<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>C&rsquo;est quoi l’anarchie ? &#8211; Mujereslibres</title>
	<atom:link href="https://mujereslibres.revlibertaire.com/category/cest-quoi-lanarchie/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://mujereslibres.revlibertaire.com</link>
	<description>Révolution Libertaire</description>
	<lastBuildDate>Sun, 04 Jan 2026 23:41:17 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=7.0</generator>

<image>
	<url>https://i0.wp.com/mujereslibres.revlibertaire.com/wp-content/uploads/2025/09/cropped-Capture-decran-du-2025-08-13-14-33-26-1.png?fit=32%2C32&#038;ssl=1</url>
	<title>C&rsquo;est quoi l’anarchie ? &#8211; Mujereslibres</title>
	<link>https://mujereslibres.revlibertaire.com</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
<site xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">247159907</site>	<item>
		<title>La question du féminisme</title>
		<link>https://mujereslibres.revlibertaire.com/2025/12/23/la-question-du-feminisme/</link>
					<comments>https://mujereslibres.revlibertaire.com/2025/12/23/la-question-du-feminisme/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[mujereslibres]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Dec 2025 18:22:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Amour libre]]></category>
		<category><![CDATA[Anti libéralisme économique]]></category>
		<category><![CDATA[C'est quoi l’anarchie ?]]></category>
		<category><![CDATA[Contre le système patriarcal ..capitaliste ...étatique]]></category>
		<category><![CDATA[Education libertaire]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://mujereslibres.blog/?p=363</guid>

					<description><![CDATA[<p>Lucia Sanchez Saornil Il ne suffit pas de dire&#160;: «&#160;Nous devons cibler les femmes à travers notre propagande et les attirer dans nos rangs.” Nous devons aller plus loin , beaucoup plus loin que cela. La grande majorité des camarades masculins — à l’exception d’une demie douzaine d’entre eux bien pensants — ont l’esprit infecté [&#8230;]</p>
<p>L’article <a rel="nofollow" href="https://mujereslibres.revlibertaire.com/2025/12/23/la-question-du-feminisme/">La question du féminisme</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://mujereslibres.revlibertaire.com">Mujereslibres</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Lucia Sanchez Saornil</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne suffit pas de dire&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Nous devons cibler les femmes à travers notre propagande et les attirer dans nos rangs.”</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Nous devons aller plus loin , beaucoup plus loin que cela. La grande majorité des camarades masculins — à l’exception d’une demie douzaine d’entre eux bien pensants — ont l’esprit infecté par les idées reçues bourgeoises les plus courantes. Même si ils pestent contre la propriété, ils ont foncièrement l’esprit de propriété. Même si ils fulminent contre l’esclavage, ils sont les plus cruels des «&nbsp;maîtres ». Même si ils déversent leur fureur contre le monopole, ils sont les monopolistes les plus purs et durs. Et tout cela provient de l’idée la plus fausse que l’humanité ait jamais réussi à concevoir. La prétendue «&nbsp;infériorité de la femme ». Une idée erronée qui est susceptible d’avoir retardé l’évolution de la civilisation pendant des siècles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’esclave le plus modeste, une fois franchi le seuil de sa maison, devient seigneur et maître. Son moindre caprice devient un ordre catégorique pour les femmes de son foyer. Lui qui, dix minutes plus tôt seulement, devait avaler la pilule amère de l’humiliation bourgeoise, se dresse comme un tyran et fait avaler à ces malheureuses créatures l’amère pilule de leur prétendue infériorité&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">De temps à autre, j’ai eu l’occasion d’engager la conversation avec un camarade masculin qui m’était apparue comme plutôt sensible et que j’avais entendu souligner le besoin d’une présence féminine dans notre mouvement. Un jour, il y avait une conférence au Centre et je lui ai demandé&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Et ta partenaire&nbsp;? Comment se fait-il qu’elle n’assiste pas à la conférence&nbsp;?&nbsp;»</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Sa réponse me laissa sans voix.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Elle a assez à faire en s’occupant de mes enfants et de moi.&nbsp;»</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">En une autre occasion, j’étais dans les couloirs du tribunal. J’étais en compagnie d’un camarade qui détenait un poste de responsabilités. D’une des pièces est sortie une avocate, peut-être celle d’un prolétaire. Mon compagnon lui jeta un long regard oblique et marmonna, un sourire narquois aux lèvres&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;J’enverrais balader des gens de cette sorte.&nbsp;»</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Ces deux épisodes, en apparence si banale, en disent long sur une triste réalité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avant tout, ils nous disent que nous avons négligé quelque chose de très important&nbsp;: que, pendant que nous concentrions toute nos énergies dans le travail d’agitation, nous négligions l’aspect éducatif. Que notre propagande destinée à recruter des femmes ne devrait pas être dirigée vers les femmes mais vers nos camarades masculins. Que nous devrions commencer par bannir de leur esprit l’idée de supériorité. Que lorsque l’on dit que tous les êtres humains sont égaux, les «&nbsp;êtres humains&nbsp;» comprennent aussi les femmes, même si elles sont jusqu’au cou dans les travaux ménagers et entourées de casseroles et d’animaux domestiques. On doit leur dire que les femmes possèdent un intellect comme le leur et une vive sensibilité et une folle envie de progrès&nbsp;; qu’avant de mettre de l’ordre dans la société, ils devraient le faire dans leurs propres foyers&nbsp;; que ce qu’ils rêvent pour le futur — l’égalité et la justice — ils devraient le pratiquer ici et maintenant envers les membres de leurs propres familles&nbsp;; qu’il est absurde de demander à une femme de comprendre les problèmes auxquels est confrontée l’humanité si il ne l’autorise pas d’abord à regarder en elle-même, si il ne s’assure pas que la femme avec qui il partage sa vie est consciente de son individualité, si, en clair, il ne lui accorde pas avant tout le statut d’individu&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe de nombreux camarades masculins qui souhaitent honnêtement voir les femmes apporter leur pierre à la lutte&nbsp;; mais ce désir ne provoque aucun changement dans leurs idées sur les femmes&nbsp;; ils cherchent leur coopération comme un moyen d’envisager la perspective de la victoire, comme une contribution stratégique, en fait, sans s’accorder un moment pour penser à l’autonomie des femmes ou sans cesser de se considérer comme le centre de l’univers&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une certaine réunion syndicale de propagande, à laquelle je participais, est gravée dans ma mémoire. Elle avait lieu dans une petite ville de province. Avant que ne commence la réunion, j’avais été accostée par un camarade, un membre du plus important comité local&#8230; A travers son enthousiasme débordant au sujet de la «&nbsp;vocation sublime&nbsp;» de la femme, se distinguait, clair et précis, l’argument brut avancé par Oken — qu’il ne connaissait sans doute pas, mais avec qui il était relié par le lien invisible de l’atavisme&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;La femme ne représente que le moyen, et non la fin de la nature. La nature n’a qu’une fin, qu’un objet&nbsp;: l’homme.&nbsp;»</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">&#8230;Il se plaignait au sujet de quelque chose qui était, autant que je pouvais le constater, les principaux motifs de satisfaction&nbsp;: Que les femmes avaient rompu avec la tradition qui les avait faite dépendante de l’homme et qu’elles intégraient le monde du travail à la recherche d’une indépendance économique. Cela le désolait et me réjouissait parce que je savais que le contact avec la rue et une activité sociale entraînerait un stimulus qui, ensuite, éveillerait la conscience de son individualité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa récrimination avait été la récrimination universelle il y a quelques années de cela lorsque les femmes ont d’abord quitté la maison pour l’usine et l’atelier. Peut-on en déduire que cela a causé du tort à la cause du prolétariat&nbsp;? L’intégration des femmes à la force de travail, coïncidant avec l’introduction de la machine dans l’industrie, a seulement intensifié la concurrence parmi la main d’œuvre et a conduit à une baisse sensible des salaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si l’on s’en tient à une vision superficielle, nous pourrions dire que les travailleurs masculins avaient raison. Mais si nous voulions creuser un peu et explorer le fond de la question, nous découvririons que l’issue aurait pu être très différente si les travailleurs ne s’étaient pas laissés égarer par leur hostilité envers les femmes, basée sur quelque prétendue infériorité féminine&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le combat a été mené sur la base de cette prétendue infériorité, des taux de salaire inférieurs ont été tolérés et les femmes exclues des organisations de classe au motif que le travail salarié n’était pas la vocation de la femme et, c’est sur cette base que s’est construite une compétition déloyale entre les sexes. L’idée de la femme, comme surveillante de la machine, s’accordait bien avec l’idée que l’on se faisait de l’esprit féminin à l’époque et donc, ils commencèrent à employer des femmes qui, convaincues de l’idée colportée à travers les âges qu’elles étaient inférieures, n’ont pas tenté de fixer des limites aux abus capitalistes. Les hommes se sont trouvés relégués aux tâches les plus dures et les plus spécialisées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si, au lieu de se comporter ainsi, les ouvriers avaient fait un peu de place aux femmes, en les encourageant et en les mettant sur le même niveau qu’eux, en les acceptant dès le début dans les organisations de classe, imposant aux patrons des conditions égales pour les deux sexes, le résultat aurait été radicalement différent. Dans un premier temps, leur supériorité physique leur aurait donné la priorité face à un employeur, puisqu’il lui aurait coûté la même chose d’employer une personne plus faible qu’une forte, et pour les femmes, leur désir d’évolution aurait été éveillé et, unies aux hommes dans les organisations de classe, ensemble, ils auraient pu faire de plus grands et rapides progrès sur le chemin de la libération&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">A l’heure actuelle, la théorie de l’infériorité intellectuelle des femmes a été rendue obsolète&nbsp;; un nombre important de femmes de toutes conditions sociales a fourni des preuves concrètes de la fausseté de ce dogme, disons, en démontrant l’excellent niveau de leurs talents dans tous les domaines de l’activité humaine&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais, alors que la route semblait se dégager, un nouveau dogme — cette fois avec un semblant de fondement scientifique — se dresse sur le chemin des femmes et érige de nouveaux remparts contre le progrès&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">A la place du dogme de l’infériorité intellectuelle, nous avons maintenant celui de la différenciation sexuelle. Le point controversé n’est plus, comme il l’était un siècle auparavant, de savoir si la femme est supérieure ou inférieure&nbsp;; l’argument est qu’elle est différente. Il ne s’agit plus d’une question d’un cerveau plus ou moins lourd ou d’un volume plus ou moins grand mais plutôt d’organes spongieux, appelés glandes sécrétoires, qui attribuent un caractère spécifique à l’enfant, déterminant son sexe et, par conséquent, son rôle dans la société&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’après la théorie de la différentiation, la femme n’est ni plus ni moins qu’un utérus tyrannique dont les influences néfastes se font sentir jusque dans les coins les plus reculés du cerveau&nbsp;; toute la vie psychique de la femme obéit à un processus biologique qui n’est que le processus de la gestation&#8230; La science a bidouillé les termes sans toucher à l’essence de cet axiome&nbsp;: «&nbsp;Naissance, gestation et mort.&nbsp;» La seule et unique perspective féministe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Manifestement, on a tenté de formuler cette conclusion en l’enrobant d’éloges. On nous dit&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;La vocation de la femme est la plus élaborée et la plus sublime que la nature puisse offrir&nbsp;; elle est la mère, la guide, l’éducatrice de l’humanité du futur.&nbsp;»</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le sens en est de diriger chacun de ses mouvements, sa vie entière, toute son éducation, vers ce seul objectif&nbsp;: le seul en cohérent avec sa nature, semble-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons donc maintenant les notions de féminité et de maternité réunies à nouveau. Parce qu’il apparaît que les sages n’ont pas trouvé un terrain d’entente&nbsp;; à travers les âges, l’usage a été une éloge mystique de la maternité&nbsp;; jusqu’ici, les louanges étaient réservées à la mère prolifique, celle qui donnait naissance aux héros, aux saints, aux rédempteurs ou aux tyrans&nbsp;; à partir de maintenant, elles seront réservées à la mère eugénique, la conceptrice, la femme enceinte, la mère biologique immaculée&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai dit que nous avions les notions de féminité et de maternité réunies, mais j’avais tort&nbsp;; nous avons d’ores et déjà quelque chose de pire&nbsp;: la notion de maternité éclipsant celle de féminité, la fonction annihilant l’individu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On pourrait dire que, à travers les différentes époques, le monde masculin a oscillé, dans ses rapports avec les femmes, entre les deux notions extrêmes de la putain et de la mère, entre l’abject et le sublime, sans s’arrêter à l’aspect strictement humain&nbsp;: la femme. La femme en tant que individu, rationnelle, douée de pensée, autonome&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La mère est le produit de la réaction masculine brutale contre la putain, qu’il voit en chaque femme. C’est la déification de l’utérus qui l’a hébergé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais — et ne soyons pas scandalisés, parce que nous sommes entre anarchistes et notre engagement fondamental est d’appeler les choses par leur nom et de mettre à bas les idées erronées, aussi prestigieuses soient-elles — la mère comme atout pour la société n’a donc été que la manifestation d’un instinct, un instinct tout ce qu’il y a de plus virulent parce que la vie de la femme y a été réduit pendant des années&nbsp;; mais un instinct, malgré tout, à l’exception de quelques femmes supérieures qui ont acquis le statut de sentiment.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La femme, au contraire, est un individu, une créature pensante, une entité plus complexe. En se focalisant sur la mère, on on cherche à bannir la femme alors que l’on pourrait avoir la femme et la mère, parce que la féminité n’exclut jamais la maternité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vous regardez de haut la femme comme une facteur déterminatif de la société, lui assignant le statut de facteur passif. Vous regardez de haut la contribution directe d’une femme intelligente, lui préférant celle peut-être inepte d’un homme. Je le répète&nbsp;: nous devons appeler les choses par leurs noms. Les femmes sont des femmes avant tout. C’est seulement si elles sont des femmes que vous aurez les mères dont vous avez besoin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que je trouve choquant, c’est que des camarades masculins, qui se définissent comme anarchistes, peut-être éblouis par le principe scientifique sur lequel le nouveau dogme prétend reposer, sont capables de le défendre. A leur vue, je suis assaillie par ce doute&nbsp;: si ils sont anarchistes, ils ne peuvent pas être sérieux, et si ils sont sérieux, ils ne peuvent pas être anarchistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon la théorie de la différentiation, la mère est l’équivalent de l’ouvrier. Pour un anarchiste, un ouvrier est avant tout un homme, et avant tout, la mère devrait être une femme. (Je parle au sens générique). Parce que, pour un anarchiste, l’individu vient avant tout&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela est peut-être regrettable mais les campagne pour une plus grande liberté sexuelle n’ont pas toujours été correctement comprises par nos jeunes camarades masculins, et, en de nombreuses occasions, ils ont attiré dans nos rangs un grand nombres de jeunes des deux sexes, qui se désintéressent totalement des questions sociales, et qui sont juste à l’affût d’aventures amoureuses. Il y en a certains qui ont interprété la liberté comme une invitation à l’excès et qui regarde chaque femme qui passe comme une cible pour leurs appétits&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans nos centres, rarement fréquentés par les jeunes femmes, j’ai remarqué que les conversations entre les sexes ne tournent jamais autour d’une question, encore moins d’un sujet lié au travail&nbsp;; du moment où un jeune rencontre quelqu’un du sexe opposé, la question sexuelle les ensorcelle et l’amour libre semble être le seul sujet de conversation. Et j’ai constaté deux types de réponses féminines à cela. L’une, reddition instantanée à la suggestion&nbsp;; dans ce cas, il ne faut pas longtemps pour que la femme se retrouve le jouet des caprices masculins et perde complètement toute conscience sociale. L’autre est le désenchantement&nbsp;: de sorte que la femme qui est arrivée avec des ambitions et des aspirations élevées, s’éloigne, désappointée et finit par quitter nos rangs. Seules, quelques femmes de caractère, qui ont appris à mesurer la valeur des choses par elles-mêmes, parviennent à surmonter cela.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quant à la réponse des hommes, elle est toujours la même, malgré son éducation sexuelle tant vantée, et cela est évident lorsque, dans ses différents démêlés amoureux avec la femme qu’il considère comme une «&nbsp;camarade », la figure du Don Juan se transforme en Othello, et la femme — sinon le couple — est perdue pour le mouvement&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mon opinion réfléchie, en définitif, est que la résolution de ce problème dépend uniquement de celle de la question économique. De la révolution. Et de rien d’autre. Tout autre chose signifierait nommer le même vieil esclavage par un nouveau nom.</p>
<p>L’article <a rel="nofollow" href="https://mujereslibres.revlibertaire.com/2025/12/23/la-question-du-feminisme/">La question du féminisme</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://mujereslibres.revlibertaire.com">Mujereslibres</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://mujereslibres.revlibertaire.com/2025/12/23/la-question-du-feminisme/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">363</post-id>	</item>
		<item>
		<title>La cuestión del feminismo</title>
		<link>https://mujereslibres.revlibertaire.com/2025/12/23/la-cuestion-del-feminismo/</link>
					<comments>https://mujereslibres.revlibertaire.com/2025/12/23/la-cuestion-del-feminismo/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[mujereslibres]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Dec 2025 18:20:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Amour libre]]></category>
		<category><![CDATA[Anti libéralisme économique]]></category>
		<category><![CDATA[C'est quoi l’anarchie ?]]></category>
		<category><![CDATA[Contre le système patriarcal ..capitaliste ...étatique]]></category>
		<category><![CDATA[Education libertaire]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://mujereslibres.blog/?p=360</guid>

