadowing that of womanhood, the function annihilating the individual.</p>



<p class="wp-block-paragraph">It might be said that down through the ages the male world has wavered, in its dealings with woman, between the two extreme notions of whore and mother, from the abject to the sublime without stopping at the strictly human: woman. Woman as an individual, as a rational, thoughtful, autonomous individual&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">The mother is the product of the male backlash against the whore that every woman represents to him. It is the deification of the uterus that hosted him.</p>



<p class="wp-block-paragraph">But — and let no one be scandalized for we are in the company of anarchists and our essential commitment is to call things by their proper name and tear down all wrong-headed notions, no matter how prestigious these may be — the mother as an asset to society has thus far merely been the manifestation of an instinct, an instinct all the sharper because woman’s life has revolved solely around it for years; but an instinct, for all that, except that in some superior women it has acquired the status of sentiment.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Woman, on the other hand, is an individual, a thoughtful creature, a higher entity. By focusing on the mother you seek to banish woman when you could have woman and mother, because womanhood never excludes motherhood.</p>



<p class="wp-block-paragraph">You sneer at woman as a determinative factor in society, assigning her the status of a passive factor. You sneer at the direct contribution of an intelligent woman, in favour of her perhaps inept male offspring. I say again: we must call things by their proper names. That women are women before all else; only if they are women will you have the mothers you need.</p>



<p class="wp-block-paragraph">What I find really shocking is that male comrades who style themselves anarchists, bedazzled, perhaps, by the scientific principle upon which the new dogma purports to rest, are capable of upholding it. At the sight of them, I am assailed by this doubt: if they are anarchists, they cannot be for real, and if they are for real, they are no anarchists.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Under the theory of differentiation, the mother is the equivalent of the worker. To an anarchist, above all else a worker is a man, and above all else the mother should be a woman. (I am speaking in a generic sense). Because, for an anarchist, the individual comes first and foremost&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Regrettable it may be, but the campaigns for greater sexual freedom have not always been properly understood by our young male comrades, and in many instances, they have attracted into our ranks a large number of youths of both sexes who could not care less about the social question and who are just on the look-out for an opening for their own amorous adventures. There are some who have construed that freedom as an invitation to over-indulgence and who look upon every woman that passes their way as a target for their appetites&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">In our centres, rarely frequented by young women, I have noticed that conversations between the sexes rarely revolve around an issue, let alone a work-related matter; the moment a youth comes face to face with someone of the opposite sex, the sexual issue casts its spell and free love seems to be the sole topic of conversation. And I have seen two types of female response to this. One, instant surrender to the suggestion; in which case it is not long before the woman winds up as a plaything of masculine whims and drifts away completely from any social conscience. The other is disenchantment: whereby the woman who arrived with loftier ambitions and aspirations comes away disappointed and ends up withdrawing from our ranks. Only a few women with strength of character who have learned to gauge the worth of things for themselves manage to weather this.</p>



<p class="wp-block-paragraph">As for the male response, that remains the same as ever, in spite of his vaunted sexual education and this is plain when, in various amorous entanglements with the woman he regards as a “female comrade,” the Don Juan figure turns into an Othello and the woman-if not the pair of them-is lost to the movement&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">It is, ultimately, my considered opinion that resolution of this problem lies solely in a proper resolution of the economic question. In revolution. And nowhere else. Anything else would merely be calling the same old slavery by a new name.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Mujeres Libres</title>
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		<dc:creator><![CDATA[mujereslibres]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 22 Nov 2025 11:17:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[AIT]]></category>
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		<category><![CDATA[Anti libéralisme économique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Las Mujeres Libres eran un grupo de mujeres anarquistas que se organizaban y luchaban tanto por la liberación de las mujeres como por una revolución anarquista durante la Guerra Civil española. El trabajo que realizaron es verdaderamente inspirador. Su ejemplo muestra cómo la lucha contra la opresión de las mujeres y la lucha contra el [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Las Mujeres Libres eran un grupo de mujeres anarquistas que se organizaban y luchaban tanto por la liberación de las mujeres como por una revolución anarquista durante la Guerra Civil española. El trabajo que realizaron es verdaderamente inspirador. Su ejemplo muestra cómo la lucha contra la opresión de las mujeres y la lucha contra el capitalismo pueden unirse en una misma lucha de clases por la libertad.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Como anarquistas, rechazaban cualquier relegación de las mujeres a una posición secundaria dentro del movimiento libertario. En los años 1930, el feminismo tenía un significado más estrecho que hoy, y ellas lo rechazaban como una teoría que luchaba por “la igualdad de las mujeres dentro de un sistema de privilegios ya existente”. Afirmaban:</p>



<p class="wp-block-paragraph">«No somos, ni entonces éramos, feministas. No luchábamos contra los hombres. No queríamos sustituir una jerarquía masculina por una jerarquía feminista. Es necesario trabajar y luchar juntas y juntos, porque si no lo hacemos, nunca tendremos una revolución social. Pero necesitábamos nuestra propia organización para luchar por nosotras mismas».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Declaraban también:</p>



<p class="wp-block-paragraph">«Conocemos los precedentes establecidos por las organizaciones feministas y por los partidos políticos… No podíamos seguir ninguno de esos caminos. No podíamos separar el problema de las mujeres del problema social. Tampoco podíamos negar la importancia del primero convirtiendo a las mujeres en un simple instrumento de cualquier organización, incluso… de nuestra propia organización libertaria.<br>La intención que sustentaba nuestras actividades era mucho más amplia: servir a una doctrina, no a un partido; empoderar a las mujeres para convertirlas en individuos capaces de contribuir a la estructuración de la sociedad futura, individuos que han aprendido a autodeterminarse y no a seguir ciegamente las directrices de cualquier organización».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Las Mujeres Libres tenían una estrategia de dos ejes: la <strong>capacitación</strong> (preparación) y la <strong>captación</strong> (incorporación o participación). Su trabajo inicial combinaba toma de conciencia y acción directa.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Para obtener apoyo mutuo, crearon redes de mujeres anarquistas. Participando juntas en reuniones, verificaban los comportamientos sexistas que se les comunicaban y reflexionaban sobre cómo responder a ellos. Crearon guarderías móviles para permitir que más mujeres participaran en las actividades sindicales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Publicaron una revista, distribuida y difundida por los redes anarquistas existentes. Las mujeres relataban allí el trabajo que realizaban realmente. La toma de conciencia era esencial: cada número incluía un artículo sobre la condición de las mujeres, y publicaban también una columna en otros periódicos anarquistas. Su revista ofrecía artículos culturales, sobre educación, cine, deporte. Y, finalmente, artículos que podrían encontrarse en cualquier revista femenina: la utilidad del gas, el cuidado de los niños, la moda. Más adelante, libros y folletos completaron esta publicación.</p>