					<description><![CDATA[<p>Lucia Sanchez Saornil Lucía Sánchez Saornil (1895–1970) fue una poeta, escritora y feminista anarquista española. Militó en la CNT, pero fue crítica con las actitudes sexistas de muchos anarquistas españoles. Ayudó a fundar el grupo feminista anarquista Mujeres Libres en abril de 1936, una organización confederal de mujeres anarquistas españolas que desempeñó un papel importante [&#8230;]</p>
<p>L’article <a rel="nofollow" href="https://mujereslibres.revlibertaire.com/2025/12/23/la-cuestion-del-feminismo/">La cuestión del feminismo</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://mujereslibres.revlibertaire.com">Mujereslibres</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Lucia Sanchez Saornil</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lucía Sánchez Saornil (1895–1970) fue una poeta, escritora y feminista anarquista española. Militó en la CNT, pero fue crítica con las actitudes sexistas de muchos anarquistas españoles. Ayudó a fundar el grupo feminista anarquista <strong>Mujeres Libres</strong> en abril de 1936, una organización confederal de mujeres anarquistas españolas que desempeñó un papel importante en la Revolución y la Guerra Civil españolas (1936–1939). Los siguientes fragmentos proceden de su artículo <strong>«La cuestión femenina en nuestras filas»</strong>, publicado originalmente en el periódico de la CNT <em>Solidaridad Obrera</em>, septiembre-octubre de 1935 (reimpreso en <em>Mujeres Libres. España, 1936–1939</em>, Barcelona: Tusquets, 1976, ed. Mary Nash). Traducción de Paul Sharkey.</p>



<p class="wp-block-paragraph">No basta con decir: «Hay que dirigir nuestra propaganda a las mujeres y atraerlas a nuestras filas»; hay que ir mucho más allá, muchísimo más allá. La inmensa mayoría de los compañeros —salvo media docena de bien pensantes— tiene la mente infectada por los prejuicios burgueses más típicos. Mientras arremeten contra la propiedad, son rabiosamente propietaristas. Mientras despotrican contra la esclavitud, son los más crueles “amos”. Mientras descargan su furia contra el monopolio, son los monopolistas más empedernidos. Y todo ello deriva de la noción más falsa que la humanidad haya logrado concebir jamás: la supuesta “inferioridad de la mujer”. Una idea errónea que bien puede haber retrasado la civilización durante siglos.</p>



<p class="wp-block-paragraph">El esclavo más humilde, al cruzar el umbral de su casa, se convierte en señor y amo. Su menor capricho se vuelve orden inapelable para las mujeres de su hogar. Aquel que, diez minutos antes, tenía que tragarse la amarga píldora de la humillación burguesa, se yergue como un tirano y hace tragar a esas infelices criaturas la amarga píldora de su supuesta inferioridad…</p>



<p class="wp-block-paragraph">En más de una ocasión he conversado con un compañero que me parecía bastante sensato y al que siempre había oído insistir en la necesidad de una presencia femenina en nuestro movimiento. Un día se celebraba una charla en el Centro y le pregunté:</p>



<p class="wp-block-paragraph">—¿Y tu compañera? ¿Cómo es que no vino a la charla?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Su respuesta me heló.</p>



<p class="wp-block-paragraph">—Mi compañera tiene bastante con cuidarme a mí y a mis hijos.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En otra ocasión me hallaba en los pasillos del juzgado con un compañero que ocupa un cargo de responsabilidad. De una de las salas salió una abogada, quizá defensora de algún proletario. Mi acompañante le lanzó una mirada de soslayo y murmuró, con una mueca resentida en los labios: «A las de su clase las mandaría a paseo».</p>



<p class="wp-block-paragraph">¿Cuánta tristeza encierran esos dos episodios, en apariencia tan banales?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sobre todo nos dicen que hemos pasado por alto algo de gran importancia: que mientras concentrábamos todas nuestras energías en el trabajo de agitación, descuidábamos el aspecto educativo. Que nuestra propaganda para atraer a las mujeres debería dirigirse, no a las mujeres, sino a nuestros propios compañeros. Que debemos empezar por desterrar de sus cabezas esa noción de superioridad. Que cuando se les dice que todos los seres humanos son iguales, “seres humanos” incluye también a las mujeres, aunque estén hasta el cuello de trabajo doméstico y rodeadas de cacerolas y animales. Hay que decirles que las mujeres poseen un intelecto como el suyo y una sensibilidad viva y un anhelo de superación; que antes de poner la sociedad en orden deberían poner en orden su propio hogar; que lo que sueñan para el futuro —igualdad y justicia— deben practicarlo aquí y ahora con quienes comparten su casa; que es absurdo pedir a la mujer que comprenda los problemas de la humanidad si antes no se le permite mirarse a sí misma, si él no se asegura de que la mujer con la que comparte su vida tome conciencia de su individualidad; si, en suma, no se le reconoce primero la condición de individuo…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Hay muchos compañeros que honestamente desean que la mujer aporte su esfuerzo a la lucha; pero ese deseo no nace de ningún cambio en su idea sobre la mujer; buscan su cooperación como un factor que podría augurar la victoria, como una contribución estratégica, por así decirlo, sin dedicar un instante a la autonomía femenina ni dejar de considerarse el centro del universo…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tengo grabado en la memoria un mitin sindical de propaganda en el que participé. Tuvo lugar en una pequeña ciudad de provincias. Antes de comenzar el acto se me acercó un compañero, miembro del Comité Local más importante… Tras su entusiasmo fogoso por la “sublime misión” de la mujer se traslucía, claro y preciso, el argumento tosco sostenido por Oken —con quien sin duda no estaba familiarizado, pero al que lo unía el hilo invisible del atavismo—: «La mujer no es más que el medio y no el fin de la naturaleza. La naturaleza no tiene más fin, más objeto, que el hombre».</p>