<p class="wp-block-paragraph">El trabajo de propaganda también se realizaba mediante emisiones de radio, bibliotecas itinerantes y giras de propaganda. Una de sus integrantes, Pepita, describió así su experiencia:</p>



<p class="wp-block-paragraph">«Reuníamos a las mujeres y les explicábamos… que existe un papel claramente definido para las mujeres, que no deben perder su independencia, pero que una mujer puede ser madre y compañera al mismo tiempo…<br>Las jóvenes venían a verme y me decían: “Esto es muy interesante. Lo que dices nunca lo habíamos escuchado. Es algo que sentíamos, pero que no sabíamos expresar…”<br>¿Las ideas que más las impactaban? Hablar del poder que los hombres ejercían sobre las mujeres… Se producía una especie de alboroto cuando les decíamos: “No podemos permitir que los hombres se crean superiores a las mujeres, que crean tener el derecho de dominarlas”. Creo que las mujeres españolas esperaban ansiosamente ese llamado».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Muchos trabajadores y campesinos en España eran analfabetos. En respuesta, las Mujeres Libres organizaron programas de alfabetización, cursos técnicos y clases de estudios sociales. Entre 600 y 800 personas asistían diariamente a estos cursos en Barcelona en diciembre de 1938. En cooperación con los sindicatos anarquistas, establecieron programas de aprendizaje.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Paralelamente al trabajo de propaganda, realizaban las tareas cotidianas necesarias para defender la revolución contra el ataque fascista. Proveían alimentos a las milicias y creaban comedores comunitarios. Organizaban apoyo para las mujeres presentes en las milicias, creando talleres de autodefensa. Fundaron una escuela de enfermería y una clínica médica de emergencia para atender a los heridos.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Teresina, a pesar de su falta de experiencia médica, fue nombrada administradora. Hablaba con orgullo de su papel:</p>



<p class="wp-block-paragraph">«Recuerdo cuántas veces venían padres a pedirme algo en la clínica y yo les decía: “Por favor, aquí todos somos iguales”.<br>Y ellos me respondían: “Aquí sí que habéis hecho la revolución”.<br>Sentía una enorme satisfacción. Porque gestioné todo sin ninguna formación… Lo que creía, lo puse en práctica… y eso es lo que puedo decir de lo que hice por la revolución. Lo demás, hice lo que todas hacían. Pero esto, esto sí lo hice yo».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sin embargo, la revolución no consistía únicamente en derrotar al fascismo, sino en construir una nueva sociedad que respondiera a las necesidades de todas y todos. Viajando por Cataluña y Aragón, las Mujeres Libres ayudaron a establecer colectividades rurales. Muchas mujeres acompañaban a representantes de la CNT y de la FAI usando altavoces improvisados para llamar a los campesinos: «¡Venid a nuestro lado!».</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Barcelona participaron en una maternidad que ofrecía cuidados prenatales y posnatales, así como cursos sobre salud materno-infantil, control de natalidad y sexualidad. Un Instituto de Maternidad e Infancia, nombrado en homenaje a la militante anarquista francesa Louise Michel, fue creado en febrero de 1938.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Las Mujeres Libres ofrecen un ejemplo vivo de muchos aspectos esenciales de la teoría anarquista. En primer lugar, comprendían que el colectivo sólo es fuerte gracias a los individuos que lo componen. Para construir un movimiento anarquista fuerte, animaban y apoyaban a las mujeres a realizar todo su potencial. Muchas tenían sólo 13 o 14 años cuando empezó la revolución. Y, sin embargo, como Teresina, descubrieron que eran capaces de asumir tareas exigentes para construir un mundo nuevo.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En segundo lugar, las Mujeres Libres entendían la importancia de la acción directa y de la autoactividad, tanto para formar revolucionarias como para hacer la revolución misma. Nunca separaban artificialmente propaganda y organización, ideas y acción. Sus ideas nacían de sus experiencias concretas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Por último, las Mujeres Libres mostraban que las ideas nunca están fijadas, esperando el “momento adecuado”. Sus propias ideas crecían, evolucionaban, cambiaban y se volvían influyentes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La revolución es un asunto caótico. Para transformar profundamente la sociedad, es necesario cuestionar ideas consideradas durante mucho tiempo como “normales” o “naturales”. Nuevos revolucionarios y una nueva sociedad emergen de los debates celebrados en mil lugares —el hogar, el mercado, el bar— y por mil personas diferentes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Las Mujeres Libres veían la revolución como mucho más que un acontecimiento único surgido de la noche a la mañana. Es un proceso continuo, que cambia sin cesar a medida que se resuelven desacuerdos y aparecen nuevos retos. Mostraban que la revolución, lejos de ser un ejercicio académico, es como la vida: nunca simple, nunca lineal, siempre dinámica.</p>
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		<title>Marriage Is a Bad Action</title>
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		<dc:creator><![CDATA[mujereslibres]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Nov 2025 21:02:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Amour libre]]></category>
		<category><![CDATA[Anti libéralisme économique]]></category>
		<category><![CDATA[Contre le système patriarcal ..capitaliste ...étatique]]></category>
		<category><![CDATA[Education libertaire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Voltairine de Cleyre (This lecture presents a negative view of marriage and serves as a response to Dr. Henrietta P. Westbrook’s advocacy for the institution, titled “Marriage is a Good Act.” Both lectures were delivered at the Radical Liberal League in Philadelphia on April 28, 1907.) Let me first clarify two points right away, so [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Voltairine de Cleyre</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">(This lecture presents a negative view of marriage and serves as a response to Dr. Henrietta P. Westbrook’s advocacy for the institution, titled <em>“Marriage is a Good Act.”</em> Both lectures were delivered at the Radical Liberal League in Philadelphia on April 28, 1907.)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Let me first clarify two points right away, so that when the discussion begins, we can focus on what really matters.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>1) How can we distinguish between a good and a bad action?</strong><br><strong>2) What is my definition of marriage?</strong></p>



<h3 class="wp-block-heading">Relativity of Actions and Needs</h3>



<p class="wp-block-paragraph">From my understanding of the universe’s puzzle, no act is entirely right or wrong. Any judgment about an act is relative: it depends on the social evolution of human beings, who progress consciously but very slowly compared to the rest of the universe. Good and evil are social conceptions—not universal truths. Words like « good » and « evil » were invented by humans, but the ideas of good and evil, clearly or obscurely, have been shaped to varying degrees by all intelligent social beings. The definition of Good, ratified and approved by the accepted conduct of social beings, is as follows: behavior is considered just when it best serves the developmental needs of a given society.</p>



<p class="wp-block-paragraph">But what is a need? In the past, needs were mostly determined by the unconscious reaction of the structure (social or individual) to environmental pressures. Until recently, I still thought like Huxley, Von Hartman, and my professor Lum that needs were dictated by environmental pressures; consciousness could perceive, obey, or oppose, but could not influence the course of social development; if it opposed it, it only provoked its own ruin without altering the ideal set by unconscious forces.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Consciousness and Evolution</h3>



<p class="wp-block-paragraph">In recent years, I have concluded that consciousness plays an increasingly significant role in shaping social problems; even if it is currently a minor voice (and will remain so for a long time), it represents a growing power capable of overthrowing old processes and laws, replacing them with new forces and ideals. I know of no perspective more fascinating than the role of consciousness in present and future evolution. I mention it only because, in describing our current conception of well-being, I will again hypothesize that the old ideal has been considerably modified by unconscious reactions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">The question becomes: what is the emerging ideal in our society, an ideal not yet consciously formulated but whose signals we can perceive and begin to discern?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Based on all indicators of progress, this ideal seems to me to be individual freedom; a society whose economic, political, social, and sexual organization constantly ensures and increases the possibilities of its members, where solidarity and continuity depend on the free attraction of components, and never on obligation in any form. If you do not perceive, as I do, that this is the current social trend, you will likely disagree with the rest of my argument. For it would be too easy to prove that maintaining old social divisions into classes—each fulfilling specialized roles such as priests, soldiers, workers, capitalists, servants, herders—is in accordance with society’s growing strength, and thus that marriage is a good act.</p>



<p class="wp-block-paragraph">My position, the starting point from which I judge good or bad actions, is this: the social trend moves toward individual freedom, implying the realization of all conditions necessary for this freedom to emerge.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Second Point: My Position on Marriage</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Fifteen or eighteen years ago, I had not yet left the convent long enough to forget its teachings. I had not lived or experienced enough to create my own definitions. For me, marriage was “a sacrament of the Church” or “a civil ceremony sanctioned by the state,” allowing a man and woman to unite for life unless a court granted separation. With all the energy of a neophyte free thinker, I criticized religious marriage because a priest has no right to intervene in private life; I condemned the phrase “until death do us part,” as this immoral promise enslaves a person to current feelings and dictates their entire future; I denounced the miserable vulgarity of religious and civil ceremonies, which place intimate relationships under public scrutiny, commentary, and ridicule.</p>



<p class="wp-block-paragraph">I still defend these positions. Nothing revolts me more than the supposed sacrament of marriage; it insults delicacy because it proclaims to the world a strictly private matter. For instance, consider the literature circulated on Alice Roosevelt’s marriage: the so-called “American princess” was subjected to endless obscene jokes simply because the world had to be informed of her marriage to Mr. Longworth.</p>



<p class="wp-block-paragraph">But today, I do not refer to civil or religious marriage when I say, “Marriage is a bad act.” The ceremony itself is merely form, a ghost, an empty shell. By marriage, I mean its real content: the permanent sexual and economic relationship between a man and a woman that maintains the couple and family as they exist today. I do not care if it is polygamous, polyandrous, or monogamous, nor whether it is officiated publicly or privately, with or without a contract. What I affirm is that a permanent relationship of dependence harms the development of personality, and this is what I oppose.</p>



<p class="wp-block-paragraph">In the past, I sincerely advocated exclusive unions between a man and woman as long as they were in love, dissolvable whenever either wished. At that time, I exalted the bonds of love—and only those.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Today, I prefer a marriage founded strictly on financial considerations over one founded on love—not because I care for marriage’s perpetuity, but because I care for love’s perpetuity. The easiest and most reliable way to kill love is through marriage, as I have defined it. The only way to preserve love in its ecstatic form—the form deserving a specific name—is to maintain distance. Never allow love to be sullied by the indecent trivialities of permanent intimacy. Better to despise your enemy daily than to despise the person you love.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Those unfamiliar with my objections to legal and social forms may exclaim: “Then you wish to end all relations between the sexes? You want the earth populated only by nuns and monks?” Absolutely not. I do not worry about human reproduction, and I would shed no tears if the last human were born. But I do not preach total sexual abstinence either.</p>