<p class="wp-block-paragraph">…Se quejaba de algo que, a mi entender, era motivo principal de satisfacción: que las mujeres hubieran roto con la tradición que las mantenía como dependientes de los hombres y hubieran salido al mercado de trabajo en busca de independencia económica. Eso le dolía y a mí me alegraba, porque sabía que el contacto con la calle y con la actividad social proporcionaría un estímulo que acabaría activando su conciencia de individualidad.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Su queja había sido la queja universal de unos años antes, cuando las mujeres abandonaron por primera vez el hogar para ir a la fábrica o al taller. ¿Podía deducirse de ello que se trataba de un daño para la causa proletaria? La incorporación de la mujer al trabajo, coincidiendo con la introducción de la maquinaria en la industria, no hizo sino agudizar la competencia laboral y, como resultado, provocar una caída apreciable de los salarios.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Desde una visión superficial diríamos que los obreros tenían razón; pero si, siempre dispuestos a ahondar en la verdad, exploramos el núcleo del problema, hallaremos que el desenlace podría haber sido muy distinto si los obreros no se hubieran dejado arrastrar por su hostilidad hacia las mujeres, basada en una supuesta inferioridad femenina.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La lucha se planteó sobre la base de esa supuesta inferioridad y se toleraron salarios más bajos y la exclusión de las mujeres de las organizaciones de clase con el argumento de que el trabajo social no era la vocación femenina; y sobre ello se edificó una competencia ilícita entre los sexos. La mujer operaria de la máquina encajaba bien con la visión simplista de la mente femenina de aquellos días y así comenzaron a emplear a mujeres que, habituadas durante siglos a la idea de su inferioridad, no intentaban poner límites a los abusos capitalistas. Los hombres se vieron relegados a las tareas más duras y a las habilidades especializadas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si, en lugar de comportarse así, los obreros hubieran ofrecido a las mujeres apoyo, despertando en ellas el estímulo y elevándolas a su mismo nivel, incorporándolas desde el inicio a las organizaciones de clase, imponiendo a los patronos condiciones iguales para ambos sexos, el resultado habría sido muy distinto. Momentáneamente, su superioridad física les habría dado ventaja en la elección del empleo, pues al empresario le costaría lo mismo contratar a una persona fuerte que a una débil; y en cuanto a la mujer, se habría despertado su deseo de superación y, unida a los hombres en las organizaciones de clase, juntos podrían haber avanzado grandes y más rápidos pasos por el camino de la liberación…</p>



<p class="wp-block-paragraph">En la actualidad, la teoría de la inferioridad intelectual de la mujer ha quedado obsoleta; un número considerable de mujeres de toda condición social ha demostrado en la práctica la falsedad de ese dogma, podríamos decir, exhibiendo la excelente calidad de sus talentos en todos los ámbitos de la actividad humana…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pero justo cuando el camino parecía despejado, un nuevo dogma —esta vez con apariencia de fundamento científico— se interpone en el camino de la mujer y levanta nuevas barreras contra su progreso…</p>



<p class="wp-block-paragraph">En lugar del dogma de la inferioridad intelectual tenemos ahora el de la diferenciación sexual. La cuestión ya no es, como hace un siglo, si la mujer es superior o inferior; se sostiene que es diferente. Ya no se trata de un cerebro más pesado o más ligero, de mayor o menor volumen, sino de órganos esponjosos llamados glándulas secretoras que imprimen un carácter específico al niño, determinando su sexo y, con ello, su papel en la sociedad…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Según la teoría de la diferenciación, la mujer no es más que un útero tiránico cuyas oscuras influencias alcanzan incluso los recovecos más profundos del cerebro; toda la vida psíquica de la mujer obedece a un proceso biológico y ese proceso biológico es, sencillamente, la gestación… La ciencia ha retocado los términos sin tocar la esencia de ese axioma: «nacer, gestar y morir». Todo y nada más que el horizonte femenino.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Evidentemente se ha intentado envolver esta conclusión en nubes doradas de elogio. «La misión de la mujer es la más culta y sublime que la naturaleza ofrece», se nos dice; «es la madre, la guía, la educadora de la humanidad futura». Mientras tanto, se habla de dirigir cada uno de sus pasos, toda su vida, toda su educación hacia ese único objetivo: el único acorde con su naturaleza, al parecer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Así volvemos a ver juntas las nociones de mujer y maternidad. Aunque me equivoqué: ya tenemos algo peor: la noción de maternidad eclipsando la de mujer, la función aniquilando al individuo.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Podría decirse que a lo largo de los siglos el mundo masculino ha oscilado, en su trato con la mujer, entre las dos nociones extremas de prostituta y madre, de lo abyecto a lo sublime, sin detenerse en lo estrictamente humano: la mujer. La mujer como individuo, como ser racional, reflexivo y autónomo…</p>



<p class="wp-block-paragraph">La madre es el producto de la reacción masculina contra la prostituta que toda mujer representa para él. Es la deificación del útero que lo albergó.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pero —y que nadie se escandalice, pues estamos entre anarquistas y nuestro compromiso esencial es llamar a las cosas por su nombre y derribar todas las ideas erróneas, por prestigiosas que sean— la madre como valor social no ha sido hasta ahora más que la manifestación de un instinto, un instinto tanto más agudo cuanto que la vida de la mujer ha girado exclusivamente en torno a él durante años; pero instinto al fin y al cabo, salvo que en algunas mujeres superiores haya adquirido la categoría de sentimiento.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La mujer, en cambio, es un individuo, un ser pensante, una entidad superior. Al centrarse en la madre se pretende desterrar a la mujer cuando podría haber mujer y madre, porque la condición de mujer nunca excluye la maternidad.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Se desprecia a la mujer como factor determinante de la sociedad, asignándole el papel de factor pasivo. Se desprecia la contribución directa de una mujer inteligente en favor de su quizá torpe descendencia masculina. Repito: hay que llamar a las cosas por su nombre. Las mujeres son mujeres antes que nada; solo siendo mujeres se tendrán las madres que se necesitan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lo que realmente me escandaliza es que compañeros que se dicen anarquistas, quizá deslumbrados por el principio científico en que el nuevo dogma pretende apoyarse, sean capaces de sostenerlo. Al verlos me asalta esta duda: si son anarquistas, no pueden ser auténticos; y si son auténticos, no son anarquistas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bajo la teoría de la diferenciación, la madre equivale al obrero. Para un anarquista, ante todo el obrero es un hombre, y ante todo la madre debe ser una mujer (hablo en sentido genérico). Porque para un anarquista, el individuo es lo primero…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lamentablemente, las campañas por una mayor libertad sexual no siempre han sido bien comprendidas por nuestros jóvenes compañeros, y en muchos casos han atraído a nuestras filas a numerosos jóvenes de ambos sexos a quienes la cuestión social les importa bien poco y que solo buscan una oportunidad para sus propias aventuras amorosas. Hay quienes han entendido esa libertad como una invitación al desenfreno y miran a cada mujer que pasa como un objetivo para su apetito…</p>



<p class="wp-block-paragraph">En nuestros centros, raramente frecuentados por mujeres jóvenes, he observado que las conversaciones entre los sexos rara vez giran en torno a una cuestión, y menos aún a un asunto laboral; en cuanto un joven se encuentra frente a alguien del sexo opuesto, la cuestión sexual lo domina todo y el amor libre parece ser el único tema de conversación. He visto dos tipos de respuesta femenina. Una, la rendición inmediata a la sugerencia; en cuyo caso no pasa mucho tiempo antes de que la mujer acabe convertida en juguete de los caprichos masculinos y se aleje por completo de cualquier conciencia social. La otra es el desencanto: la mujer que llegó con ambiciones y aspiraciones más elevadas se marcha decepcionada y termina retirándose de nuestras filas. Solo unas pocas mujeres de carácter fuerte, que han aprendido a valorar las cosas por sí mismas, logran resistir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En cuanto a la respuesta masculina, sigue siendo la de siempre, pese a su alardeada educación sexual, y esto se hace patente cuando, en diversos enredos amorosos con la mujer a la que considera “compañera”, el Don Juan se transforma en un Otelo y la mujer —si no ambos— se pierde para el movimiento…</p>



<p class="wp-block-paragraph">En última instancia, mi opinión meditada es que la resolución de este problema solo puede hallarse en una correcta resolución de la cuestión económica. En la revolución. Y en ningún otro lugar. Todo lo demás no sería más que llamar a la vieja esclavitud por un nombre nuevo.</p>
<p>L’article <a rel="nofollow" href="https://mujereslibres.revlibertaire.com/2025/12/23/la-cuestion-del-feminismo/">La cuestión del feminismo</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://mujereslibres.revlibertaire.com">Mujereslibres</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://mujereslibres.revlibertaire.com/2025/12/23/la-cuestion-del-feminismo/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">360</post-id>	</item>
		<item>
		<title>The Question of Feminism</title>
		<link>https://mujereslibres.revlibertaire.com/2025/12/23/the-question-of-feminism/</link>
					<comments>https://mujereslibres.revlibertaire.com/2025/12/23/the-question-of-feminism/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[mujereslibres]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Dec 2025 18:05:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Amour libre]]></category>
		<category><![CDATA[Anti libéralisme économique]]></category>
		<category><![CDATA[C'est quoi l’anarchie ?]]></category>
		<category><![CDATA[Contre le système patriarcal ..capitaliste ...étatique]]></category>
		<category><![CDATA[Education libertaire]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://mujereslibres.blog/?p=356</guid>

					<description><![CDATA[<p>Lucia Sanchez Saornil Lucia Sanchez Saornil (1895–1970) was a Spanish poet, writer and anarchist feminist. She was active in the CNT but critical of the sexist attitudes of many male Spanish anarchists. She helped found the anarchist feminist group, Mujeres Libres, in April 1936, a confederal organization of Spanish anarchist women that played an important [&#8230;]</p>
<p>L’article <a rel="nofollow" href="https://mujereslibres.revlibertaire.com/2025/12/23/the-question-of-feminism/">The Question of Feminism</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://mujereslibres.revlibertaire.com">Mujereslibres</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Lucia Sanchez Saornil</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lucia Sanchez Saornil (1895–1970) was a Spanish poet, writer and anarchist feminist. She was active in the CNT but critical of the sexist attitudes of many male Spanish anarchists. She helped found the anarchist feminist group, Mujeres Libres, in April 1936, a confederal organization of Spanish anarchist women that played an important role in the Spanish Revolution and Civil War (1936–1939). The following excerpts are taken from her article, “The Woman Question in Our Ranks,” originally published in the CNT paper,&nbsp;<em>Solidaridad Obrera</em>, September-October 1935 (reprinted in “Mujeres Libres” España, 1936–1939, Barcelona: Tusquets, 1976, ed. Mary Nash). The translation is by Paul Sharkey.</p>