<p class="wp-block-paragraph">I wish people would approach their instincts normally—not overindulge, not ration, not exaggerate virtue beyond its true use, nor denounce instincts as servants of Evil. In short, I want men and women to live so they remain free individuals, in this domain as in others. Every individual must set limits to their instincts: what is normal for one may be excessive for another; what is excessive at one age may be normal at another. Regarding the effects of normal satisfaction of normal appetites on population, I believe conscious control is possible, as it already exists in some measure and will increase as knowledge progresses.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Marriage vs. Individual Development</h3>



<p class="wp-block-paragraph">“Marriage proponents may ask: what about raising children? Isn’t parenting essential for male and female development?”</p>



<p class="wp-block-paragraph">Such arguments are made by scientific-minded advocates; religious ones cite God’s will. I focus on the first. They argue that since humans are the highest evolutionary link, social and sexual relationships are dictated by species needs: in animals, the length of learning determines conjugal duration; therefore, in humans, extended learning justifies a permanent family.</p>



<p class="wp-block-paragraph">But unconscious or semi-conscious adaptation, which determined reproduction in higher animals, does not justify the marriage institution as essential for personal growth. Even “successful” marriages—where couples lived harmoniously, raised children decently, and supported one another—do not, in my view, lead to greater individual fulfillment than less conventionally happy lives.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Reproduction and Other Human Needs</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Originally, the drive to reproduce ensured survival. Human instinct followed nature blindly. Yet as consciousness grows—through brain power, knowledge, invention, and mastery of nature—the need for prolific reproduction declines. Fewer children born with greater care increases the chances for survival, development, and fulfillment of projects. Individual development no longer requires many, or even any, children.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Other human needs—food, clothing, housing, sexual satisfaction not tied to reproduction, artistic creation, knowledge, work, and expression—are equally important. Marriage often forces dependence that paralyzes personal growth, particularly for women, but sometimes for men as well.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Sexual Hypocrisy and Cohabitation</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Marriage claims to satisfy sexual needs and prevent moral or physical excess. In practice, it often fails. Women, influenced by religious teachings, frequently deny or understate their sexual desire, causing self-deprivation and stunted personal growth.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Early cohabitation—especially at the age of highest sexual desire—leads to irritation, contempt, and loss of intimacy. Even compatible couples rarely remain aligned in desires over a lifetime. Permanent dependence fosters resentment and suppresses individuality.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Examples include Ernest Crosby and Hugh O. Pentecost, whose marriages constrained their ideals and activism. Such stories are common in everyday life: one partner’s development often limits the other’s.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Children and Individual Freedom</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Normal desire for children need not justify sacrificing freedom through marriage. Children can be raised in homes, split households, or communities; discovery of life is richer in freedom than under repression. Existing education systems under parental dominance fail to convincingly produce ideal outcomes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Free unions produce results neither better nor worse; single-parent households are comparable. Love and respect endure longer when partners remain independent, meet less frequently, and maintain individuality. Marriage diminishes love, converts respect into contempt, taints intimacy, and limits personal growth. Hence, I maintain: <strong>“Marriage is a bad act.”</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>DE L’ÊTRE HUMAIN MÂLE ET FEMELLE LETTRE A P.J.PROUDHON</title>
		<link>https://mujereslibres.revlibertaire.com/2025/10/24/de-letre-humain-male-et-femelle-lettre-a-p-j-proudhon/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[mujereslibres]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Oct 2025 10:01:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Contre le système patriarcal ..capitaliste ...étatique]]></category>
		<category><![CDATA[Education libertaire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Qu’est-ce que l’homme&#160;?&#160;rien. – Qu’est-ce que la femme&#160;?&#160;rien. – Qu’est-ce que l’être-humain&#160;? – TOUT. Du fond de la Louisiane où m’a déporté le flux et le reflux de l’exil, j’ai pu lire dans un journal des Etats-Unis, la&#160;Revue de l’Ouest, un fragment de correspondance entre vous, P.J. Proudhon, et une dame d’Héricourt. Les quelques mots [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Qu’est-ce que l’homme&nbsp;?&nbsp;<em>rien</em>. – Qu’est-ce que la femme&nbsp;?&nbsp;<em>rien</em>. – Qu’est-ce que l’être-humain&nbsp;? – TOUT.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Du fond de la Louisiane où m’a déporté le flux et le reflux de l’exil, j’ai pu lire dans un journal des Etats-Unis, la&nbsp;<em>Revue de l’Ouest</em>, un fragment de correspondance entre vous, P.J. Proudhon, et une dame d’Héricourt.