<p class="wp-block-paragraph">It is not enough to say: “We must target women with our propaganda and draw women into our ranks;” we have to take things further, much further than that. The vast majority of male comrades — with the exception of a half dozen right-thinking types — have minds infected by the most typical bourgeois prejudices. Even as they rail against property, they are rabidly proprietorial. Even as they rant against slavery, they are the cruellest of “masters.” Even as they vent their fury on monopoly, they are the most dyed-in-the-wool monopolists. And all of this derives from the phoniest notion that humanity has ever managed to devise. The supposed “inferiority of women.” A mistaken notion that may well have set civilization back by centuries.</p>



<p class="wp-block-paragraph">The lowliest slave, once he steps across his threshold, becomes lord and master. His merest whim becomes a binding order for the women in his household. He who, just ten minutes earlier, had to swallow the bitter pill of bourgeois humiliation, looms like a tyrant and makes these unhappy creatures swallow the bitter pill of their supposed inferiority&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Time and again I have had occasion to engage in conversation with a male comrade who struck me as rather sensible and I had always heard him stress the need for a female presence in our movement. One day, there was a talk being given at the Centre, so I asked him:</p>



<p class="wp-block-paragraph">“What about your partner. How come she didn’t attend the talk?” His response left me chilled.</p>



<p class="wp-block-paragraph">“My partner has her hands full looking after me and my children.”</p>



<p class="wp-block-paragraph">On another occasion, I was in the corridors of the court building. I was with a male comrade who holds a position of responsibility. Out of one of the rooms emerged a female lawyer, maybe the defence counsel for some proletarian. My companion threw her a sidelong glance and mumbled as a resentful smirk played on his lips: “I’d send her type packing.”</p>



<p class="wp-block-paragraph">How much of a sad tale is told by those two, seemingly so banal, episodes?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Above all, they tell us that we have overlooked something of great significance: that while we were focusing all our energies on agitational work, we were neglecting the educational side. That our propaganda designed to recruit women should be directed, not at the women but at our own male comrades. That we should start by banishing this notion of superiority from their heads. That when they are told that all human beings are equal, “human beings” means women as well, even should they be up to their necks in housework and surrounded by saucepans and domestic animals. They need to be told that women possess an intellect like their own and a lively sensitivity and yearning for improvement; that before putting society to rights, they should be putting their own households in order; that what they dream of for the future-equality and justice-they should be practicing right here and now towards the members of their household; that it is nonsense to ask woman to understand the problems facing humanity unless she is first allowed to look inside herself, unless he ensures that the woman with whom he shares his life is made aware of her individuality, unless, in short, she is first accorded the status of individual&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">There are many male comrades who honestly want to see women do their bit in the struggle; but this desire is not prompted by any change in their idea of women; they seek her cooperation as a factor that may hold out the prospect of victory, as a strategic contribution, so to speak, without giving a moment’s thought to female autonomy or ceasing to regard themselves as the centre of the universe&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Etched in my memory is a certain trade union propaganda rally in which I was a participant. It took place in a small provincial town. Before the meeting got under way I was accosted by a male comrade, a member of the most important Local Committee&#8230; Through his fiery enthusiasm about the “sublime calling” of woman there shone, clear and precise, the blunt argument maintained by Oken — with whom he, no doubt, was not familiar, but to whom he was connected by the invisible thread of atavism — “Woman is but the means rather than the end of nature. Nature has but one end, one object: man.”</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8230;He was complaining about something that was, as far as I could see, the main grounds for satisfaction: That women had broken with the tradition that had them as men’s dependents and stepped out into the labour market in search of economic independence. This pained him and delighted me because I knew that contact with the street and with social activity would provide a stimulus that in the end would activate her consciousness of her individuality.</p>



<p class="wp-block-paragraph">His complaint had been the universal complaint of a few years before when women first quit the home for factory or workshop. Could it be deduced from this that it amounted to damage done to the proletarian cause? Woman’s absorption into the workforce, coinciding with the introduction of machinery into industry, merely heightened labour competition and as a result led to a discernible fall in wages.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Taking the superficial view, we would say that the male workers were right: but if, ever ready to delve into the truth, we were to explore the core of the issue we will find that the outcome could have been so different, had the male workers not let themselves be carried away by their hostility to women, based on some supposed female inferiority.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Battle was joined on the basis of this supposed inferiority and lower pay rates were countenanced and women excluded from the class organizations on the grounds that social toil was not woman’s calling, and on this was built an illicit competition between the sexes. The female machine-minder fitted in well with the simplistic view of the female mind in those days and so they started to employ women who, inured down through the ages to the idea that they were inferiors, made no attempt to set limits to capitalist abuses. Men found themselves relegated to the rougher tasks and specialized skills.</p>



<p class="wp-block-paragraph">If, instead of behaving like this, the male workers had offered women some quarter, awakening in her encouragement and raising her to their own level, drawing her, right from the outset, into the class organizations, imposing equal conditions for both sexes upon the bosses, the upshot would have been markedly different. Momentarily, their physical superiority would have given them the upper hand in the selection of their employer, since it would have cost him as much to employ a strong person as it would a weakling, and, as for woman, her desire for improvement would have been aroused and, united with the men in the class organizations, together they could have made great and more rapid strides along the road to liberation&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">At the present time the theory of the intellectual inferiority of women has been rendered obsolete; a sizable number of women of every social condition have furnished practical proof of the falsity of that dogma, we might say, by displaying the excellent calibre of their talents in every realm of human activity&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">But, just when the road ahead seemed clear, a new dogma — this time with a semblance of scientific foundation — stands in woman’s way and throws up further ramparts against her progress&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">In place of the dogma of intellectual inferiority, we now have that of sexual differentiation. The moot point now is no longer, as it was a century ago, whether woman is superior or inferior; the argument is that she is different. No longer is it a question of a heavier or lighter brain of greater or lesser volume, but rather of spongy organs known as secreting glands which stamp a specific character on a child, determining its sex and thereby its role in society&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">As far as the theory of differentiation is concerned, woman is nothing more than a tyrannical uterus whose dark influences reach even into the deepest recesses of the brain; woman’s whole psychic life is obedient to a biological process and that biological process is quite simply the process of gestation&#8230; Science has tinkered with the terms without tampering with the essence of that axiom: “Birth, gestation and death.” The whole and all of the womanly prospect.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plainly an attempt has been made to frame this conclusion in golden clouds of eulogy. “Woman’s calling is the most cultivated and sublime that nature has to offer,” we are told; “she is the mother, the guide, the educator of the humanity of the future.” Meanwhile the talk is of directing her every move, her entire life, all her education towards that single goal: the only one consonant with her nature, it would seem.</p>



<p class="wp-block-paragraph">So now we have the notions of womanhood and motherhood set alongside each other again. Because it transpires that the sages have not discovered any middle ground; down through the ages, the practice has been a mystical eulogization of motherhood; hitherto, the praises went to the prolific mother, the mother who gives birth to heroes, saints, redeemers or tyrants; from now on, the praise will be reserved for the eugenic mother, the conceiver, the gestator, the immaculate birth-mother&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">I said that we had the notions of womanhood and of motherhood set beside each other, but I was wrong; we already have something worse: the notion of motherhood overshadowing that of womanhood, the function annihilating the individual.</p>



<p class="wp-block-paragraph">It might be said that down through the ages the male world has wavered, in its dealings with woman, between the two extreme notions of whore and mother, from the abject to the sublime without stopping at the strictly human: woman. Woman as an individual, as a rational, thoughtful, autonomous individual&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">The mother is the product of the male backlash against the whore that every woman represents to him. It is the deification of the uterus that hosted him.</p>



<p class="wp-block-paragraph">But — and let no one be scandalized for we are in the company of anarchists and our essential commitment is to call things by their proper name and tear down all wrong-headed notions, no matter how prestigious these may be — the mother as an asset to society has thus far merely been the manifestation of an instinct, an instinct all the sharper because woman’s life has revolved solely around it for years; but an instinct, for all that, except that in some superior women it has acquired the status of sentiment.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Woman, on the other hand, is an individual, a thoughtful creature, a higher entity. By focusing on the mother you seek to banish woman when you could have woman and mother, because womanhood never excludes motherhood.</p>



<p class="wp-block-paragraph">You sneer at woman as a determinative factor in society, assigning her the status of a passive factor. You sneer at the direct contribution of an intelligent woman, in favour of her perhaps inept male offspring. I say again: we must call things by their proper names. That women are women before all else; only if they are women will you have the mothers you need.</p>



<p class="wp-block-paragraph">What I find really shocking is that male comrades who style themselves anarchists, bedazzled, perhaps, by the scientific principle upon which the new dogma purports to rest, are capable of upholding it. At the sight of them, I am assailed by this doubt: if they are anarchists, they cannot be for real, and if they are for real, they are no anarchists.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Under the theory of differentiation, the mother is the equivalent of the worker. To an anarchist, above all else a worker is a man, and above all else the mother should be a woman. (I am speaking in a generic sense). Because, for an anarchist, the individual comes first and foremost&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Regrettable it may be, but the campaigns for greater sexual freedom have not always been properly understood by our young male comrades, and in many instances, they have attracted into our ranks a large number of youths of both sexes who could not care less about the social question and who are just on the look-out for an opening for their own amorous adventures. There are some who have construed that freedom as an invitation to over-indulgence and who look upon every woman that passes their way as a target for their appetites&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">In our centres, rarely frequented by young women, I have noticed that conversations between the sexes rarely revolve around an issue, let alone a work-related matter; the moment a youth comes face to face with someone of the opposite sex, the sexual issue casts its spell and free love seems to be the sole topic of conversation. And I have seen two types of female response to this. One, instant surrender to the suggestion; in which case it is not long before the woman winds up as a plaything of masculine whims and drifts away completely from any social conscience. The other is disenchantment: whereby the woman who arrived with loftier ambitions and aspirations comes away disappointed and ends up withdrawing from our ranks. Only a few women with strength of character who have learned to gauge the worth of things for themselves manage to weather this.</p>



<p class="wp-block-paragraph">As for the male response, that remains the same as ever, in spite of his vaunted sexual education and this is plain when, in various amorous entanglements with the woman he regards as a “female comrade,” the Don Juan figure turns into an Othello and the woman-if not the pair of them-is lost to the movement&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">It is, ultimately, my considered opinion that resolution of this problem lies solely in a proper resolution of the economic question. In revolution. And nowhere else. Anything else would merely be calling the same old slavery by a new name.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a rel="nofollow" href="https://mujereslibres.revlibertaire.com/2025/12/23/the-question-of-feminism/">The Question of Feminism</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://mujereslibres.revlibertaire.com">Mujereslibres</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://mujereslibres.revlibertaire.com/2025/12/23/the-question-of-feminism/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">356</post-id>	</item>
		<item>
		<title>Mujeres Libres</title>
		<link>https://mujereslibres.revlibertaire.com/2025/11/22/mujeres-libres-4/</link>
					<comments>https://mujereslibres.revlibertaire.com/2025/11/22/mujeres-libres-4/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[mujereslibres]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 22 Nov 2025 11:17:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[AIT]]></category>
		<category><![CDATA[Amour libre]]></category>
		<category><![CDATA[Anti libéralisme économique]]></category>
		<category><![CDATA[C'est quoi l’anarchie ?]]></category>
		<category><![CDATA[Contre le système patriarcal ..capitaliste ...étatique]]></category>
		<category><![CDATA[Education libertaire]]></category>
		<category><![CDATA[FAI]]></category>
		<category><![CDATA[Les révolutions]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://mujereslibres.blog/?p=340</guid>

					<description><![CDATA[<p>Las Mujeres Libres eran un grupo de mujeres anarquistas que se organizaban y luchaban tanto por la liberación de las mujeres como por una revolución anarquista durante la Guerra Civil española. El trabajo que realizaron es verdaderamente inspirador. Su ejemplo muestra cómo la lucha contra la opresión de las mujeres y la lucha contra el [&#8230;]</p>
<p>L’article <a rel="nofollow" href="https://mujereslibres.revlibertaire.com/2025/11/22/mujeres-libres-4/">Mujeres Libres</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://mujereslibres.revlibertaire.com">Mujereslibres</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Las Mujeres Libres eran un grupo de mujeres anarquistas que se organizaban y luchaban tanto por la liberación de las mujeres como por una revolución anarquista durante la Guerra Civil española. El trabajo que realizaron es verdaderamente inspirador. Su ejemplo muestra cómo la lucha contra la opresión de las mujeres y la lucha contra el capitalismo pueden unirse en una misma lucha de clases por la libertad.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Como anarquistas, rechazaban cualquier relegación de las mujeres a una posición secundaria dentro del movimiento libertario. En los años 1930, el feminismo tenía un significado más estrecho que hoy, y ellas lo rechazaban como una teoría que luchaba por “la igualdad de las mujeres dentro de un sistema de privilegios ya existente”. Afirmaban:</p>



<p class="wp-block-paragraph">«No somos, ni entonces éramos, feministas. No luchábamos contra los hombres. No queríamos sustituir una jerarquía masculina por una jerarquía feminista. Es necesario trabajar y luchar juntas y juntos, porque si no lo hacemos, nunca tendremos una revolución social. Pero necesitábamos nuestra propia organización para luchar por nosotras mismas».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Declaraban también:</p>



<p class="wp-block-paragraph">«Conocemos los precedentes establecidos por las organizaciones feministas y por los partidos políticos… No podíamos seguir ninguno de esos caminos. No podíamos separar el problema de las mujeres del problema social. Tampoco podíamos negar la importancia del primero convirtiendo a las mujeres en un simple instrumento de cualquier organización, incluso… de nuestra propia organización libertaria.<br>La intención que sustentaba nuestras actividades era mucho más amplia: servir a una doctrina, no a un partido; empoderar a las mujeres para convertirlas en individuos capaces de contribuir a la estructuración de la sociedad futura, individuos que han aprendido a autodeterminarse y no a seguir ciegamente las directrices de cualquier organización».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Las Mujeres Libres tenían una estrategia de dos ejes: la <strong>capacitación</strong> (preparación) y la <strong>captación</strong> (incorporación o participación). Su trabajo inicial combinaba toma de conciencia y acción directa.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Para obtener apoyo mutuo, crearon redes de mujeres anarquistas. Participando juntas en reuniones, verificaban los comportamientos sexistas que se les comunicaban y reflexionaban sobre cómo responder a ellos. Crearon guarderías móviles para permitir que más mujeres participaran en las actividades sindicales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Publicaron una revista, distribuida y difundida por los redes anarquistas existentes. Las mujeres relataban allí el trabajo que realizaban realmente. La toma de conciencia era esencial: cada número incluía un artículo sobre la condición de las mujeres, y publicaban también una columna en otros periódicos anarquistas. Su revista ofrecía artículos culturales, sobre educación, cine, deporte. Y, finalmente, artículos que podrían encontrarse en cualquier revista femenina: la utilidad del gas, el cuidado de los niños, la moda. Más adelante, libros y folletos completaron esta publicación.</p>



<p class="wp-block-paragraph">El trabajo de propaganda también se realizaba mediante emisiones de radio, bibliotecas itinerantes y giras de propaganda. Una de sus integrantes, Pepita, describió así su experiencia:</p>



<p class="wp-block-paragraph">«Reuníamos a las mujeres y les explicábamos… que existe un papel claramente definido para las mujeres, que no deben perder su independencia, pero que una mujer puede ser madre y compañera al mismo tiempo…<br>Las jóvenes venían a verme y me decían: “Esto es muy interesante. Lo que dices nunca lo habíamos escuchado. Es algo que sentíamos, pero que no sabíamos expresar…”<br>¿Las ideas que más las impactaban? Hablar del poder que los hombres ejercían sobre las mujeres… Se producía una especie de alboroto cuando les decíamos: “No podemos permitir que los hombres se crean superiores a las mujeres, que crean tener el derecho de dominarlas”. Creo que las mujeres españolas esperaban ansiosamente ese llamado».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Muchos trabajadores y campesinos en España eran analfabetos. En respuesta, las Mujeres Libres organizaron programas de alfabetización, cursos técnicos y clases de estudios sociales. Entre 600 y 800 personas asistían diariamente a estos cursos en Barcelona en diciembre de 1938. En cooperación con los sindicatos anarquistas, establecieron programas de aprendizaje.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Paralelamente al trabajo de propaganda, realizaban las tareas cotidianas necesarias para defender la revolución contra el ataque fascista. Proveían alimentos a las milicias y creaban comedores comunitarios. Organizaban apoyo para las mujeres presentes en las milicias, creando talleres de autodefensa. Fundaron una escuela de enfermería y una clínica médica de emergencia para atender a los heridos.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Teresina, a pesar de su falta de experiencia médica, fue nombrada administradora. Hablaba con orgullo de su papel:</p>



<p class="wp-block-paragraph">«Recuerdo cuántas veces venían padres a pedirme algo en la clínica y yo les decía: “Por favor, aquí todos somos iguales”.<br>Y ellos me respondían: “Aquí sí que habéis hecho la revolución”.<br>Sentía una enorme satisfacción. Porque gestioné todo sin ninguna formación… Lo que creía, lo puse en práctica… y eso es lo que puedo decir de lo que hice por la revolución. Lo demás, hice lo que todas hacían. Pero esto, esto sí lo hice yo».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sin embargo, la revolución no consistía únicamente en derrotar al fascismo, sino en construir una nueva sociedad que respondiera a las necesidades de todas y todos. Viajando por Cataluña y Aragón, las Mujeres Libres ayudaron a establecer colectividades rurales. Muchas mujeres acompañaban a representantes de la CNT y de la FAI usando altavoces improvisados para llamar a los campesinos: «¡Venid a nuestro lado!».</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Barcelona participaron en una maternidad que ofrecía cuidados prenatales y posnatales, así como cursos sobre salud materno-infantil, control de natalidad y sexualidad. Un Instituto de Maternidad e Infancia, nombrado en homenaje a la militante anarquista francesa Louise Michel, fue creado en febrero de 1938.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Las Mujeres Libres ofrecen un ejemplo vivo de muchos aspectos esenciales de la teoría anarquista. En primer lugar, comprendían que el colectivo sólo es fuerte gracias a los individuos que lo componen. Para construir un movimiento anarquista fuerte, animaban y apoyaban a las mujeres a realizar todo su potencial. Muchas tenían sólo 13 o 14 años cuando empezó la revolución. Y, sin embargo, como Teresina, descubrieron que eran capaces de asumir tareas exigentes para construir un mundo nuevo.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En segundo lugar, las Mujeres Libres entendían la importancia de la acción directa y de la autoactividad, tanto para formar revolucionarias como para hacer la revolución misma. Nunca separaban artificialmente propaganda y organización, ideas y acción. Sus ideas nacían de sus experiencias concretas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Por último, las Mujeres Libres mostraban que las ideas nunca están fijadas, esperando el “momento adecuado”. Sus propias ideas crecían, evolucionaban, cambiaban y se volvían influyentes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La revolución es un asunto caótico. Para transformar profundamente la sociedad, es necesario cuestionar ideas consideradas durante mucho tiempo como “normales” o “naturales”. Nuevos revolucionarios y una nueva sociedad emergen de los debates celebrados en mil lugares —el hogar, el mercado, el bar— y por mil personas diferentes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Las Mujeres Libres veían la revolución como mucho más que un acontecimiento único surgido de la noche a la mañana. Es un proceso continuo, que cambia sin cesar a medida que se resuelven desacuerdos y aparecen nuevos retos. Mostraban que la revolución, lejos de ser un ejercicio académico, es como la vida: nunca simple, nunca lineal, siempre dinámica.</p>
<p>L’article <a rel="nofollow" href="https://mujereslibres.revlibertaire.com/2025/11/22/mujeres-libres-4/">Mujeres Libres</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://mujereslibres.revlibertaire.com">Mujereslibres</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://mujereslibres.revlibertaire.com/2025/11/22/mujeres-libres-4/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">340</post-id>	</item>
		<item>
		<title>Joseph Déjacque, the first libertarian</title>
		<link>https://mujereslibres.revlibertaire.com/2025/11/07/joseph-dejacque-the-first-libertarian/</link>
					<comments>https://mujereslibres.revlibertaire.com/2025/11/07/joseph-dejacque-the-first-libertarian/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[mujereslibres]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Nov 2025 09:02:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[C'est quoi l’anarchie ?]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://mujereslibres.blog/?p=235</guid>

					<description><![CDATA[<p>Joseph Déjacque (1821-1864) was one of the first self-proclaimed anarchists, and probably the first person to use the term “libertarian” as a synonym for “anarchist.” He may also have been the first person to describe anarchist alternatives to other political perspectives as “anarchism.” In the span of a decade, as an impoverished refugee, Déjacque wrote [&#8230;]</p>
<p>L’article <a rel="nofollow" href="https://mujereslibres.revlibertaire.com/2025/11/07/joseph-dejacque-the-first-libertarian/">Joseph Déjacque, the first libertarian</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://mujereslibres.revlibertaire.com">Mujereslibres</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Joseph Déjacque (1821-1864) was one of the first self-proclaimed anarchists, and probably the first person to use the term “libertarian” as a synonym for “anarchist.” He may also have been the first person to describe anarchist alternatives to other political perspectives as “anarchism.”</p>



<p class="wp-block-paragraph">In the span of a decade, as an impoverished refugee, Déjacque wrote and published an impressive body of work, advocating a kind of revolutionary anarchist communism, in contrast to the “mutualism” developed by his older contemporary, Pierre-Joseph Proudhon, the first self-proclaimed anarchist.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Déjacque took Proudhon to task for not being “wholly anarchist,” calling on Proudhon to join in the struggle to achieve “the anarchistic community” where “every individual,” man and woman, “might be free to produce and to consume at will and in accordance with [their] dreams, without having to exercise or endure oversight from anyone or over anyone” (<em>Anarchism</em>, Vol. 1, page 68).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Déjacque was born in Paris in 1821 and raised by his single mother. He began working at the age of 12 in the paper hanging business. By 1847, he had become involved in the French socialist movement. Then came the French Revolution of 1848, which overthrew the “citizen King,” Louis-Philippe, and proclaimed a new French Republic.</p>