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les quelques mots de Madame d’Héricourt cités par ce journal me font craindre que l’antagoniste féminin ne soit pas de force – polémiquement parlant – à lutter avec son brutal et masculin adversaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne connais rien de Madame d’Héricourt, ni de ses écrits, si elle écrit, ni de sa position dans le monde, ni de sa personne. Mais pour bien argumenter de la femme, comme pour bien argumenter de l’homme, l’esprit ne suffit pas&nbsp;: il faut avoir beaucoup vu et beaucoup médité. Il faudrait, je le crois, avoir senti ses passions personnelles se heurter à tous les angles de la société; depuis les cavernes de la misère jusqu’aux pics de la fortune; depuis les cimes argentées d’où s’ébranle en masse compacte l’avalanche du vice heureux, jusqu’au fond des ravins où roule la débauche souffreteuse. Alors, de ce caillou humain, ainsi frotté de choc en choc, la logique, cette étincelle de vérité, pourrait jaillir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’aimerais à voir traiter cette question de l’émancipation de la femme, par une femme ayant beaucoup aimé, et diversement aimé, et qui, par sa vie passée, tînt de l’aristocratie et du prolétariat, du prolétariat surtout; car la femme de la mansarde est plus à même de pénétrer par la vue et par la pensée au sein de la vie luxueuse officielle, ou secrète, de la grande dame, que la femme de salon n’est capable d’entrevoir la vie de privation, apparente ou cachée, de la fille du peuple.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, à défaut de cette autre madeleine répandant les fécondes rosées de son coeur aux pieds de l’Humanité crucifiée et battant de l’âme vers un monde meilleur&nbsp;; à défaut de cette voix de civilisée repentie, croyante de l’Harmonie, fille anarchique; à défaut de cette femme abjurant hautement et publiquement tous les préjugés de sexe et de race, de lois et de moeurs qui nous rattachent encore au monde antérieur; eh bien! moi, être humain du sexe mâle, je vais essayer de traiter envers et contre vous, aliboron-Proudhon, cette question de l’émancipation de la femme&nbsp;qui n’est autre que la question d’émancipation de l’être humain des deux sexes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Est-il vraiment possible, célèbre publiciste, que sous votre peau de lion se trouve tant d’ânerie&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vous qui avez dans les veines de si puissantes pulsations révolutionnaires pour tout ce qui dans nos sociétés touche au travail du bras et de l’estomac, vous avez des emportements non moins fougueux, mais d’une stupidité toute réactionnaire, pour tout ce qui est travail du cœur, labeur du sentiment. Votre nerveuse et peu flexible logique dans les questions de production et de consommation industrielles, n’est plus qu’un frêle roseau sans force dans les questions de production et de consommation morales. Votre intelligence, virile, entière pour tout ce qui a trait à l’homme, est comme châtrée dès qu’il s’agit de la femme. Cerveau hermaphrodite, votre pensée a la monstruosité du double sexe sous le même crâne, le sexe-lumière et le sexe-obscurité, et se roule et se tord en vain sur elle-même sans pouvoir parvenir à enfanter la vérité sociale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autre Jeanne d’Arc du genre masculin, qui, dit-on, avez pendant quarante ans gardé intacte votre virginité, les macérations de l’amour ont ulcéré votre coeur&nbsp;; de jalouses rancunes en dégouttent; vous criez&nbsp;: “ guerre aux femmes&nbsp;! ” comme la Pucelle d’Orléans criait&nbsp;: “ guerre aux Anglais! ” – Les Anglais l’ont brûlée vive&#8230; Les femmes ont fait de vous un mari, ô saint homme, longtemps vierge et toujours martyr&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tenez, père Proudhon, voulez-vous que je vous le dise&nbsp;: quand vous parlez de femmes, vous me faites l’effet d’un collégien qui en cause bien haut et bien fort, à tort et à travers, et avec impertinence pour se donner des airs de les connaître, et qui, comme ses adolescents auditeurs, n’en sait pas le plus petit mot</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après avoir pendant quarante ans profané votre chair dans la solitude, vous en êtes arrivé, de pollution en pollution, à profaner publiquement votre intelligence, à en élucubrer les impuretés, et à en éclabousser la femme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Est-ce donc là, Narcisse-Proudhon, ce que vous appelez la civilité virile et honnête&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je cite vos paroles&nbsp;:<small>“ Non, Madame, vous ne connaissez rien à votre sexe&nbsp;; vous ne savez pas le premier mot de la question que vous et vos honorables ligueuses agitez avec tant de bruit et si peu de succès. Et si vous ne la comprenez point, cette question&nbsp;; si, dans les huit pages de réponses que vous avez faites à ma lettre, il y a quarante paralogismes, cela tient précisément, comme je vous l’ai dit, à votre infirmité sexuelle. J’entends par ce mot, dont l’exactitude n’est peut-être pas irréprochable, la qualité de votre entendement, qui ne vous permet de saisir le rapport des choses qu’autant que nous hommes vous le faisons toucher du doigt. Il y a chez vous, au cerveau comme dans le ventre, certain organe incapable par lui-même de vaincre son inertie native, et que l’esprit mâle est seul capable de faire fonctionner, ce à quoi il ne réussit même pas toujours. Tel est, madame, le résultat de mes observations directes et positives&nbsp;: je le livre à votre sagacité obstétricale et vous laisse à en calculer, pour votre thèse, les conséquences incalculables. ”</small></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais – vieux sanglier qui n’êtes qu’un porc –, s’il est vrai, comme vous le dites, que la femme ne peut enfanter du cerveaux comme du ventre sans le secours de l’homme – et cela est vrai –, il est également vrai – la chose est réciproque – que l’homme ne peut produire par la chair comme par l’intelligence sans le secours de la femme. C’est de la logique et de la bonne logique, maître-Madelon-Proudhon, qu’un élève, qui a toujours été, lui aussi, un sujet désobéissant, peut bien vous arracher des mains et vous jeter à la figure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’émancipation ou la non-émancipation de la femme, l’émancipation ou la non-émancipation de l’homme&nbsp;: qu’est-ce à dire&nbsp;? Est-ce que – naturellement – il peut y avoir des droits pour l’un qui ne soient pas des droits pour l’autre&nbsp;? Est-ce que l’être-humain n’est pas l’être-humain au pluriel comme au singulier, au féminin comme au masculin&nbsp;? Est-ce que c’est en changer la nature que d’en scinder les sexes&nbsp;? Et les gouttes de pluie qui tombent du nuage en sont-elles moins des gouttes de pluie, que ces gouttes traversent l’air en petit nombre ou en grand nombre, que leur forme ait telle dimension ou telle autre, telle configuration mâle ou telle configuration femelle&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mettre la question de l’émancipation de la femme en ligne avec la question de l’émancipation du prolétaire, cet homme-femme, ou, pour dire la même chose différemment, cet homme-esclave – chair à sérail ou chair à atelier –, cela se comprend, et c’est révolutionnaire&nbsp;; mais la mettre en regard et au bas du privilège-homme, oh! alors, au point de vue du progrès social, c’est dépourvu de sens, c’est réactionnaire. Pour éviter tout équivoque, c’est l’émancipation de l’être-humain qu’il faudrait dire. Dans ces termes, la question est complète&nbsp;; la poser ainsi c’est la résoudre&nbsp;: l’être-humain, dans ses rotations de chaque jour, gravite de révolution en révolution vers son idéal de perfectibilité, la Liberté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais l’homme et la femme marchant ainsi du même pas et du même coeur, unis et fortifiés par l’amour, vers leurs destinées naturelles, la communauté-anarchique&nbsp;; mais tous les despotismes anéantis, toutes les inégalités sociales nivelées&nbsp;; mais l’homme et la femme entrant ainsi –le bras appuyé sur le bras et le front l’un vers l’autre penché, dans ce jardin social de l’Harmonie&nbsp;; mais ce groupe de l’être-humain, rêve réalisé du bonheur, tableau animé de l’avenir&nbsp;; mais tous ces bruissements et tous ces rayonnements égalitaires sonnent mal à vos oreilles et vous font cligner des yeux. Votre entendement bourrelé de petites vanités vous fait voir dans la postérité l’homme-statue, érigé sur le piédestal-femme comme dans l’antérité l’homme-patriarche, debout auprès de la femme-servante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ecrivain fouetteur de femmes, serf de l’homme absolu, Proudhon-Haynau qui avez pour knout la parole, comme le bourreau croate, vous semblez jouir de toutes les lubricités de la convoitise à déshabiller vos belles victimes sur le papier du supplice et à les flageller de vos invectives. Anarchiste juste-milieu, libéral et non LIBERTAIRE, vous voulez le libre échange pour le coton et la chandelle, et vous préconisez des systèmes protecteurs de l’homme contre la femme, dans la circulation des passions humaines&nbsp;; vous criez contre les hauts barons du capital, et vous voulez réédifier la haute baronie du mâle sur la vassale femelle&nbsp;; logicien à bésicles, vous voyez l’homme par la lunette qui grossit les objets, et la femme par le verre qui les diminue&nbsp;; penseur affligé de myopie, vous ne savez distinguer que ce qui vous éborgne dans le présent ou dans le passé, et vous ne pouvez rien découvrir de ce qui est à hauteur et à distance, ce qui perspective de l’avenir&nbsp;: vous êtes un infirme&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">La femme, sachez-le, est le mobile de l’homme comme l’homme est le mobile de la femme. Il n’est pas une idée dans votre difforme cervelle comme dans la cervelle des autres hommes qui n’ait été fécondée par la femme&nbsp;; pas une action de votre bras ou de votre intelligence qui n’ait eu en vue de vous faire remarquer de la femme, de lui plaire, même ce qui en paraît le plus éloigné, même vos insultes. Tout ce que l’homme a fait de beau, tout ce que l’homme a produit de grand, tout les chefs-d’oeuvre de l’art et de l’industrie, les découvertes de la science, les titanesques escalades de l’homme vers l’inconnu, toutes les conquêtes comme toutes les aspirations du génie mâle sont dues à la femme qui les lui a imposées, à lui, chevalier, comme reine du tournoi, en échange d’un bout de faveur ou d’un doux sourire. Tout l’héroïsme du mâle, toute sa valeur physique et morale lui vient de cet amour. Sans la femme, il ramperait encore à plat ventre ou à quatre pattes, il brouterait encore l’herbe ou les racines&nbsp;; il serait pareil en intelligence au boeuf, à la brute; il n’est quelque chose de supérieur que parce que la femme lui a dit&nbsp;: soit&nbsp;! c’est sa volonté à elle qui l’a créé, lui, ce qu’il est aujourd’hui, et c’est pour satisfaire aux sublimes exigences de l’âme féminine qu’il a tenté d’accomplir les plus sublimes choses&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voilà ce que la femme a fait de l’homme&nbsp;; voyons maintenant ce que l’homme a fait de la femme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Hélas&nbsp;! pour plaire à son seigneur et maître, elle n’a pas eu besoin d’une grande dépense de force intellectuelle et morale. Pourvu qu’elle singeât la guenon dans ses grimaces et ses minauderies&nbsp;; qu’elle s’attachât de la verroterie ou de la bimbeloterie au cou et aux oreilles&nbsp;; qu’elle s’accoutrât de chiffons ridicules, et se fit des hanches de mère Gigogne ou de Vénus hottentote à l’aide de la crinoline ou de l’osier; pourvu encore qu’elle sût tenir un éventail ou manier l’écumoir; qu’elle se dévouât à tapoter sur un piano ou à faire bouillir la marmite&nbsp;; c’était tout ce que son sultan demandait d’elle, tout ce qu’il en fallait pour mettre l’âme masculine en jubilation, l’alpha et l’oméga des désirs et des aspirations de l’homme. Cela fait, la femme avait conquis le mouchoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Celle qui, trouvant honteux un pareil rôle et de pareils succès, voulut faire preuve de bon goût et de grâce, joindre le mérite à la beauté, témoigner&nbsp;de son coeur et de son intelligence, celle-là fut impitoyablement lapidée par la multitude des Proudhons passés et présents, poursuivie du nom de bas-bleu ou de quelqu’autre imbécile sarcasme, et forcée à se replier sur elle-même. Pour cette foule d’hommes sans coeur et sans intelligence, elle avait péché par trop de coeur et trop d’intelligence&nbsp;: on lui jeta la pierre&nbsp;; et bien rarement il lui fut donné de rencontrer