<p class="wp-block-paragraph">At the beginning of the 1848 Revolution, Déjacque participated in “various socialist clubs” and activities, and became involved with a group of socialist feminists who advocated “Women’s Emancipation” (Hartman and Lause, Introduction to&nbsp;<em>In the Sphere of Humanity</em>, page 7). Many of these women were later to suffer the same fates as their male counterparts at the hands of the counter-revolutionaries in France, being shot, imprisoned, executed and forced into exile. Déjacque gave a moving tribute to one of them, Louise Julien, upon her death in 1853, hailing her as “a heroic apostle of the social revolution” (Déjacque, 1853, page 7).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Déjacque fought on the barricades during the June 1848 workers’ uprising in Paris. The uprising was violently put down, with thousands of workers being killed by “Republican” troops. Déjacque survived the uprising, but was imprisoned, along with thousands more of the French working class. That a “Republican” government would act so brutally against French workers turned many socialists, including Déjacque, away from any alliance with bourgeois republicans, even after Napoleon III seized power in a coup d’état in December 1851 and transformed the Republic into the Empire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Déjacque was “released in March 1849,” only to be rearrested “in June 1849 when the royalists” came into control of the National Assembly (Hartman and Lause, page 9). He was arrested again in 1851, for publishing “a collection of romantic poems and vignettes on class struggle” (Hartman and Lause, page 9).</p>



<p class="wp-block-paragraph">After his release from prison, he went into exile, first in Belgium, then in England and the United States. Speaking in 1852 on the anniversary of the June uprising at a funeral in London for another working class French refugee, attended by exiled French politicians, bourgeois republicans, and socialists, Déjacque shocked the politicians and republicans by telling them that, for the working class, the “common enemy” was “all who, in London and Paris, dream of governing to better guarantee their social privileges against proletarian demands, the one in the name of Empire, the other in the name of the Republic” (Hartman and Lause, page 13).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Déjacque and other working class refugees in England lived in poverty. They had difficulty accessing donations from their compatriots back in France, much of which was controlled by the bourgeois politicians and republicans. Déjacque’s fearless denunciations of the bourgeois republicans for their betrayal of the French workers during the June Days did not help matters, and in 1854 he left for the United States.</p>



<p class="wp-block-paragraph">He spent some time in New York, where he joined the “International Association,” a precursor of the First International, which also had a significant anarchist component, mostly from among the working class French exiles in England and the United States. French anarchists in London formed a “Club of Free Discussion,” and would end their meetings with cries of “Vive L’Anarchie!” (R. Graham,&nbsp;<em>‘We Do Not Fear Anarchy, We Invoke It,’</em>&nbsp;page 59).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Déjacque wrote one of his first substantial political essays while in New York in 1854, “The Revolutionary Question” (in&nbsp;<em>Anarchism</em>, Vol. 1, pp. 60–63). He took an explicitly anarchist stance, calling for the abolition of “government in all its guises, be they monarchist or republican.” He extolled the virtues of anarchy, which he defined as “individual sovereignty, complete, boundless, utter freedom to do anything and everything that is in human nature.” In place of the state, he proposed the creation of a revolutionary commune.</p>



<p class="wp-block-paragraph">In 1855, Déjacque left New York for New Orleans. Shortly after his arrival, he gave a speech urging “armed slave rebellion within hearing of the slaves themselves” (Hartman and Lause, page 20). It was from New Orleans that Déjacque also published his open letter to Proudhon, “On Being Human, Male and Female” (in&nbsp;<em>Anarchism</em>, Vol. 1, pp. 68 – 71).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Déjacque took Proudhon to task for his patriarchal anti-feminism. Déjacque prefaced his Letter with a parody of the masthead of Proudhon’s revolutionary newspaper from the 1848 French Revolution,&nbsp;<em>Le Representant du Peuple</em>, which had asked “What is the Producer? Nothing. What should he be? Everything!” Instead, Déjacque asked “What is man? Nothing. What is woman? Nothing. What is the human being? EVERYTHING” (Graham, 2015, page 51).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Déjacque wrote that he did not wish to “establish hierarchic distinctions between the sexes and races, between men and women, between blacks and whites” (<em>In the Sphere of Humanity</em>, page 31). He urged Proudhon to “speak out against man’s exploitation of woman,” and told him not to describe himself as an anarchist unless Proudhon was prepared to “be an anarchist through and through” (<em>Anarchism</em>, Vol. 1, page 71).</p>



<p class="wp-block-paragraph">While still in New Orleans, Déjacque wrote&nbsp;<em>L’Humanisphere, utopie anarchique</em>, a kind of anarchist communist utopia. In 1858 he returned to New York, where he began publishing his own anarchist newspaper,&nbsp;<em>Le Libertaire</em>&nbsp;(“The Libertarian”), likely making him the first person to use “libertarian” as a synonym for anarchist. It was also in the pages of&nbsp;<em>Le Libertaire</em>&nbsp;that Déjacque first used the word “anarchism.” Instead of posing the choice confronting revolutionaries as one between “socialism or barbarism,” as Marx did, Déjacque posed the alternatives as being between Jesuitism or anarchism (Shawn Wilbur, 2016).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Déjacque returned to France around the beginning of the U.S. Civil War in the Spring of 1861. He hoped that the Civil War would turn into a proletarian social revolution, with white workers uniting with black slaves to destroy capitalism and the U.S. “fossil Republic” (Hartman and Lause, page 31).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Not much is known of Déjacque’s fate upon his return to France. He was likely dead by the time the International Workingmen’s Association was founded in London by mainly French and English workers in September 1864. According to the anarchist historian, Max Nettlau, his ideas were not discussed by the Internationalists, despite the fact that many of the International’s French members had been his comrades (Nettlau,&nbsp;<em>A Short History of Anarchism</em>, page 80).</p>



<h4 class="wp-block-heading" id="toc1">References</h4>



<p class="wp-block-paragraph">J.C. Hartman and M.A. Lause, Introduction to&nbsp;<em>In the Sphere of Humanity: Joseph Déjacque, Slavery, and the Struggle for Freedom</em>&nbsp;(University of Cincinnati, 2012 &#8211;&nbsp;<a href="https://drc.uc.edu/bitstream/handle/2374.UC/677186/Dejacque-%20Humanisphere.pdf" target="_blank" rel="noopener">https://drc.uc.edu/bitstream/handle/2374.UC/677186/Dejacque- Humanisphere.pdf</a>).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Joseph Déjacque, “Discourse Pronounced July 26, 1853 on the Tomb of Louise Julien, Exile” (1853), in&nbsp;<em>In Which the Phantoms Reappear: Two Early Anarchists, Exiles Among the Exiles</em>, ed. &amp; trans. Shawn P. Wilbur (Corvus Editions,&nbsp;<a href="https://www.libertarian-labyrinth.org/wp-content/uploads/2020/02/ThePhantomsReappear-np.pdf" target="_blank" rel="noopener">https://www.libertarian-labyrinth.org/wp-content/uploads/2020/02/ThePhantomsReappear-np.pdf</a>).</p>



<p class="wp-block-paragraph">– “On Being Human” (1857), in&nbsp;<em>Anarchism: A Documentary History of Libertarian Ideas</em>, Vol. 1, ed. Robert Graham (Montreal: Black Rose Books, 2005), pp. 68 – 71.</p>



<p class="wp-block-paragraph">– “The Revolutionary Question” (1854), in&nbsp;<em>Anarchism</em>, Vol. 1, pp. 60–63.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Robert Graham,&nbsp;<em>‘We Do Not Fear Anarchy, We Invoke It’: The First International and the Origins of the Anarchist Movement</em>&nbsp;(Oakland: AK Press, 2015).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Shawn Wilbur, “Joseph Déjacque and the First Emergence of ‘Anarchism’” (<em>Contr’un</em>, July 25, 2016 &#8211;&nbsp;<a href="https://www.libertarian-labyrinth.org/anarchist-beginnings/joseph-dejacque-and-the-first-emergence-of-anarchism-2/" target="_blank" rel="noopener">https://www.libertarian-labyrinth.org/anarchist-beginnings/joseph-dejacque-and-the-first-emergence-of-anarchism-2/</a>).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Max Nettlau,&nbsp;<em>A Short History of Anarchism</em>&nbsp;(London: Freedom Press, 1996).</p>
<p>L’article <a rel="nofollow" href="https://mujereslibres.revlibertaire.com/2025/11/07/joseph-dejacque-the-first-libertarian/">Joseph Déjacque, the first libertarian</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://mujereslibres.revlibertaire.com">Mujereslibres</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://mujereslibres.revlibertaire.com/2025/11/07/joseph-dejacque-the-first-libertarian/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">235</post-id>	</item>
		<item>
		<title>À bas les chefs !</title>
		<link>https://mujereslibres.revlibertaire.com/2025/11/06/a-bas-les-chefs/</link>
					<comments>https://mujereslibres.revlibertaire.com/2025/11/06/a-bas-les-chefs/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[mujereslibres]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Nov 2025 13:21:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[C'est quoi l’anarchie ?]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://mujereslibres.blog/?p=230</guid>