l’homme-type qui, la prenant par la main, lui dit&nbsp;: femme relevez-vous, vous êtes dignes [sic] d’amour et digne de la Liberté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Non, ce qu’il faut à l’homme, c’est-à-dire à celui qui usurpe ce nom, ce n’est pas la femme dans toute sa beauté physique et morale, la femme aux formes élégantes et artistiques, au front auréolisé de grâce et d’amour, au coeur actif et tendre, à la pensée enthousiaste, à l’âme éprise d’un poétique et humanitaire idéal&nbsp;; non, à ce niais badaud courreur de foires, ce qu’il faut c’est une figure de cire enluminée et empanachée&nbsp;; à ce gastronome de bestialité, en extase devant les étals de boucheries, ce qu’il faut, vous dis-je, c’est un quartier de veau orné de guipures&nbsp;! Si bien que, rassasiée de l’homme qu’elle trouvait si crétin, blasée de celui en qui elle cherchait en vain l’organe du sentiment, la femme – c’est l’histoire qui le dit, je veux croire que c’est une fable, un conte, une bible – la femme – oh&nbsp;! voilez-vous, chastes yeux et chastes pensées – la femme aurait passé du bipède au quadrupède&#8230; Ane pour âne, il était naturel, après tout, qu’elle se laissât séduire par la bête de plus gros calibre. Puis enfin, comme la nature l’avait douée de facultés morales trop robustes pour être anéanties par le jeûne, elle s’est détournée de l’Humanité et est allée chercher dans les temples de la superstition, dans les religieuses aberrations de l’esprit et du coeur, l’aliment aux aspirations passionnelles de son âme. A défaut de l’homme rêvé par elle, elle a donné ses sentiments d’amour à un dieu imaginaire, et, pour les sensations, le prêtre a remplacé l’âne&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ah&nbsp;! s’il est de par le monde tant d’abjectes créatures femelles et si peu de femmes, hommes, à qui faut-il s’en prendre? Dandin-Proudhon, de quoi vous plaignez-vous? Vous l’avez voulu&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et cependant vous avez, vous, personnellement, je le reconnais, fourni de formidables coups de boutoir au service de la Révolution. Vous avez entaillé&nbsp;jusqu’à la moëlle le tronc séculaire de la propriété, et vous en avez fait voler au loin les éclats; vous avez dépouillé la chose de son écorce, et vous l’avez exposée dans sa nudité aux regards des prolétaires&nbsp;; vous avez fait craquer et tomber sur votre passage, ainsi que des branches sèches ou des feuilles mortes, les impuissantes repousses autoritaires, les théories renouvelées des Grecs des socialistes-constitutionnels, la vôtre comprise; vous avez entraîné avec vous, dans une course à fond de train à travers les sinuosités de l’avenir, toute la meute des appétits physiques et moraux. Vous avez fait du chemin, vous en avez fait faire aux autres; vous êtes las, vous voudriez vous reposer; mais les voix de la logique sont là qui vous obligent à poursuivre vos déductions révolutionnaires, à marcher en avant, toujours en avant, sous peine, en dédaignant l’avertissement fatal, de sentir les crocs de ceux qui ont des jambes vous déchirer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Soyez donc franchement, entièrement anarchiste, et non pas quart d’anarchiste, huitième d’anarchiste, seizième d’anarchiste, comme on est quart, huitième, seizième d’agent de change. Poussez jusqu’à l’abolition du contrat, l’abolition non seulement du glaive et du capital, mais de la propriété et de l’autorité sous toutes formes. Arrivez-en à la communauté-anarchique, c’est-à-dire l’état social où chacun serait libre de produire et de consommer à volonté et selon sa fantaisie, sans avoir de contrôle à exercer ou à subir de qui que ce soit ou sur qui que ce soit; où la balance entre la production et la consommation s’établirait naturellement, non plus par la détention préventive et arbitraire aux mains des uns ou des autres, mais par la libre circulation des forces et des besoins de chacun. Les flots humains n’ont que faire de vos digues&nbsp;; laissez passer les libres marées&nbsp;: chaque jour ne les ramènent-elles pas à leur niveau&nbsp;? Est-ce que j’ai besoin, par exemple, d’avoir en propre un soleil à moi, une atmosphère à moi, un fleuve à moi, une forêt à moi, toutes les maisons et toutes les rues d’une ville à moi&nbsp;? Est-ce que j’ai le droit de m’en faire le détenteur exclusif, le propriétaire, et d’en priver les autres, sans profit même pour mes besoins&nbsp;? Et si je n’ai pas ce droit, ai-je donc plus raison de vouloir, comme avec le système des contrats, mesurer à chacun – selon ses forces accidentelles de production – ce qui doit lui revenir de toutes ces choses&nbsp;? Combien il devra consommer de rayons de soleil, de cubes d’air ou d’eau, ou de carrés de promenade dans la forêt&nbsp;? Quel sera le nombre de maisons ou la portion de maison qu’il aura le droit d’occuper&nbsp;; le&nbsp;nombre de rues ou de pavés dans la rue où il lui sera permis de mettre le pied et le nombre de rues ou de pavés où il lui sera interdit de marcher&nbsp;? – Est-ce que, avec ou sans contrat, je consommerai plus de ces choses que ma nature ou mon tempérament le comporte&nbsp;? Est-ce que je puis absorber individuellement tous les rayons du soleil, tout l’air de l’atmosphère, tout l’eau du fleuve&nbsp;? Est-ce que je puis envahir et encombrer de ma personne tous les ombrages de la forêt, toutes les rues de la ville et tous les pavés de la rue, toutes les maisons de la ville et toutes les chambres de la maison&nbsp;? Et n’en est-il pas de même pour tout ce qui est de consommation humaine, que ce soit un produit brut, comme l’air ou le soleil, ou un produit façonné, comme la rue ou la maison&nbsp;? A quoi bon alors un contrat qui ne peut rien ajouter à ma liberté, et qui peut y attenter, et qui bien certainement y attenterait?