					<description><![CDATA[<p>Nous ne sommes plus au temps fabuleux de Saturne où le père dévorait ses enfants, ni au temps judaïque d’Hérode où l’on massacrait toute une génération de frêles innocents&#160;; ce qui, après tout, n’a pas empêché Jésus d’échapper au massacre et Jupiter à la dévoration. Nous vivons à une époque où l’on ne tue plus [&#8230;]</p>
<p>L’article <a rel="nofollow" href="https://mujereslibres.revlibertaire.com/2025/11/06/a-bas-les-chefs/">À bas les chefs !</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://mujereslibres.revlibertaire.com">Mujereslibres</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><br>Nous ne sommes plus au temps fabuleux de Saturne où le père dévorait ses enfants, ni au temps judaïque d’Hérode où l’on massacrait toute une génération de frêles innocents&nbsp;; ce qui, après tout, n’a pas empêché Jésus d’échapper au massacre et Jupiter à la dévoration. Nous vivons à une époque où l’on ne tue plus guère les enfants par le glaive ou la dent, et où il paraît assez naturel que les jeunes enterrent les vieux. Enterrons donc tout ce qui a fait son temps. Hercule est mort, pourquoi chercher à le ressusciter&nbsp;? on ne pourrait tout au plus que le galvaniser. La massue est moins forte que l’idée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À toute idée présente et à venir, salut&nbsp;! L’autorité a régné si longtemps sur les hommes, elle a tellement pris possession de l’humanité, qu’elle a laissé partout garnison dans son esprit. Aujourd’hui encore, il est difficile, autrement qu’en idée, de la saper de fond en comble. Chacun des civilisés est pour elle une forteresse qui, sous la garde des préjugés, se dresse en ennemie sur le passage de la liberté, cette envahissante&nbsp;amazone. Ainsi, tels qui se croient révolutionnaires et ne jurent que par le liberté, proclament néanmoins la nécessité de la dictature&nbsp;; comme si la dictature n’excluait pas la liberté, et la liberté la dictature. Que de grands enfants, à vrai dire, parmi les révolutionnaires&nbsp;! et de grands enfants qui tiennent à leur dada&nbsp;; à qui il faut la République démocratique et sociale, sans doute, mais avec un empereur ou un dictateur, ce qui est tout un, pour la gouverner&nbsp;; gens montés à califourchon, et la face tournée vers la croupe, sur leur carcasse&nbsp;d’âne, et qui, les yeux fixés sur la perspective du progrès, s’en éloignent d’autant plus qu’ils font plus de chemin pour s’en rapprocher, les pieds, dans cette position, galopant du côté opposé au devant de la bête. Ces révolutionnaires-là, politiqueurs au cou pelé, ont conservé, avec l’empreinte du collier, la tache morale de la servitude, le torticolis du despotisme. Hélas&nbsp;! ils ne sont que trop nombreux parmi nous. Ils se disent républicains, démocrates et socialistes, et ils n’ont de penchant et&nbsp;ils&nbsp;n’ont d’amour que pour l’autorité au bras de fer, au front de fer&nbsp;; plus monarchistes en réalité que les monarchiens, qui à côté d’eux pourraient presque passer pour des an…archistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La dictature, qu’elle soit une hydre à cent têtes ou à cent queues, qu’elle soit démocratiques ou démagogique, ne peut assurément rien pour la liberté&nbsp;; elle ne peut que perpétuer l’esclavage, au moral comme au physique. Ce n’est pas en enrégimentant un peuple d’ilotes sous un joug de fer, puisque fer il y a, en l’emprisonnant dans un uniforme de volontés proconsulaires, qu’il en peut résulter des hommes intelligents et libres. Tout ce qui n’est pas la liberté est contre la liberté. La liberté n’est pas chose qui puisse s’octroyer. Il n’appartient pas au bon plaisir de quelque personnage ou comité de salut public que ce soit de la décréter, d’en faire largesses. La dictature peut couper des têtes d’hommes, elle ne saurait les faire croître et multiplier&nbsp;; elle peut transformer les intelligences en cadavres&nbsp;; elle peut faire ramper et grouiller sous sa botte de verges les esclaves, commes des vers ou des chenilles, les aplatir sous son pas pesant, mais seule la Liberté peut leur donner des ailes. Ce n’est que par le travail libre, le travail intellectuel et moral que notre génération, civilisation ou chrysalide, se métamorphosera en vif et brillant papillon, revêtira le type humain et prendra son essor dans l’harmonie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien des gens, je le sais, parlent de la liberté sans la comprendre, ils n’en ont ni la science ni même le sentiment. Ils ne voient jamais dans la démolition de l’autorité régnante qu’une&nbsp;substitution&nbsp;de nom ou de personne&nbsp;; ils n’imaginent pas qu’une société puisse fonctionner sans maîtres ni valets, sans chefs ni soldats&nbsp;; ils sont pareils, en cela, à ces réacteurs qui disent&nbsp;: «&nbsp;Il y a toujours eu des riches et des pauvres, il y en aura toujours. Que deviendrait le pauvre sans le riche&nbsp;? il mourrait de faim&nbsp;!&nbsp;» Les démagogues ne disent pas tout à fait cela, mais&nbsp;ils disent&nbsp;: «&nbsp;Il y a toujours eu des gouvernants et des gouvernés, il y en aura toujours. Que deviendrait le peuple sans gouvernement&nbsp;? Il croupirait dans l’esclavage&nbsp;» Tous ces antiquaires-là, les rouges et les blancs, sont un peu compères et compagnons&nbsp;; l’anarchie, le libertarisme, bouleverse leur misérable entendement, entendement encombré de préjugés ignares, de niaises vanités, de crétinisme. Plagiaires du passé, les révolutionnaires rétrospectifs et rétroactifs, les dictaturistes, les inféodés à la force brutale, tous ces autoritaires cramoisis qui réclament un pouvoir sauveur, croasseront toute leur vie sans trouver ce qu’ils désirent. Semblables aux grenouilles qui demandent un roi, on les voit et on les verra toujours changer leur soliveau pour une grue, le gouvernement de Juillet pour un gouvernement de Février, les massacreurs de Rouen pour les massacreurs de Juin, Cavaignac pour Bonaparte, et demain, s’il se peut, Bonaparte par Blanqui… S’ils crient un jour&nbsp;: «&nbsp;A bas la garde municipale&nbsp;!&nbsp;» c’est pour crier l’instant d’après&nbsp;: «&nbsp;Vive la garde mobile&nbsp;!&nbsp;» Ou bien ils troquent la garde mobile contre la garde impériale, comme ils troqueraient la garde impériale contre&nbsp;<em>les bataillons révolutionnaires</em>. Sujets ils étaient, sujets ils sont, sujets ils seront. Ils ne savent ni ce qu’ils veulent ni ce qu’ils font. Ils se plaignent la veille de n’avoir pas l’homme de leur choix, ils se plaignent le lendemain de l’avoir trop. Enfin, à tout moment et à tout propos, ils invoquent l’autorité «&nbsp;au long bec emmanché d’un long cou,&nbsp;» et ils trouvent surprenant qu’elle les croque, qu’elle les tue&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Qui se dit révolutionnaire et parle de dictature n’est qu’une dupe ou un fripon, un imbécile ou un traître&nbsp;: imbécile et dupe, s’il la préconise comme l’auxiliaire de la Révolution sociale, comme un mode de transition du passé au futur, car c’est toujours conjuguer l’autorité à l’indicatif présent&nbsp;; fripon et traître, s’il ne l’envisage que comme un moyen de prendre place au budget et de jouer au mandataire sur tous les modes et dans tous les temps.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Combien de nains, certes, qui ne demanderaient pas mieux que d’avoir des échasses officielles, un titre, des appointements, une représentation quelconque pour se tirer de la fondrière où patauge le commun des mortels et se donner des airs de géants&nbsp;! Le commun des mortels sera-t-il toujours assez sot pour fournir un piédestal à ces pygmées&nbsp;? Faudra-t-il&nbsp;toujours s’entendre dire&nbsp;: «&nbsp;Mais vous parlez de supprimer les élus du suffrage universel, de jeter par les fenêtres la représentation nationale et démocratique, que mettrez-vous à sa place&nbsp;? Car enfin, il faut bien quelque chose, il faut bien que quelqu’un commande… un comité de salut public, alors&nbsp;? Vous ne voulez plus d’un empereur, d’un tyran, cela se comprend&nbsp;; mais qui le remplacera… un dictateur&nbsp;? car tout le monde ne peut pas se conduire, et il en faut bien un qui se dévoue à gouverner les autres…&nbsp;» Eh&nbsp;! messieurs ou citoyens, à quoi bon le supprimer, si c’est pour le remplacer&nbsp;? Ce qu’il faut c’est détruire le mal et non le déplacer. Que m’importe à moi qu’il porte tel nom ou tel autre, qu’il soit ici ou là, si, sous ce masque et sous cette allure, il est encore et toujours en travers de mon chemin&nbsp;? On supprime un ennemi, on ne le remplace pas. La dictature, la magistrature souveraine, la monarchie, pour bien dire, — car reconnaître que l’autorité, qui est le mal, peut faire le bien, n’est-ce pas se déclarer monarchiste, sanctionner le despotisme, apostasier la Révolution&nbsp;? Si on leur demande, à ces partisans absolus de la force brutale, à ces prôneurs de l’autorité démagogique et obligatoire, comment ils l’exerceront, de quelle manière ils organiseront ce pouvoir fort, les uns vous répondent, comme feu Marat, qu’ils veulent un dictateur avec les boulets aux pieds et condamné par le peuple à travailler pour le peuple.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’abord distinguons&nbsp;: ou ce dictateur agira par la volonté du peuple, et alors il ne sera pas réellement dictateur, ce ne sera qu’une cinquième roue à un carrosse, ou bien il sera réellement dictateur, il aura en mains guides et fouet, et il n’agira que d’après son bon plaisir, c’est-à-dire au profit exclusif de sa divine personne. Agir au nom du peuple c’est agir au nom de tout le monde, n’est-ce pas&nbsp;? Et tout le monde n’est pas scientifiquement, harmoniquement, intelligemment révolutionnaire. Mais j’admets, pour me conformer à la pensée des blanquistes par exemple, — cette queue du carbonarisme, cette franc-maçonnerie ba-bé-bou-viste, ces invisibles d’une nouvelle espèce, cette sociétés d’intelligences… secrètes, — qu’il y a peuple et peuple, le peuple des frères initiés, les disciples du grand&nbsp;architecte&nbsp;populaire, et le peuple ou tourbe des profanes. Ces affiliés, ces conspirateurs émérites s’entendront-ils toujours entre eux&nbsp;? Seront-ils toujours d’accord sur toutes les questions et dans toutes leurs sections&nbsp;? Qu’un décret soit&nbsp;lancé sur la propriété ou sur la famille ou sur quoi que ce soit, les uns le trouveront trop radical, les autres pas assez. Mille poignards, pour lors, se lèveront mille fois par jour contre le forçat dictatorial. Il n’aurait pas deux minutes à vivre celui qui accepterait un pareil rôle. Mais il ne l’acceptera pas sérieusement, il aura sa coterie, tous les hommes de curée qui se serreront autour de lui, et lui feront un bataillon sacré de valets pour avoir les restes de son autorité, les miettes du pouvoir. Alors il pourra peut-être bien ordonner au nom du peuple, je ne dis pas le contraire, mais, à coup sûr, contre le peuple. Il fera fusiller ou déporter tout ce qui aura des velléités libertaires. Comme Charlemagne, ou je ne sais plus quel roi, qui mesurait les hommes à la hauteur de son épée, il fera décapiter toutes les intelligences qui dépasseront son niveau, il proscrira tous les progrès qui tendront plus loin que lui. Il fera comme tous les hommes de salut public, comme les politiques de 93, émules des jésuites de l’Inquisition, il propagera l’abêtissement général, il anéantira l’initiative particulière, il fera la nuit sur le jour naissant, les ténèbres sur l’idée sociale, il nous replongera, mort ou vif, dans le charnier de la civilisation, il fera du peuple, au lieu d’une autonomie intellectuelle et morale, une automatie de chair et d’os, un corps de brutes. Car, pour un dictateur politique comme pour un directeur Jésuite, ce qu’il y a de meilleur dans l’homme, ce qu’il y a de bon, c’est le cadavre&nbsp;!… D’autres, dans leur rêve de dictature, diffèrent quelque peu de ceux-ci, en ce sens qu’ils ne veulent pas de la dictature d’un seul, d’un Samson uni-tête, mais à mille ou à cent mâchoires de baudet, de la dictature des&nbsp;<em>petites merveilles</em>&nbsp;du prolétariat, réputées par elles intelligentes parce qu’elles ont débité un jour ou l’autre quelques banalités en prose ou en vers, qu’elles ont barbouillé leurs noms sur les listes du scrutin ou sur les registres de quelque petite chapelle politico-révolutionnaire&nbsp;; la dictature enfin des têtes et des bras à poils pour faire concurrence aux Ratapoils et avec mission, comme de juste, d’exterminer les aristocrates ou les philistins. Ils pensent comme les premiers, que le mal n’est pas tant dans les institutions liberticides que dans le choix des hommes tyranniques. Égalitaires de nom, ils sont pour les castes en principe. Et en mettant au pouvoir les ouvriers à la place des&nbsp;bourgeois, ils ne doutent pas que tout soit pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mettre les ouvriers au pouvoir&nbsp;! En vérité, il faut ne plus se souvenir. N’avons-nous pas eu Albert au gouvernement provisoire&nbsp;? Est-il possible de voir rien de plus crétin&nbsp;? Qu’a-t-il été, sinon un plastron&nbsp;? À l’Assemblée constituante ou législative, nous avons eu les délégués lyonnais&nbsp;; s’il fallait juger des représentés par les représentants, ce serait un triste échantillon de l’intelligence des ouvriers de Lyon. Paris nous a gratifiés de Nadaud, nature épaisse, intelligence de mortier, qui rêvait la transformation de sa truelle en sceptre présidentiel — l’imbécile&nbsp;! Puis aussi Corbon, le révérend de l’<em>Atelier</em>, et peut-être bien le moins jésuite, car lui, du moins, n’a pas tardé à jeter le masque et à prendre place au milieu et côte à côte des réacteurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tels sur les marches du trône les courtisans sont plus royalistes que le roi, tels sur les degrés de l’autorité officielle ou légale les ouvriers républicains sont plus bourgeois que les bourgeois. Et cela se comprend&nbsp;: l’esclave affranchi et devenu maître exagère toujours les vices du planteur qui l’a éduqué. Il est d’autant plus disposé à abuser du commandement qu’il a été enclin ou forcé à plus de soumission et à plus de bassesse envers ses commandeurs. Un comité dictatorial composé d’ouvriers est certainement ce que l’on pourrait trouver de plus gonflé de suffisance et de nullité et, par conséquent, de plus anti-révolutionnaire. Si l’on veut prendre au sérieux le mot de salut public, c’est d’abord, et en toute occasion, d’évincer les ouvriers de toute autorité gouvernementale et ensuite, et toujours, d’évincer le plus possible de la société l’autorité gouvernementale elle-même. (Mieux vaut au pouvoir des ennemis suspects que des amis douteux.)</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’autorité officielle ou légale, de quelque nom qu’on la décore, est toujours mensongère et malfaisante. Il n’y a de vrai et de bienfaisant que l’autorité naturelle ou anarchique. Qui fut autorité en fait et en droit, en 48&nbsp;? Est-ce le gouvernement provisoire, la commission exécutive, Cavaignac ou Bonaparte&nbsp;? Ni l’un ni l’autre. Car s’ils avaient en main la force brutale, ils n’étaient eux-mêmes que des instruments, les rouages engrenés de la réaction&nbsp;; ils n’étaient donc pas des moteurs, mais des machines. Toutes les autorités gouvernementales, même&nbsp;les plus autocratiques, ne sont que cela. Elles fonctionnent par la volonté d’une faction et au service de cette faction, sauf les accidents d’intrigues, les explosions d’ambition comprimée. La véritable autorité en 48, l’autorité de salut universel ne fut donc pas dans le gouvernement, mais, comme toujours, en dehors du gouvernement, dans l’initiative individuelle&nbsp;: Proudhon fut son plus éminent représentant (je parle dans le peuple et non dans la Chambre). C’est en lui que se personnifia l’agitation révolutionnaire des masses. Et pour cette représentation-là, il n’est besoin ni de titre, ni de mandat légalisés. Son seul titre, il lui venait de son travail, c’était sa science, son génie. Son mandat, il ne le tenait pas des autres, des suffrages arbitraires de la force brute, mais de lui seul, de la conscience et de la spontanéité de sa force intellectuelle. Autorité naturelle et anarchique, il eut toute la part d’influence à laquelle il pouvait prétendre. Et c’est une autorité qui n’a que faire de prétoriens, car elle est la dictature de l’intelligence&nbsp;: elle échauffe et elle vivifie. Sa mission n’est pas de garrotter ni de raccourcir les hommes, mais de les grandir de toute la hauteur de la tête, mais de les développer de toute la force d’expansion de leur nature mentale. Elle ne produit pas, comme l’autre, des esclaves au nom de la liberté publique, elle détruit l’esclavage au nom de l’autorité privée. Elle ne s’impose pas à la plèbe en se crénelant dans un palais, en se cuirassant de mailles de fer, en chevauchant parmi ses archers, comme les barons féodaux — elle s’affirme dans le peuple, comme s’affirment les astres dans le firmament, en rayonnant sur ses satellites&nbsp;!!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelle puissance plus grande aurait eue Proudhon, étant gouvernement&nbsp;? Non seulement il n’en aurait pas eu davantage, mais il en aurait eu beaucoup moins, en supposant même qu’il eût pu conserver au pouvoir ses passions révolutionnaires. Sa puissance lui venant du cerveau, tout ce qui aurait été de nature à porter entrave au travail de son cerveau aurait été une attaque à sa puissance. S’il eût été un dictateur botté et éperonné, armé de pied en cap, investi de l’écharpe et de la cocarde suzeraines, il eût perdu à politiquer avec son entourage tout le temps qu’il a employé à socialiser les masses. Il aurait fait de la réaction au lieu de faire de la révolution. Voyez plutôt le châtelain du Luxembourg, Louis Blanc, le mieux intentionné peut-être de tout le&nbsp;gouvernement provisoire, et cependant le plus perfide, celui qui a tiré les marrons du feu pour la réaction&nbsp;; qui a livré les ouvriers sermonnés aux bourgeois armés&nbsp;; qui a fait comme font tous les prédicateurs en soutane&nbsp;ou à&nbsp;rubans autoritaires, qui a prêché la charité chrétienne aux pauvres afin de sauver le riche.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les titres, les mandats gouvernementaux ne sont bons que pour les nullités qui, trop lâches pour être quelque chose par elles-mêmes, veulent paraître. Ils n’ont de raison d’être que pour la raison de ces avortons. L’homme fort, l’homme d’intelligence, l’homme qui est tout par le travail et rien par l’intrigue, l’homme qui est le fils de ses œuvres et non le fils de son père, de son oncle ou de n’importe quel patron, n’a rien à démêler avec ces attributions carnavalesques&nbsp;; il les&nbsp;méprise,&nbsp;il les hait comme un travestissement qui souillerait sa dignité, comme quelque chose d’obscène et d’infamant. L’homme faible, l’homme ignorant, mais qui a le sentiment de l’humanité, doit les redouter aussi&nbsp;: il ne lui faut pour cela qu’un peu de bon sens. Car si toute arlequinade est ridicule, de plus elle est odieuse&nbsp;; c’est quand elle porte latte&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout gouvernement dictatorial, qu’il soit entendu au singulier ou au pluriel, tout pouvoir démagogique ne pourrait que retarder l’avènement de la révolution sociale en substituant son initiative, quelle qu’elle fût, sa raison omnipotente, sa volonté civique et forcée à l’initiative anarchique, à la volonté raisonnée, à l’autonomie de chacun. La révolution sociale ne peut se faire que par l’organe de tous individuellement&nbsp;; autrement elle n’est pas la révolution sociale. Ce qu’il faut donc, ce vers quoi il faut tendre, c’est placer tout le monde et chacun dans la possibilité, c’est-à-dire dans la nécessité d’agir, afin que le mouvement, se communiquant de l’un à l’autre, donne et reçoive l’impulsion du progrès et en décuple et en centuple ainsi la force.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qu’il faut enfin, c’est autant de dictateurs qu’il y a d’êtres pensants, hommes ou femmes, dans la société, afin de l’agiter, de l’insurger, de la tirer de son inertie&nbsp;; et non un Loyola à bonnet rouge, un général politique pour discipliner, c’est-à-dire immobiliser les uns et les autres, se poser sur leur poitrine&nbsp;; sur leur cœur, comme un cauchemar, afin d’en étouffer les pulsations&nbsp;; et sur leur front, sur leur cerveau, comme une&nbsp;instruction obligatoire ou catéchismale, afin d’en torturer l’entendement&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’autorité gouvernementale, la dictature, qu’elle s’appelle empire ou république, trône ou fauteuil, sauveur de l’ordre ou comité de salut public, qu’elle existe aujourd’hui sous le nom de Bonaparte ou demain sous le nom de Blanqui&nbsp;; qu’elle sorte de Ham ou de Belle-Isle, qu’elle ait dans ses insignes un aigle ou un lion empaillé… la dictature n’est que le viol de la liberté par la virilité corrompue, par les syphilitiques&nbsp;; c’est le mal césarien inoculé avec des semences de reproduction dans les organes intellectuels de la génération populaire. Ce n’est pas un baiser d’émancipation, une naturelle et féconde manifestation de la puberté, c’est une fornication de la virginité avec la décrépitude, un attentat aux mœurs, un crime comme d’abus du tuteur envers sa pupille… c’est un humanicide&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il n’y a qu’une dictature révolutionnaire, qu’une dictature humanitaire&nbsp;: c’est la dictature intellectuelle et morale. Tout le monde n’est-il pas libre d’y participer&nbsp;? Il suffit de le vouloir pour le pouvoir. Point n’est besoin autour d’elle, et pour la faire reconnaître, de bataillons de licteurs ni de trophées de baïonnettes&nbsp;; elle ne marche escortée que de ses libres pensées, elle n’a pour sceptre que son faisceau de lumières. Elle ne fait pas la loi, elle la découvre&nbsp;; elle n’est pas autorité, elle fait autorité. Elle n’existe que par la volonté du travail et le droit de la science. Qui la nie aujourd’hui l’affirmera demain. Car elle ne commande pas la manœuvre en se boutonnant dans son inertie, comme un colonel de régiment, mais elle ordonne le mouvement en prêchant d’exemple, elle démontre le progrès par le progrès.</p>