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et maintenant, pour ce qui est de la production, est-ce que le principe actif qui est en moi en sera plus développé parce qu’on l’aura opprimé, qu’on lui aura imposé des entraves&nbsp;? Ce serait absurde de soutenir une pareille thèse. L’homme appelé libre, dans les sociétés actuelles, le prolétaire, produit beaucoup mieux et beaucoup plus que l’homme appelé nègre, l’esclave. Que serait-ce s’il était réellement et universellement libre&nbsp;: la production en serait centuplée. – Et les paresseux, direz-vous&nbsp;? Les paresseux sont un incident de nos sociétés anormales, c’est-à-dire que l’oisiveté ayant les honneurs et le travail les mépris il n’est pas surprenant que les hommes se lassent d’un labeur qui ne leur rapporte que des fruits amers. Mais à l’état de communauté-anarchique et avec les sciences telles qu’elles sont développées de nos jours, il ne pourrait rien y avoir de semblable. Il y aurait bien, comme aujourd’hui, des êtres plus lents à produire que d’autres, mais par conséquent, plus lents à consommer, des êtres plus vifs que d’autres à produire, par conséquent, plus vifs à consommer&nbsp;: l’équation existe naturellement. Vous en faut-il une preuve&nbsp;? Prenez au hasard cent travailleurs parmi les travailleurs, et vous verrez que les plus consommateurs sont aussi les plus producteurs. – Comment se figurer que l’être-humain, dont l’organisme est composé de tant d’outils précieux et de l’emploi desquels il résulte pour lui une foule de jouissances, outil du bras, outil du coeur, outil de l’intelligence, comment se figurer qu’il les laisserait volontairement ronger par la rouille? Eh quoi! à l’état de libre nature et de merveilles industrielles et scientifiques, à l’état d’&nbsp;exhubérance anarchique où tout lui rappellerait le mouvement et tout mouvement la vie. Eh quoi&nbsp;! l’être-humain ne saurait chercher le bonheur que dans une imbécile immobilité&nbsp;? Allons donc&nbsp;! Le contraire seul est possible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur ce terrain de la vraie anarchie, de la liberté absolue, il existerait sans contredit autant de diversité entre les êtres qu’il y aurait de personnes dans la société, diversité d’âge, de sexe, d’aptitudes&nbsp;: l’égalité n’est pas l’uniformité. Et cette diversité de tous les êtres et de tous les instants est justement ce qui rend tout gouvernement, constitution ou contration, impossible. Comment s’engager pour un an, pour un jour, pour une heure, quand dans une heure, un jour, un an on peut penser tout différemment qu’à l’instant où l’on s’est engagé&nbsp;? &#8211; Avec l’anarchie radicale, il y aurait donc des femmes comme il y aurait des hommes de plus ou moins de valeur relative&nbsp;; il y aurait des enfants comme il y aurait des vieillards&nbsp;; mais tous indistinctement n’en seraient pas moins l’être-humain, et seraient également et absolument libres de se mouvoir dans le cercle naturel de leurs attractions, libres de consommer et de produire comme il leur conviendrait sans qu’aucune autorité paternelle, maritale ou gouvernementale, sans qu’aucune réglementation légale ou contrative put y porter atteinte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Société ainsi comprise – et vous devez la comprendre ainsi, vous, anarchiste, qui vous targuez d’être logique – qu’avez-vous encore à dire de l’<em>infirmité sexuelle</em>&nbsp;de la femelle ou du mâle chez l’être-humain&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ecoutez, maître Proudhon, ne parlez pas de la femme, ou, avant d’en parler, étudiez-la&nbsp;; allez à l’école. Ne vous dites pas anarchiste, ou soyez anarchiste jusqu’au bout. Parlez-nous, si vous voulez, de l’inconnu et du connu, de Dieu qui est le mal, de la Propriété qui est le vol. Mais quand vous nous parlerez de l’homme, n’en faites pas une divinité autocratique, car je vous répondrai&nbsp;: l’homme, c’est le mal&nbsp;! – Ne lui attribuez pas un capital d’intelligence qui ne lui appartient que par droit de conquête, par commerce d’amour, richesse usuraire qui lui vient toute entière de la femme, qui est le produit de son âme à elle, ne le parez pas des dépouilles d’autrui, car, alors, je vous répondrai&nbsp;: la propriété, c’est le vol&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elevez la voix, au contraire, contre cette exploitation de la femme par l’homme. Dites au monde, avec cette vigueur d’argumentation qui a fait de vous un athlétique agitateur, dites lui que l’homme ne pourra désembourber la Révolution, l’arracher de sa fangeuse et sanglante ornière, qu’avec l’aide de la femme; que seul il est impuissant&nbsp;; qu’il lui faut l’épaulement du coeur et du front de la femme; que sur le chemin du Progrès social ils doivent marcher tous deux de pair, côte à côte et la main dans la main; que l’homme ne saurait atteindre au but, vaincre les fatigues du voyage, s’il n’a pour le soutenir et pour le fortifier les regards et les caresses de la femme. Dites à l’homme et dites à la femme que leurs destinées sont de se rapprocher et de se mieux comprendre; qu’ils n’ont qu’un seul et même nom comme ils ne font qu’un seul et même être, l’être-humain; qu’ils en sont, tour-à-tour et tout à la fois, l’un le bras droit et l’autre le bras gauche, et que, dans l’identité humaine, leurs coeurs ne sauraient former qu’un coeur et leurs pensées un seul faisceau de pensées. Dites-leur encore, qu’à cette condition seule ils pourront rayonner l’un sur l’autre, percer, dans leur marche phosphorescente, les ombres qui séparent le présent de l’avenir, la société civilisée de la société harmonique. Dites-leur enfin, que l’être-humain – dans ses proportions et ses manifestations relatives, l’être-humain est comme le ver luisant&nbsp;: il ne brille que par l’amour et pour l’amour!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dites cela. – Soyez plus fort que vos faiblesses, plus généreux que vos rancunes&nbsp;; proclamez la liberté, l’égalité, la fraternité, l’indivisibilité de l’être-humain. Dites cela&nbsp;: c’est de salut public. Déclarez l’Humanité en danger; appelez en masse l’homme et la femme à rejeter hors des frontières sociales les préjugés envahisseurs&nbsp;; suscitez un Deux et Trois Septembre contre cette haute noblesse masculine, cette aristocratie du sexe qui voudrait nous river à l’ancien régime. Dites cela&nbsp;: il le faut&nbsp;! dites-le avec passion, avec génie, coulez-le en bronze, faites-le tonner&#8230; et vous aurez bien mérité et des autres et de vous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nouvelle-Orléans, mai 1857</p>
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