<p class="wp-block-paragraph">— Tout le monde au même pas&nbsp;! dit l’une, et c’est la dictature de la force brute, la dictature animale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">— Qui m’aime me suive&nbsp;! dit l’autre, et c’est la dictature de la force&nbsp;intellectualisée, la dictature hominale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’une a pour appui tous les hommes bergers, tous les hommes troupeaux, tout ce qui commande et obéit au bercail, tout ce qui est domicilié dans la civilisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’autre a pour elle les individualités faites hommes, les intelligences décivilisées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’une est la dernière représentation du paganisme moderne, le soir de clôture définitive, ses adieux au public.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’autre est le début d’une ère nouvelle, son entrée en scène, le triomphe du socialisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’un est si vieille qu’elle touche à la tombe&nbsp;; l’autre est si jeune qu’elle touche au berceau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">— Vieille&nbsp;! c’est la loi, — il faut mourir&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">— C’est la loi de nature, enfant&nbsp;! — tu grandiras&nbsp;!!</p>



<p class="wp-block-paragraph">J. Déjacques.</p>
<p>L’article <a rel="nofollow" href="https://mujereslibres.revlibertaire.com/2025/11/06/a-bas-les-chefs/">À bas les chefs !</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://mujereslibres.revlibertaire.com">Mujereslibres</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://mujereslibres.revlibertaire.com/2025/11/06/a-bas-les-chefs/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">230</post-id>	</item>
	</channel>
</rss>
